Une coalition exige une réforme de l’assurance-emploi des partis en campagne

Selon le CNECC, le Canada serait le seul pays au monde avec une norme variable d’admissibilité fondée sur le lieu de résidence.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Selon le CNECC, le Canada serait le seul pays au monde avec une norme variable d’admissibilité fondée sur le lieu de résidence.

Des représentants du Conseil national élargi des chômeurs et chômeuses (CNECC) réclament une réforme en profondeur du programme d’assurance-emploi.

Mécontent de l’absence de ce sujet dans l’actuelle campagne électorale fédérale, le CNECC s’est inscrit comme « tiers » auprès du directeur général des élections du Canada afin de déployer une campagne de publicité au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Pour les membres de cette coalition, le programme de l’assurance-emploi doit retrouver sa fonction première, soit celle de protéger les travailleurs en leur assurant une sécurité économique entre deux emplois.

Ils déplorent le caractère arbitraire de nombreux aspects du programme d’assurance-emploi canadien comparativement à celui d’autres pays, notamment du G7.

Selon le Conseil national élargi des chômeurs et chômeuses, le Canada serait le seul pays au monde avec une norme variable d’admissibilité fondée sur le lieu de résidence. Le Conseil parle aussi de taux et de période de prestations faibles, et de l’un des pays les plus durs en termes de sanctions rattachées aux motifs de fin d’emploi.

Le porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses, Pierre Céré, rappelle que le premier ministre Justin Trudeau avait donné le mandat à son gouvernement de revoir l’ensemble de l’assurance-emploi après son élection de 2015.

« Ça n’a pas été fait, déplore l’ancien candidat à la direction du Parti québécois en entrevue à La Presse canadienne. Pourquoi? Semble-t-il qu’il y a des avis internes de hauts fonctionnaires qui disent: on ne touche pas à ça, trop compliqué, panier de crabes. Nous on dit non. Ça prend un peu de courage parce que, bien sûr, il y a les employeurs, il y a les travailleurs, il y a différentes sensibilités, il y a les régions, et cetera, mais il y a moyen de trouver des solutions équilibrées. »

D’après Fernand Thibodeau, porte-parole du comité des saisonniers de la Péninsule acadienne, « les travailleurs de l’industrie saisonnière sont affectés par un programme d’assurance-emploi qui est difficile d’accès et qui verse de trop courtes périodes de prestations, insuffisantes pour des régions où l’emploi est surtout de nature saisonnière ».

Jack Picard, de la Communauté Innue de Pessamit, estime que les gens de sa communauté vivent les mêmes problèmes d’accès à l’assurance-emploi, « des périodes de prestations très courtes et des services éloignés de notre monde, méconnaissant de nos réalités ».

Un millier de pancartes de type électoral, traitant de l’assurance-emploi, étaient déjà visibles à Montréal dimanche. Des milliers d’autres devaient s’ajouter au cours des prochains jours ailleurs au Québec ainsi que dans le Nord du Nouveau-Brunswick.

Le CNECC proposera aussi des capsules vidéo thématiques via les médias sociaux et une campagne de publicité dans les journaux.

Des rencontres ont finalement été demandées avec les chefs des partis politiques afin de connaître leurs engagements sur le sujet.