Vouloir faire la différence, à tout âge

Portrait en quatre temps de jeunes passionnés qui veulent faire une différence, un peu partout au pays.
Photo: iStock Portrait en quatre temps de jeunes passionnés qui veulent faire une différence, un peu partout au pays.

Désengagés, les jeunes? Peu intéressés par la politique? Avant même le déclenchement de la campagne électorale, certains d’entre eux consacrent de nombreuses heures bénévoles pour un parti politique, pendant que d’autres travaillent aux côtés d’autres jeunes afin de les sensibiliser à des causes sociales. Portrait en quatre temps de jeunes passionnés qui veulent faire une différence, un peu partout au pays.

Mira Ahmad, 24 ans, Ottawa, Ontario

Photo: Photo fournie

En 2014, alors qu’elle était encore étudiante en communications à l’université Concordia, Mira cherchait une manière de s’engager au sein de la société. « Je voulais faire une différence dans ma communauté et je voulais avoir impact à long terme. J’ai rapidement appris que la politique, c’était le meilleur moyen de le faire », explique-t-elle en entrevue au Devoir

C’est après cette réflexion qu’elle décide de s’impliquer au sein du Parti libéral du Canada (PLC). Après avoir créé le club des Jeunes Libéraux au Collège John-Abbott et avoir été directrice de campagne de Rachel Bendayan (députée libérale d’Outremont) lors de la campagne de 2015, elle devient présidente des Jeunes libéraux du Canada la même année, à l’âge de 21 ans. Aujourd’hui, Mira est la vice-présidente anglophone du PLC depuis deux ans. 

Même si son engagement est bénévole, Mira n’hésite pas à consacrer plusieurs heures par semaine à son rôle de vice-présidente en faisant du porte-à-porte et des appels à l’aube de la campagne électorale. 

Alors qu’elle se décrit comme une réelle passionnée de politique depuis un jeune âge, ses débuts au sein du PLC n’ont pas été des plus faciles. « Lorsque j’ai commencé à m’engager au sein du parti, c’était beaucoup d’hommes plus âgés qui se retrouvaient autour de la table. C’était un peu décourageant, mais depuis, ça a beaucoup changé », explique-t-elle. 

Mira remarque que de plus en plus de jeunes ministres et députés se font élire au sein du parti et se réjouit du succès d’initiatives mises de l’avant par les jeunes libéraux : « Nous avons toujours joué un rôle clé dans l’élaboration de politiques progressives, comme la légalisation du mariage pour personnes du même genre, la légalisation du cannabis et l’assistance médicale à mourir. Ce sont les jeunes libéraux qui ont poussés ces idées et qui ont mis de la pression [pour adopter ces politiques] dans le parti ». 

 

Charles-Antoine Hallé, 20 ans Gatineau, Québec

Photo: Photo fournie

À l’âge de 14 ans, le Gatinois Charles-Antoine Hallé se lance en affaire. Avec l’aide d’un ami, il crée sa propre entreprise de distribution de friandises et de crème glacée. Après deux ans, il y met un terme afin de se concentrer sur le football. À la suite d’une blessure importante, il est forcé d’arrêter et se retrouve avec beaucoup de temps libre : c’est là où son amour pour l’entrepreneuriat reprend vie. Il fonde Apprends et Entreprends, entreprise visant à développer le mouvement entrepreneurial chez les jeunes d’âge primaire et secondaire. 

« On s’efforce d’aider la relève à non seulement se lancer en affaires et à devenir des leaders en entrepreneuriat, mais aussi à dynamiser la relève, peu importe dans quel domaine », explique-t-il. 

Charles-Antoine travaille plus de 80 heures par semaine afin de développer des plans de cours et du matériel pédagogique pour les ressources offertes par son entreprise. Son cours « Initiation à l’entrepreneuriat » est maintenant accrédité par le Ministère de l’éducation et offert au deuxième cycle du secondaire dans plusieurs écoles en Outaouais. 

S’il est tant attaché à aider les jeunes à se lancer en affaires, c’est qu’il a vécu les mêmes défis à pareil âge. « C’était difficile d’avoir de la crédibilité. J’ai dû faire mes preuves deux fois plus que n’importe quel autre adulte, car j’étais jeune et je n’avais pas le diplôme qui allait avec [ce que je faisais] ». 

Charles-Antoine voit grand pour la jeunesse, et compte bien continuer à élargir ses horizons au-delà de la province: « On aimerait avoir un impacte sur tous les pays de la francophonie », affirme-t-il. L’année dernière, le jeune entrepreneur s’est envolé jusqu’en République démocratique du Congo afin d’y tester ses programmes de cours, dans l’objectif d’encourager les enfants et adolescents à « devenir des acteurs dans le développement économique social de leur pays ». 

Même s’il prévoit continuer ce projet lors des prochaines années, il a aussi l’intention de se lancer en politique éventuellement. 

James Hawkes, 27 ans Saskatoon, Saskatchewan

Photo: Photo fournie

Bien qu’il n’existe pas d’aile jeunesse au Parti Conservateur du Canada (PCC), cela n’a pas empêché James Hawkes de trouver une façon de s’engager au sein du parti. Après avoir cofondé le Campus Conservateur de l’Université de Saskatchewan, le jeune homme de 27 ans a choisi d'occuper un rôle plus actif en prévision de la campagne électorale à venir. 

« Je suis responsable de la recherche de volontaires pour la ville de Saskatoon, de leur mentorat et de la coordination des activités », explique-t-il. Ses implications au sein des bénévoles, le porte-à-porte et l’organisation d’événements comme des BBQ ont occupé la majorité de son emploi du temps cet été. 

« J'ai participé activement à divers rôles et comités au sein de toutes les associations de circonscription de Saskatoon en prévision des élections. L'année dernière, j'ai eu l'honneur de voir les politiques pour lesquelles j'avais fait campagne avoir du succès à la convention d'Halifax et devenir ainsi la politique du parti à la prochaine élection, et j'en suis ravi », indique-t-il.

Au début de sa vingtaine, James a fait ses premiers pas au sein du Parti conservateur en espérant pouvoir y faire valoir ses idées. « Je me suis engagé car je n’avais pas l’impression que les jeunes, et particulièrement les jeunes conservateurs, avaient une voix en politique. J’ai donc voulu rectifier le tir, autant en m’impliquant personnellement qu’en travaillant enfin d’inciter les autres jeunes à s’impliquer ». 

Un peu dérouté de la manière dont il devait s’y prendre au départ, James a d'abord acheté une adhésion au parti. « J’ai commencé à être activement impliqué lorsque j’ai assisté à un événement social avec des politiciens locaux. J’ai rencontré des gens, et avant de m’en rendre compte, je participais déjà à des conventions politiques la semaine qui suivait », raconte-t-il. 

Larissa Crawford, 24 ans Calgary, Alberta

Photo: Jonathan Dolphin

Du haut de ses 24 ans, Larissa Crawford se démarque par sa passion et son engagement au sein des communautés autochtones, sa lutte contre le racisme et son implication avec la jeunesse. Ses origines ont joué un grand rôle dans son parcours et le travail qu’elle fait aujourd’hui. 

« Je n’ai pas trouvé cette passion pour l’antiracisme et le savoir autochtone avant de devenir plus confiante en tant que femme noire et autochtone. [...] C’est lorsque j’en ai découvert davantage sur mes racines que j’ai réalisé à quel point je voulais honorer mes ancêtres et les futures générations », explique-t-elle. « Cela m’a certainement guidé vers le travail que je fais aujourd’hui ». 

Depuis 2018, elle possède sa propre entreprise, Larissa Crawford Speaks, où elle fait des présentations et des conférences professionnelles sur l’inclusion des Premières Nations, les énergies renouvelables, l’autodétermination, l’environnement et le développement professionnel de la jeunesse. Larissa travaille également auprès des communautés autochtones de l’Alberta à titre d’agente de liaison auprès de Calgary Learns, un organisme soutenant l’apprentissage des adultes Calgariens. 

« Lorsque j’ai été capable de situer ma place dans le système et l’histoire, j’ai pu définir ma raison d’être et établir pour qui je travaille: les futures générations. Puisque je comprends ce que mes prédécesseurs ont fait pour moi, je comprends mon rôle en tant que future ancêtre, et c’est pourquoi je suis si passionnée de mon travail ». 

Après avoir été la cheffe de la délégation des jeunes du Canada au G7 de 2018 où elle a plaidé les visions du monde autochtone lors du Sommet, Larissa continue de travailler de près avec la jeunesse canadienne. Elle espère que son travail permettra à plus de jeunes autochtones, noirs et issus de la communauté LGBTQ+ à se lancer en politique et oeuvrer dans des hauts postes gouvernementaux ou des secteurs privés.