Le PLC a tenté de trouver un compromis avec Hassan Guillet, confirme Trudeau

L'ex-candidat libéral Hassan Guillet a vu sa candidature révoquée par le PLC le 30 août dernier.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne L'ex-candidat libéral Hassan Guillet a vu sa candidature révoquée par le PLC le 30 août dernier.

Justin Trudeau admet que son équipe a tenté de trouver une solution pour maintenir la candidature de Hassan Guillet dans Saint-Léonard-Saint-Michel. Elle a finalement été révoquée après que le B’nai Brith eut révélé des déclarations passées jugées « antisémites » du candidat.

« Dans toute situation, on essaie toujours de créer des façons de rassembler les gens et non de les diviser. Mais quand il est devenu évident que les propos étaient inacceptables, il a fallu qu’on lui demande de quitter », a déclaré M. Trudeau, lundi, en marge d’une annonce à Waterloo, en Ontario.

Il y a cependant un flou quant au moment où le PLC a été mis au courant de ces déclarations. M. Trudeau, qui s’exprimait pour la première fois à ce sujet, n’a pas souhaité éclaircir le mystère.

L’organisation B’nai Brith dit avoir porté à l’attention du parti, à la fin du mois d’août, d’anciennes déclarations que M. Guillet aurait faites sur les médias sociaux. Selon le groupe, ces déclarations sont « troublantes, antisémites et anti-israéliennes ».

Dans un des commentaires, daté du 8 juillet 2017, et retransmis par le B’nai Brith, M. Guillet salue la libération, « après neuf mois dans une prison de la Palestine occupée », du militant Raed Salah qu’il qualifie de « résistant » et de « djihadiste ».

B’nai Brith pointe également du doigt une entrevue donnée par M. Guillet à Radio Canada International, en espagnol, en décembre 2017, où il commente la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël.

M. Guillet dit dans cette entrevue que le gendre de M. Trump, Jared Kushner, « un juif ultraorthodoxe et un intégriste, pro-Israël », prône la politique « Israël first ».

« Trahi »

Le 30 août, le PLC publiait un communiqué de presse pour révoquer la candidature de M. Guillet. « Si ces déclarations pouvaient être considérées offensantes à certains de mes concitoyens de confession juive, je m’en excuse », a-t-il alors affirmé dans une déclaration qui semblait avoir été préparée pour calmer le jeu et demeurer candidat du PLC.

Lors d’une conférence de presse, quelques jours plus tard, le principal intéressé a déclaré qu’il avait été « trahi » par l’entourage de Justin Trudeau, qui était au courant de ses affirmations controversées.

M. Guillet a aussi affirmé que le parti avait commencé à travailler sur un « plan d’action », dès le début du mois d’août, pour démontrer l’appui de membres de la communauté juive à sa candidature.

En mai, M. Guillet a obtenu l’investiture libérale dans la circonscription montréalaise de Saint-Léonard-Saint-Michel, traditionnellement représentée par un candidat d’origine italienne, après une chaude lutte.

Le PLC a finalement annoncé la semaine dernière que la nouvelle candidate est la conseillère municipale Patricia Lattanzio, qui était arrivée en deuxième place à la course à l’investiture.

Cela n’a pas empêché les conservateurs — qui ont eux-mêmes eu à gérer des problèmes avec des candidats au sein de leurs propres troupes — d’attaquer les libéraux au sujet de M. Guillet dans les derniers jours.

Ils considèrent que l’ancien candidat a tenu « d’horribles propos antisémites et anti-Israël » et ont accusé le PLC de vouloir balayer les propos de M. Guillet sous le tapis avec « une stratégie de relations publiques ».