Manon Massé demande à Justin Trudeau de se «mêler de ses affaires»

«Ça appartient au peuple québécois et le jour où on fera l’indépendance on aura tous les moyens de pouvoir régler ces choses-là entre nous», a dit Mme Massé en marge du caucus des députés solidaires dimanche.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Ça appartient au peuple québécois et le jour où on fera l’indépendance on aura tous les moyens de pouvoir régler ces choses-là entre nous», a dit Mme Massé en marge du caucus des députés solidaires dimanche.

Même si elle est contre la loi sur la laïcité de l’État, la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, appelle Justin Trudeau à ne pas participer à une contestation judiciaire s’il forme à nouveau un gouvernement.

« Mêlez-vous donc de vos affaires, a-t-elle dit en marge du caucus des députés solidaires dimanche. Ça appartient au peuple québécois et le jour où on fera l’indépendance on aura tous les moyens de pouvoir régler ces choses-là entre nous. »

Le chef du Parti libéral du Canada a réitéré vendredi qu’il « allait toujours défendre les libertés et les droits fondamentaux » et qu’il ne fermait pas la porte à « une intervention éventuelle » lors de son passage à Trois-Rivières, un territoire caquiste.

Québec solidaire s’était fermement opposé à l’adoption de la loi 21 en juin, qui interdit le port de signes religieux à tout nouvel employé de l’État en position d’autorité, y compris les enseignants. Cette nouvelle position, adoptée quelques mois auparavant par les militants solidaires, tranchait avec la tradition du parti qui préconisait auparavant le compromis Bouchard-Taylor, soit l’interdiction du port de signes religieux pour les employés de l’État en position d’autorité coercitive comme les policiers, les juges, les procureurs de la Couronne et les gardiens de prison.

« Nous, on n’est pas d’accord avec cette loi-là, a rappelé Manon Massé. Rendus au pouvoir, on ne va pas reconduire la clause dérogatoire, mais je pense que la question de la loi 21, ça appartient au Québec. Ça appartient aux Québécois et Québécoises et dans ce sens-là, je pense que le fédéral doit s’en tenir loin. »

L’usage des dispositions de dérogation dans la loi, qui sont prévues aux chartes québécoise et canadienne des droits et libertés, doit permettre d’éviter les contestations judiciaires, mais des opposants tentent de la contester en les contournant. La clause dérogatoire canadienne doit être renouvelée tous les cinq ans.

Les dix députés de Québec solidaire se réunissent à l’Assemblée nationale dimanche et lundi pour préparer la reprise des travaux parlementaires. Ils veulent axer leur message sur l’indépendance du Québec et l’environnement. Des militants écologistes doivent d’ailleurs s’adresser aux députés dimanche.