Justin Trudeau participera à trois des cinq débats des chefs

Le premier ministre Justin Trudeau boudera les débats anglophones du magazine <em>Maclean’s</em> et de l’Institut Munk.
Photo: Chris Young La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau boudera les débats anglophones du magazine Maclean’s et de l’Institut Munk.

Le Parti libéral confirme que Justin Trudeau ne participera qu’à tout au plus trois des cinq débats des chefs de la campagne électorale.

Le premier ministre boudera les débats anglophones du magazine Maclean’s et de l’Institut Munk. Il prendra part aux débats anglophone et francophone du consortium des médias, chapeauté par la commission des débats créée par le gouvernement libéral cette année. Les libéraux sont en outre « en discussion » avec le réseau TVA pour participer à leur traditionnel Face à Face, a indiqué le directeur des communications de la campagne libérale, Daniel Lauzon. TVA doit cependant d’abord convenir d’une date qui convienne à tous les partis fédéraux. Celle du 2 octobre serait envisagée, selon nos informations.

Le Parti libéral a confirmé au magazine Maclean’s, jeudi, qu’il ne se joindrait pas à son débat du 12 septembre. « On ira de l’avant avec notre débat sans M. Trudeau », a indiqué au Devoir le journaliste et modérateur du débat, Paul Wells. Le chef conservateur Andrew Scheer, le chef néodémocrate Jagmeet Singh et la chef du Parti vert Elizabeth May ont tous trois assuré leur présence.

L’Institut Munk, qui prévoit quant à lui un débat sur les affaires étrangères le 1er octobre, n’avait pas encore été informé de la décision du Parti libéral lorsque joint par Le Devoir. « Ce serait dommage qu’il y ait une chaise vide sur la scène, le 1er octobre », a commenté le modérateur de ce débat, Rudyard Griffiths. L’Institut Munk avait indiqué au départ qu’il pourrait annuler son débat si le premier ministre sortant n’y était pas. Mais il a changé d’idée depuis. M. Griffiths explique que le groupe décidera le 23 septembre s’il va de l’avant avec un débat réunissant les trois autres chefs fédéraux. « Si on voit un changement au sein de l’opinion publique très volatile en ce moment, si on voit que M. Scheer a gagné des appuis ou que Mme May ou M. Singh pourraient sceller le sort d’un gouvernement minoritaire, on pourrait réévaluer s’il est de l’intérêt public d’organiser malgré tout notre débat », a expliqué M. Griffiths au Devoir. M. Scheer, M. Singh et Mme May ont confirmé leur présence à ce débat. Le NPD pourrait cependant revoir sa décision, en raison de l’absence de M. Trudeau. « Pour l’instant, on n’a pas changé d’idée. Mais on est en train de réfléchir », a confié la porte-parole du NPD Mélanie Richer.

Le débat anglophone du consortium des médias se tiendra le 7 octobre, suivi du débat francophone le 10 octobre.

Le réseau TVA avait au départ proposé aux partis d’organiser son Face à Face le 16 octobre. Le vote par anticipation se tiendra cependant du 11 au 14 octobre.

Le gouvernement libéral a mis sur pied une nouvelle commission des débats, en plaidant vouloir ainsi mettre un terme aux « manoeuvres partisanes » qui avaient mené à la multiplication des joutes oratoires en 2015. Il y avait alors eu cinq débats à géométrie variable, comptant chacun une brochette différente de chefs. Justin Trudeau, alors chef du troisième parti de l’opposition, s’était joint aux cinq en plaidant vouloir participer au plus grand nombre de débats possibles.

Le Parti libéral a déploré jeudi que TVA soit « le seul grand réseau canadien à ne pas prendre part aux travaux de la commission ». Il dit espérer que TVA se joigne au consortium à l’avenir pour les futurs élections.

En 2015, le débat Maclean’s avait été visionné sur Internet par 1,5 million de personnes, celui de TVA près d’un million de téléspectateurs, le débat du Globe and Mail 780 000 personnes, celui de l’Institut Munk 490 000 personnes, et le débat du consortium francophone des médias s’était mérité des côtes d’écoute de 290 000 personnes.