Trudeau accusé de vouloir se «cacher» des Canadiens

Le gouvernement de Justin Trudeau a créé une nouvelle commission des débats, pour éviter la multiplication des joutes oratoires.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le gouvernement de Justin Trudeau a créé une nouvelle commission des débats, pour éviter la multiplication des joutes oratoires.

Le débat sur les débats des chefs est reparti de plus belle. À l’aube de la campagne électorale, les conservateurs accusent Justin Trudeau d’avoir l’intention de « se cacher » des Canadiens puisque le chef libéral n’a pas confirmé sa présence à deux des quatre débats organisés. Le Parti libéral, lui, refuse de se commettre.

C’est une querelle digne du jour de la marmotte, mais les rôles sont aujourd’hui inversés. Alors que Stephen Harper s’était mérité les critiques de ses opposants il y a quatre ans, après avoir refusé de participer au débat anglophone du consortium des médias, c’est au tour de Justin Trudeau de subir les mêmes reproches.

Le chef libéral participera aux deux débats organisés par la nouvelle commission des débats –que son gouvernement a créé pour organiser des joutes oratoires remplaçant celles du consortium. Mais M. Trudeau n’a pas encore précisé s’il se joindrait aux débats du magazine Maclean’s et de l’Institut Munk.

« Le fait que Trudeau ait beaucoup de choses à cacher ne justifie pas qu’il ne participe pas aux débats », ont scandé les conservateurs, par voie de communiqué de presse. « Trudeau devrait venir expliquer ses échecs aux Canadiens. Il préfère fuir », ont-ils reproché.

L’équipe de M. Trudeau n’a pas voulu répondre à ces attaques, mardi. « Le Parti libéral s’est engagé à participer aux débats de la commission […]. D’autres organisations ont aussi commencé à exprimer leur intérêt pour la tenue de débats ou de forums, mais nous n’avons encore pris aucun nouvel engagement ni aucune nouvelle décision », s’est-on contenté d’indiquer au PLC.

Le magazine Maclean’s ne se formalise pas de cette incertitude. Son débat ira de l’avant, le 12 septembre, que Justin Trudeau y soit ou pas. « Nous allons tenir notre débat, soit avec les trois chefs qu’on a, soit avec quatre chefs si M. Trudeau veut bien participer. L’invitation reste ouverte », a expliqué au Devoir le journaliste et modérateur de la joute, Paul Wells. Le chef conservateur Andrew Scheer, celui du Nouveau Parti démocratique Jagmeet Singh et la chef du Parti vert Elizabeth May ont tous confirmé leur participation.

Un débat annulé ?

Le sort du débat Munk est en revanche menacé par la décision éventuelle des libéraux. L’institut envisage d’annuler son débat du 1er octobre si M. Trudeau décline son invitation. « Si l’un des chefs qui représente une part importante des intentions de vote des Canadiens n’était pas sur la scène, la mission publique de l’exercice serait compromise », reconnaît le président des Munk Debates, Rudyard Griffiths.

Jagmeet Singh n’a pas non plus confirmé sa présence à ce débat. Le NPD cite une série de détails à régler, en évoquant notamment la présence du chef libéral.

Le gouvernement de Justin Trudeau a créé une nouvelle commission des débats, en plaidant vouloir ainsi mettre un terme aux « manoeuvres partisanes » qui avaient mené à la multiplication des joutes oratoires en 2015.

Il y avait alors eu cinq débats à géométrie variable, comptant chacun une brochette différente de chefs. Justin Trudeau s’était joint aux cinq, en plaidant vouloir participer au plus grand nombre de débats possibles.

Les consortiums anglophone et francophone organisent les débats de la commission les 7 et 10 octobre, respectivement. Le réseau TVA n’a pas confirmé la date de son traditionnel Face à Face, qui serait en cours d’organisation selon nos informations.