Le Québec ne peut refuser un projet de pipeline canadien, insiste Kenney

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a appelé le Québec à ses responsabilités de membre de la fédération canadienne, rappelant qu’il touchera des paiements de péréquation s’élevant à 13 milliards de dollars en 2019.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a appelé le Québec à ses responsabilités de membre de la fédération canadienne, rappelant qu’il touchera des paiements de péréquation s’élevant à 13 milliards de dollars en 2019.

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, presse Ottawa d’imposer un pipeline acheminant du pétrole lourd entre les Prairies et le Nouveau-Brunswick en dépit de l’opposition du Québec.

À près de trois mois des élections fédérales, il a accusé le premier ministre fédéral, Justin Trudeau, d’avoir accordé « à une province [le Québec] un veto sur un projet de pipeline interprovincial » comme Énergie Est.

Le chef du gouvernement albertain a aussi cru bon de mettre les points sur les i à son homologue québécois François Legault, et ce, par médias interposés.

« Je vais juste lui rappeler qu’en bout de piste les pipelines interprovinciaux sont de l’autorité réglementaire exclusive du gouvernement fédéral », a-t-il déclaré, laissant tomber pour l’occasion son accent autonomiste.

« Il n’y a pas de débat là-dessus. Il ne s’agit pas d’une question partisane. Il ne s’agit pas d’une question philosophique. Il s’agit d’une question constitutionnelle », a-t-il poursuivi tout en pointant la Loi constitutionnelle de 1867.

« Que ce soit le premier ministre Trudeau, le premier ministre Scheer ou n’importe quel autre premier ministre, je m’attends à ce qu’il passe le message à une province », a-t-il dit au micro de l’hôtel Delta Bessborough de Saskatoon, où les premiers ministres des provinces et des territoires sont réunis cette semaine.

Pour preuve, M. Kenney a pointé le projet TransMountain qui fera vraisemblablement couler davantage de pétrole issu des sables bitumineux sur la côte pacifique sans l’accord de la Colombie-Britannique.

Richesse partagée

Le premier ministre de l’Alberta a appelé le Québec à ses responsabilités de membre de la fédération canadienne, rappelant qu’il touchera des paiements de péréquation s’élevant à 13 milliards de dollars en 2019.

« À peu près, l’entièreté de ce montant provient de l’Alberta », a souligné M. Kenney mercredi.

« Nous nous attendons à ce que les provinces qui bénéficient de la richesse créée par notre énergie nous aident à développer cette richesse. Si vous allez bénéficier de cette ressource qui paie les factures dans cette fédération, aidez-nous à développer ces ressources et à obtenir un prix juste pour cette ressource. Je pense que M. Legault a entendu cet argument haut et fort », a-t-il affirmé.

M. Legault s’est en revanche dit disposé à concrétiser un projet de gazoducs « ou plus d’un projet de gazoducs » afin d’exporter du gaz naturel liquéfié sur les marchés internationaux, a fait remarquer M. Kenney à la presse. « Cela serait d’une grande aide à une industrie énergétique albertaine en difficulté », a fait valoir l’élu conservateur.

Enfin, M. Kenney a décrit la contribution de M. Legault aux discussions du Conseil de la fédération de « très constructive ». « Il est un premier ministre du Québec procroissance, proemplois. Il est déterminé à finalement éliminer la dépendance du Québec au système de transferts », a-t-il expliqué aux médias canadiens mercredi soir.

D’ailleurs, M. Kenney s’est dit heureux que son homologue québécois se soit abstenu de qualifier une nouvelle fois le pétrole extirpé du sol albertain d’« énergie sale ».

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