Les progressistes-conservateurs élus à la tête d'un gouvernement minoritaire

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Dennis King, n’est en poste que depuis février.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Le chef du Parti progressiste-conservateur, Dennis King, n’est en poste que depuis février.

Les électeurs de l’Île-du-Prince-Édouard ont éclipsé leur système centenaire d’alternance entre deux partis en élisant un gouvernement minoritaire progressiste-conservateur, concluant de manière dramatique une course électorale serrée qui a vu le Parti vert s’implanter fermement à l’Assemblée législative.

Les conservateurs remportent 12 sièges, les verts en obtiennent neuf, tandis que les libéraux au pouvoir, dirigés par le premier ministre Wade MacLauchlan, doivent se contenter du troisième rang avec cinq députés.

M. MacLauchlan a même subi la défaite dans sa circonscription de Stanhope-Marshfield.
« C’est quelque chose qui se passe en politique », a-t-il déclaré aux journalistes. « Le vent a changé. »

Devant ses partisans, le chef progressiste-conservateur Dennis King a parlé d’une «nouvelle ère» pour la politique dans la province. «Nous accueillons l’honneur formidable et la responsabilité formidable de gouverner», a-t-il déclaré.

Commentant la performance solide des verts, M. King a dit croire que cela démontrait que les électeurs souhaitent voir les partis travailler ensemble et éviter la politique partisane.

Le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, a aussi dit croire fermement «dans la capacité d’un gouvernement minoritaire à créer un environnement de collaboration».

Au cours des derniers mois, plusieurs firmes de sondage prédisaient que le Parti vert dirigé par Peter Bevan-Baker avait de bonnes chances de former le prochain gouvernement. Jamais dans l’histoire du Canada un gouvernement n’a été dirigé par le Parti vert.

À la dissolution de l’Assemblée législative, les verts détenaient deux des 27 sièges.

La victoire des conservateurs représente le plus récent d’une série de gains pour les partis de droite, y compris des victoires en Alberta, au Nouveau-Brunswick et en Ontario, le tout au cours de la dernière année.

Plus tôt cette année, les progressistes-conservateurs de l’île étaient largement considérés comme une organisation dysfonctionnelle, ayant connu pas moins de six chefs au cours des huit dernières années.

En dépit de luttes internes dans les rangs des conservateurs, Dennis King a été félicité pour avoir mené une campagne solide, principalement en renforçant un message positif.

Ancien directeur des communications de l’ancien premier ministre conservateur Patt Binns, M. King a très bien fait lors d’une série de débats des chefs remarquablement polis.

Cependant, la course du chef recrue a été entachée par une légère controverse sur une série de tweets censés être amusants, mais ayant offensé certains, qui les ont critiqués pour leur sexisme et leur homophobie.

M. King a admis que certains des messages sur Twitter étaient inappropriés.

L’accès aux médecins de famille est apparu comme un élément clé de la campagne. Les quatre partis ont parlé de recruter plus de médecins. Selon Santé Î.-P.-É., 13 083 insulaires sont sur la liste d’attente d’un médecin de famille.

Dirigée par le dentiste d’origine écossaise Peter Bevan-Baker, la montée en popularité des verts a suscité un intérêt particulier lors d’une campagne par ailleurs terne.

Au cours de la course, M. Bevan-Baker a tenté de convaincre les électeurs que les verts ne se préoccupaient pas que de l’environnement, offrant une plateforme centrée sur un éventail de problèmes sociaux.

Le chef du Parti vert, élu à l’Assemblée législative en tant que premier membre vert en 2015, l’a emporté dans sa circonscription, New Haven-Rocky Point.

Les libéraux cherchaient à obtenir un quatrième mandat, après avoir rappelé à maintes reprises aux insulaires que l’économie de la province demeurait la plus forte du pays.

Lors de la dissolution de l’Assemblée législative, les libéraux détenaient 16 sièges sur 27, les conservateurs huit et le Parti vert deux. Il y avait un indépendant.

Un total de 14 sièges est nécessaire pour une majorité, mais seulement 26 des 27 sièges étaient en élections, mardi.

Samedi, la commission électorale a reporté le vote dans le district de Charlottetown-Hillsborough Park après le décès du candidat du Parti vert Josh Underhay, et de son jeune fils, dans un accident de bateau sur la rivière Hillsborough.

Une élection partielle aura lieu dans la circonscription au cours des trois prochains mois.

Réforme électorale: l’Île-du-Prince-Édouard aurait rejeté la proportionnelle

Une mince majorité d’électeurs à l’Île-du-Prince-Édouard a rejeté le virage à une forme de représentation proportionnelle dans le système électoral, bien que la suite des choses demeure incertaine.

Parallèlement aux élections législatives provinciales, les citoyens étaient invités mardi à se prononcer sur une réforme du mode de scrutin qui prévoyait un « système mixte avec compensation proportionnelle ».

Toutes les formations politiques avaient convenu qu’une partie ou l’autre devait obtenir plus de 50 pour cent des voix dans au moins 17 des 27 circonscriptions pour avoir gain de cause.

Tard mardi, le camp du « Non » avait obtenu près de 51 pour cent des voix exprimées, tandis que le « Oui » détenait 49 pour cent des voix.

Néanmoins, aucun des deux camps n’avait remporté 17 circonscriptions, le « Oui » étant victorieux dans 15 circonscriptions, et le « Non » dans 12 circonscriptions.

Le commissaire au référendum, Gerard Mitchell, a affirmé que si aucun camp n’atteignait 17 circonscriptions, « cela signifierait que [le résultat] ne serait pas contraignant pour le gouvernement ».

Le « berceau de la fédération » avait l’occasion mardi de donner naissance à la toute première forme de représentation proportionnelle au pays.

En vertu du « système mixte avec compensation proportionnelle », les électeurs se donneraient d’abord 18 députés dans des circonscriptions redessinées, par le biais d’un système uninominal traditionnel. Mais les neuf autres députés seraient ensuite nommés à partir de listes dressées par les partis politiques. Ces sièges d’« élus de listes » seraient attribués en proportion du vote populaire que chaque parti aurait obtenu dans un autre volet du scrutin — c’est la « compensation proportionnelle ».