Deux anciennes bloquistes reprennent du service

Christiane Gagnon se présentera à Québec, circonscription qu’elle a représentée de 1993 à 2011.
Photo: Yan Doublet Archives Le Devoir Christiane Gagnon se présentera à Québec, circonscription qu’elle a représentée de 1993 à 2011.

Le Bloc québécois pourra compter sur deux anciennes députées pour porter le flambeau à l’élection fédérale cet automne. Mais le phénomène semble pour l’instant circonscrit puisque plusieurs ex-députés contactés par Le Devoir ont indiqué qu’ils n’imiteraient pas leurs collègues.

Claude DeBellefeuille tentera de se faire élire une troisième fois dans Salaberry-Suroît, qu’elle a représentée de 2006 à 2011.

Christiane Gagnon convoitera quant à elle Québec, circonscription qu’elle a représentée de 1993 à 2011, mais qui est passée au Nouveau Parti démocratique lors de la vague orange de 2011 et qui a viré au rouge en 2015. Elle se mesurera au ministre Jean-Yves Duclos.

Jointe à New York, Mme Gagnon explique que l’arrivée du nouveau chef Yves-François Blanchet lui a donné « un coup de coeur. Ça m’a motivée à me présenter ».

« J’aime son leadership. Il est très accessible, convivial, avec quand même un caractère fort. On s’est rencontrés à quelques reprises et j’ai décidé de me présenter. »

Claude DeBellefeuille évoque elle aussi l’arrivée du nouveau chef comme moteur de son retour en politique.

« Quand j’ai vu Yves-François Blanchet faire le saut, ça m’a donné cette énergie et ce courage. Ça m’a vraiment stimulée. […] Ça se sent sur le terrain. Ça me confirme que j’ai eu le bon feeling de penser qu’on a le chef qu’il nous faut pour passer à travers la prochaine élection. » Mme DeBellefeuille tentera de déloger la néodémocrate Anne Minh-Thu Quach, devant qui elle s’était inclinée en 2011.

La fille sur les traces du père

Dans la circonscription de Gatineau, ce n’est pas l’ancien député bloquiste Richard Nadeau (2006-2011) qui se portera candidat cet automne, mais sa fille, Geneviève Nadeau. Elle est mue par un désir de faire la promotion de l’indépendance du Québec. Elle se montre lucide quant à la lutte qui l’attend. Son père l’avait emporté à la faveur d’une chaude course à trois qui n’est plus d’actualité.

« Quand tu es un souverainiste en Outaouais, tu es habitué de ramer dans la garnotte. »

Neuf autres anciens députés bloquistes contactés par Le Devoir ont indiqué qu’ils ne referont pas le saut (Claude Bachand, Marc Lemay, Bernard Bigras, France Bonsant, Johanne Deschamps, Jean Dorion, Claude Guimond, Richard Nadeau et Meili Faille). Certains oeuvrent donc pour trouver du sang neuf.

Invitation déclinée

Mme Bonsant, qui a été députée de Compton-Stanstead de 2004 à 2011, explique qu’elle a été pressentie par le nouveau chef du Bloc, Yves-François Blanchet, mais qu’elle a décliné son invitation. Nouvellement devenue grand-mère, elle préfère passer du temps avec son petit-fils. « Pour le moment, c’est non. […] S’il n’y a personne qui veut être candidat, je vais regarder ça, mais je fais mon possible pour trouver un candidat qui a les compétences et les connaissances pour faire le travail. »