Hydro-Québec offre 170 millions $US au Maine

Au total, Hydro-Québec et CMP ont offert des incitatifs supplémentaires d’environ 258 millions.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Au total, Hydro-Québec et CMP ont offert des incitatifs supplémentaires d’environ 258 millions.

C’est finalement une cagnotte de 170 millions $US qu’Hydro-Québec mettra sur la table si le Maine accepte qu’une ligne de transport devant acheminer de l’hydroélectricité au Massachusetts traverse son territoire.

Advenant que le projet obtienne le feu vert, la société d’État s’engage à verser une redevance annuelle non indexée de 3,5 millions pendant 40 ans — soit 140 millions — puisée à même les revenus générés par le New England Clean Energy Connect (NECEC). Cela s’ajoutera à une enveloppe de 30 millions visant à financer un réseau Internet à large bande, à la mise sur pied d’un réseau de bornes de recharge et à offrir des subventions aux acheteurs de thermopompes.

Les détails figurent dans le projet d’entente entre Central Maine Power (CMP) et les parties touchées, comme des municipalités, des groupes environnementaux ainsi que des acteurs du milieu économique, par ce projet réalisé en collaboration avec Hydro-Québec. Au terme de négociations, le document a été déposé jeudi auprès de la commission des services aux collectivités du Maine, qui devra rendre sa décision, en principe d’ici le printemps, en tenant compte de ces nouveaux éléments. « Ce que nous avons compris, c’est que [les autorités] désiraient des retombées économiques pour l’État », a expliqué un porte-parole d’Hydro-Québec, Serge Abergel, au cours d’un entretien téléphonique.

Au total, Hydro-Québec et CMP ont offert des incitatifs supplémentaires d’environ 258 millions.

Le projet d’entente est signé par neuf intervenants locaux, dont l’organisme de défense de l’environnement Conservation Law Foundation, le Protecteur du citoyen de l’État, l’Association des consommateurs industriels d’énergie ainsi que la Chambre de commerce du Maine. La nouvelle gouverneure, Janet Mills, qui était demeurée plutôt silencieuse, a également manifesté son appui. « Ce projet, s’il est autorisé, mettra notre État et notre région sur la voie d’une économie sans carbone d’ici 2050 », a-t-elle fait valoir dans un communiqué publié jeudi.

Hydro-Québec table sur cette ligne, dont la mise en service est prévue en 2022, pour acheminer 9,45 térawattheures d’hydroélectricité par année pendant vingt ans au Massachusetts dans le cadre d’un contrat dont les revenus sont estimés à 10 milliards $US. Les opposants au NECEC font valoir qu’il serait néfaste pour de vastes étendues sauvages et ne profiterait guère aux résidents du Maine. En sol américain, la facture du projet est estimée à 950 millions $US et le tracé de 233 kilomètres doit passer par le Maine.