Le NPD divisé sur le multiculturalisme

Mercredi soir, la Chambre des communes a rejeté le projet de loi C-393 du bloquiste Luc Thériault, qui aurait exempté le Québec de l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien.
Photo: La Presse canadienne Mercredi soir, la Chambre des communes a rejeté le projet de loi C-393 du bloquiste Luc Thériault, qui aurait exempté le Québec de l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien.

Le NPD assure ne pas être divisé sur les questions d’identité, même si trois de ses députés du Québec ont appuyé un projet de loi du Bloc québécois qu’une de leurs collègues avait assimilé à une mesure anti-immigration.

Mercredi soir, la Chambre des communes a rejeté le projet de loi C-393 du bloquiste Luc Thériault, qui aurait exempté le Québec de l’application de la Loi sur le multiculturalisme canadien.

« Ça aurait fait en sorte que le Québec puisse décider lui-même de son propre modèle d’intégration », explique le député de Montcalm. Selon lui, cette question est « au coeur du différend Canada-Québec ».

Tous les députés autres que les bloquistes ont voté contre ce projet de loi, à l’exception des néodémocrates PierreNantel, Christine Moore et Robert Aubin.

« Le Québec est une nation, une société distincte, et tout projet de loi ou motion qui tient à préciser cela, je vais le soutenir », s’est justifié M. Nantel.

Christine Moore voulait, elle, seulement appuyer le principe de C-393, à savoir « que le Québec pourrait avoir sa propre loi sur le multiculturalisme et l’interculturalisme ». Elle estime que le C-393 était mal rédigé parce qu’il ne spécifiait pas être conditionnel à l’adoption par le Québec d’une loi de remplacement.

Quant au président du caucus québécois du NPD, Robert Aubin, il a appuyé le projet de loi bloquiste pour démontrer que le multiculturalisme à la canadienne et l’interculturalisme à la québécoise ne sont pas incompatibles.

« Un député du ROC au sein de mon parti, très à l’aise avec le multiculturalisme, ne me demande pas à moi, député québécois, de renier l’interculturalisme que nous avons adopté au Québec, explique-t-il. Ces deux approches peuvent vivre au sein de mon parti et c’est ce qu’on a tenté de démontrer avec le vote. »

M. Aubin soutient que le vote dissident de certains élus du Québec « a été même négocié » afin de prouver cette possible cohabitation.

Le Québec est une nation, une société distincte, et tout projet de loi ou motion qui tient à préciser cela, je vais le soutenir

 

Un projet de loi raciste ?

Pourtant, lors du débat sur le C-393 en septembre, le NPD avait envoyé au front la députée de Colombie-Britannique Rachel Blaney, qui avait eu des mots durs.

« On parle d’un projet de loi inutile qui sème la discorde », avait-elle lancé. Elle avait reproché au Bloc québécois de se faire l’allié objectif du Parti conservateur.

« C’est plutôt une tentative flagrante t’attiser les flammes de la rhétorique anti-immigration et anti-réfugiés. »

À cela, le lieutenant québécois du NPD, Alexandre Boulerice, répond que le C-393 n’était « pas du tout » un projet de loi raciste. Il ne l’a pas appuyé, car il pensait qu’il « n’avait pas de portée pratique ». Selon lui, le Bloc québécois a voulu jouer « un jeu politique ».

M. Thériault estime que l’interculturalisme québécois se distingue du modèle canadien en ce qu’il établit que l’acceptation de la différence se limite à tout ce qui respecte l’égalité homme-femme, la séparation de l’Église et de l’État et le français comme langue commune.