Le député fédéral Nicola Di Iorio sommé de s’expliquer

Le député de Saint-Léonard—Saint-Michel, Nicola Di Iorio
Photo: Facebook Le député de Saint-Léonard—Saint-Michel, Nicola Di Iorio

Les collègues du député Nicola Di Iorio s’impatientent, alors que l’élu montréalais n’a pas été vu au Parlement depuis le retour de la relâche estivale.

Les langues commençaient à se délier jeudi, quelques libéraux se permettant désormais de critiquer le député de Saint-Léonard—Saint-Michel. « C’est un grand garçon, et c’est à lui de s’expliquer », a affirmé la ministre du Tourisme et des Langues Officielles, Mélanie Joly. « En tant que parlementaire, il y a une obligation de représenter sa population et c’est à lui de défendre son comportement », a-t-elle laissé tomber, interrogée pour une énième fois sur l’absence de son collègue à Ottawa.

M. Di Iorio avait annoncé qu’il quitterait ses fonctions, en avril, pour finalement confirmer en juin sa décision d’un départ prochain. Il est toutefois revenu sur sa décision en septembre, se disant désormais en réflexion quant à son avenir politique. Il n’a pas donné de nouvelles depuis. Les appels et les courriels à son bureau sont restés sans réponse. Son bureau de député aux Communes semble vide, personne ne répondant au téléphone ou derrière les portes closes du local. Les libéraux croisés au Parlement jeudi ont tous affirmé ne pas lui avoir parlé depuis longtemps.

Le ministre des Infrastructures, François-Philippe Champagne, n’a pas su expliquer la situation de M. Di Iorio. « Il faudrait lui demander », a-t-il rétorqué. « Moi, ce que je peux vous dire, c’est que je fais mon travail. Et on s’attend à la même chose de chacun des députés. »

Son compatriote de Thérèse-De Blainville, Ramez Ayoub, a abondé dans le même sens. « Moi je suis là pour travailler. Et il devrait être là pour travailler aussi. »

Une autre libérale a confié, sous le couvert de l’anonymat, qu’elle trouvait le comportement de M. Di Iorio « insultant » pour les autres députés qui, eux, travaillent. Cette élue estime carrément que, si son collègue ne se présente plus au Parlement, il devrait perdre son poste de député.

Justin Trudeau s’est fait avare de commentaires, de passage à Churchill au Manitoba. « Nicola Di Iorio est encore député. Et à ma connaissance, il est toujours en réflexion quant à son avenir. Mais il en aura plus à dire sur ce sujet, j’en suis sûr », a indiqué le premier ministre, sans en dire plus.

Nicola Di Iorio a été élu pour la première fois au dernier scrutin fédéral, en 2015. Suite à ses adieux au Parlement, il s’est joint au mois d’août au cabinet BCF avocats d’affaires. Il ne semble pas encore avoir déclaré cette source de revenu dans le registre public du Commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, mais il y déclare toucher un revenu d’entreprise du cabinet Langlois Avocats. La firme Langlois Avocats a obtenu un contrat de services juridiques de la part du ministère fédéral de la Justice le 26 mars 2018, selon le site Web du ministère.