Les élections n’influent pas sur la renégociation de l’ALENA, dit Trudeau

Justin Trudeau se rendra à New York cette semaine, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies.
Photo: Lars Hagberg Agence France-Presse Justin Trudeau se rendra à New York cette semaine, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies.

La position du Canada dans le cadre de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ne dépend pas du contexte politique au Québec ou au Nouveau-Brunswick, a assuré dimanche le premier ministre Justin Trudeau en réponse à un conseiller de la Maison-Blanche qui a soulevé des doutes sur les motivations canadiennes.

« Ça fait presque un an et demi qu’on discute de la renégociation de l’ALENA et nous gardons toujours au centre de la négociation le désir d’avoir le bon accord pour tous les Canadiens », a affirmé M. Trudeau à Montréal en marge d’une rencontre avec son homologue espagnol, Pedro Sánchez.

« Je peux vous dire de façon très claire et ferme que les considérations liées aux élections au Nouveau-Brunswick ou au Québec ne font pas du tout partie de notre réflexion par rapport aux négociations. »

Un « très bon accord »

Vendredi, un conseiller économique de la Maison-Blanche, Kevin Hassett, a laissé entendre sur les ondes de la chaîne américaine Fox News que le Canada s’entête à ne pas signer un nouvel accord révisé pour des raisons essentiellement politiques.

« Je suis un peu surpris de voir que les Canadiens n’ont pas encore signé [le projet d’accord]. Ils ont vraiment un très bon accord auquel ils devraient participer », a-t-il affirmé.

« Je m’inquiète du fait que la politique au Canada leur fait perdre la raison, parce qu’il s’agit d’un très bon accord élaboré par le Mexique et les États-Unis pour séduire le Canada », a-t-il ajouté, faisant visiblement allusion aux campagnes électorales en cours au Québec et au Nouveau-Brunswick.

La production du secteur laitier canadien, dont le Québec est le plus important moteur, fait par exemple partie des sujets de dissensions.

La veille, lors d’une conférence prononcée à New York, M. Hassett avait par ailleurs avancé que le Canada aurait jusqu’au 30 septembre pour se joindre à l’accord de libre-échange révisé, sans quoi les États-Unis poursuivraient leurs démarches uniquement avec le Mexique. Ces deux pays ont conclu une entente de principe le mois dernier concernant un nouvel accord de libre-échange.

De son côté, le président mexicain nouvellement élu, Manuel López Obrador, — qui entrera officiellement en fonction le 1er décembre prochain — a déclaré vendredi qu’il chercherait à signer un accord bilatéral avec le Canada si le gouvernement Trudeau ne parvenait pas à trouver un terrain d’entente avec Washington.

Discussions à New York

Les plus récentes négociations entre le Canada et les États-Unis ont pris fin jeudi à Washington. La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, a alors fait état de « discussions constructives », sans en dire plus sur l’avancement des pourparlers.

M. Trudeau se rendra à New York cette semaine, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies. Il se pourrait que les négociations se poursuivent de manière informelle à ce moment, a-t-il indiqué dimanche. « C’est fort possible qu’en marge de la rencontre de l’ONU, on continue des conversations qu’on a eues, mais je ne pense pas qu’il y ait quelque chose de formellement arrangé. »