Les traversées de migrants irréguliers au plus bas depuis un an

Le ministre Hussen s’est montré particulièrement agacé par l’attitude de l’Ontario quant à la situation des migrants.
Photo: Charles Krupa Associated Press Le ministre Hussen s’est montré particulièrement agacé par l’attitude de l’Ontario quant à la situation des migrants.

Quelque 1263 personnes ont traversé la frontière de façon irrégulière pour demander l’asile au Canada en juin. Il s’agit du nombre le moins élevé depuis un an, selon les données du ministère fédéral de l’Immigration.

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, a entre autres attribué cette diminution à un « programme de communications très efficace ». Les migrants potentiels sont ainsi informés sur le fonctionnement du système d’immigration canadien, notamment « sur le fait que la venue au Canada en passant la frontière n’est pas un ticket gratuit vers l’entrée au pays », a expliqué le ministre au cours d’un point de presse à Winnipeg à la suite d’une rencontre du Forum fédéral-provincial-territorial des ministres responsables de l’immigration.

En avril 2018, le Canada a reçu en moyenne 83 demandes d’asile par jour. La moyenne était de 57 en mai et de 39 en juin. Les chiffres colligés pour juin représentent ainsi une diminution de plus de 50 % par rapport au nombre de personnes ayant franchi la frontière de manière irrégulière en avril. À ce moment, 2560 personnes avaient été interceptées.

« Nous continuons à surveiller la situation et demeurons prêts à gérer tout afflux éventuel », a fait savoir le ministère, dans un communiqué.

Les fonds de 50 millions de dollars promis au Québec, à l’Ontario et au Manitoba pour aider ces provinces qui ont assumé des coûts d’hébergement des demandeurs d’asile « devraient arriver d’ici la fin du mois », a affirmé M. Hussen.

L’emploi du temps du ministre québécois de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, David Heurtel, ne lui permettait pas d’être à la rencontre, a fait savoir sa chef de cabinet, Gabriela Quiroz.

« En ce qui concerne le remboursement des dépenses depuis 2017 réclamées par le gouvernement du Québec et liées aux demandeurs d’asile, les discussions se poursuivent au sein du groupe de travail pour en arriver à une entente », a-t-elle précisé.

Nous continuons à surveiller la situation et demeurons prêts à gérer tout afflux éventuel

L’Ontario « pas très canadien »

Le ministre Hussen s’est montré particulièrement agacé par l’attitude de l’Ontario quant à la situation des migrants. Il accuse la province de « répondre par la peur », ce qui « n’est pas une méthode très canadienne. Ça sème la division et c’est une position difficile ».

La ministre responsable de l’Immigration en Ontario, Lisa MacLeod, était présente à la rencontre, mais n’a pas voulu monter sur le podium pour la rencontre avec les journalistes, a indiqué le ministre Hussen.

« La réunion d’aujourd’hui ne portait pas seulement sur la migration irrégulière ; on parle d’attirer plus de travailleurs au Canada, des avantages de l’immigration économique, de l’immigration francophone… Dans tous ces dossiers, l’Ontario a tout intérêt à s’assurer que des travailleurs étrangers sont là pour répondre aux besoins de main-d’oeuvre. Malheureusement, [elle] a décidé de ne pas se joindre à nous. »

Le chef de cabinet de Mme MacLeod a indiqué sur Twitter que « l’Ontario soutenait entièrement l’immigration légale […], mais qu’elle ne signerait pas le communiqué issu du forum ». Mme MacLeod, sur le même réseau social, a invité le ministre Hussen à s’excuser des attaques à son égard.

Le ministre fédéral de l’Immigration a rappelé qu’il n’avait pas apprécié que le gouvernement du nouveau premier ministre ontarien, Doug Ford, ait utilisé « un langage de division […] qui va potentiellement criminaliser les demandeurs d’asile dans l’esprit des Canadiens » en affirmant qu’ils étaient « illégaux ». « Les demandeurs d’asile ont le droit légitime de demander l’asile », a répété M. Hussen.

Rappelons qu’au cours de sa première rencontre officielle avec Doug Ford jeudi dernier, le premier ministre Justin Trudeau avait affirmé que le premier ministre ontarien ne comprenait pas les obligations du Canada envers les demandeurs d’asile.