Andrew Scheer reste muet sur les raisons de l’expulsion de Maxime Bernier

Le chef conservateur Andrew Scheer refuse d’expliquer pourquoi il a expulsé son ancien rival Maxime Bernier de son cabinet fantôme.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le chef conservateur Andrew Scheer refuse d’expliquer pourquoi il a expulsé son ancien rival Maxime Bernier de son cabinet fantôme.

Le chef conservateur Andrew Scheer refuse d’expliquer pourquoi il a expulsé son ancien rival Maxime Bernier de son cabinet fantôme. Mais certains n’hésitent pas à faire un lien entre la sortie du Beauceron contre la gestion de l’offre et le besoin de présenter un front uni contre Donald Trump… et de ne pas gâcher les chances du parti de remporter l’élection partielle dans Chicoutimi–Le Fjord lundi prochain.

« Je ne parle pas des enjeux de notre caucus interne, mais je peux dire que, quand un membre de notre cabinet fantôme fait une promis [sic] à notre équipe, il doit la respecter », s’est borné à dire M. Scheer mercredi.

Le mois dernier, M. Bernier s’est engagé à ne pas publier comme prévu cet automne son livre après que celui-ci a fait l’objet de fuites et suscité la grogne dans les rangs conservateurs.

L’ancien aspirant à la chefferie y réitérait son opposition à la gestion de l’offre et soutenait que M. Scheer avait été élu grâce à de « faux conservateurs », des agriculteurs ayant rejoint le parti seulement pour lui barrer la route et n’ayant pas renouvelé leurs cartes de membre depuis.

Or voilà que, la semaine dernière, Maxime Bernier a mis sur son site Internet le chapitre en question, chapitre qui était auparavant sur le site de son éditeur, mais qu’il a récupéré après avoir rompu son contrat.

En coulisses, une personne bien au fait du dossier avance que le chef n’a pas voulu compromettre ses chances électorales dans Chicoutimi–Le Fjord. Le dernier sondage Segma place Richard Martel en tête des intentions de vote, à 36 % contre à peine 20 % pour la candidate libérale Lina Boivin.

Pour sa part, le député Erin O’Toole, qui avait lui aussi tenté de devenir chef l’an dernier, croit que l’expulsion de Maxime Bernier est liée à Donald Trump.

« J’aime beaucoup Max, mais il doit réfléchir à ce que cela signifie de faire partie d’une équipe. […] Publier [son chapitre], particulièrement en ce moment, alors que nous tentons de nous rallier en lien avec les négociations de l’ALENA, c’est très malheureux. »

Depuis le Sommet du G7 à La Malbaie en fin de semaine et les attaques belliqueuses du président américain contre le Canada, les partis à Ottawa se sont ralliés au premier ministre Justin Trudeau.