Sommet du G7: le retour appréhendé «des casseurs»

Le Sommet des Amériques, tenu à Québec en 2001, avait été marqué par plusieurs affrontements entre la police et des manifestants.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le Sommet des Amériques, tenu à Québec en 2001, avait été marqué par plusieurs affrontements entre la police et des manifestants.

L’épais nuage de gaz lacrymogène, les manifestants épiés du haut des airs par des hélicoptères, la mobilisation citoyenne, la répression policière : Agnès Maltais garde un souvenir vif du Sommet des Amériques. Dix-sept ans plus tard, elle appréhende le retour des « horribles casseurs » en haute ville.

« Il y aura de la casse. Il y a toujours de la casse dans ces occasions-là », a lancé la députée de Taschereau durant la période des questions mercredi.

Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec appellent Ottawa à indemniser les résidents et les commerçants du centre-ville de Québec pour les dommages causés à leur propriété par des vandales durant le Sommet du G7.

« Le vandalisme peut être couvert par l’assurance individuelle », précise le gouvernement fédéral dans la section « Information utile pour les gens de Charlevoix, de Québec et du Saguenay » du site Web du G7 de 2018.

Assurances personnelles

« Vandalisme, émeutes ; ce sont des protections de base qu’on retrouve dans les contrats.C’est d’emblée couvert », fait remarquer la porte-parole du Bureau d’assurance du Canada (BAC), Anne Morin. Mais pas les guerres, actes de terrorisme et rébellions.

Cela dit, le BAC ignore les montants versés par les compagnies d’assurance aux victimes collatérales des manifestations durant le Sommet du G8 à Huntsville et du G20 à Toronto en 2010, ou encore le Sommet des Amériques en 2001.

« Si vous êtes un commerçant ou un citoyen et que vous habitez à Québec, et que vous avez des dommages associés à la venue du G7, il ne faut pas que ce soit votre assurance responsabilité personnelle vers laquelle vous devriez vous tourner, car [vous serez] pénalisé. [Vos] primes d’assurance responsabilité vont monter », a averti le député caquiste Simon Jolin-Barrette dans un impromptu de presse. « Ce n’est pas acceptable. »

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a indiqué mercredi que « les forces de l’ordre sont prêtes à intervenir avec toute la mesure nécessaire si jamais il y avait des débordements » en marge des manifestations. « Les gens ont le droit de manifester. C’est un droit démocratique. Ce qui est important, c’est de le faire dans le respect des lois, de le faire sans violence, de le faire sans casse », a-t-il insisté.

Les petits : à la maison

La Commission scolaire de la Capitale a tout de même convenu de fermer six établissements situés « à proximité de la zone potentielle de manifestation » les 7 et 8 juin.

Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a quant à lui fortement incité les centres de la petite enfance (CPE) du centre-ville de Québec à fermer leurs portes durant les journées de manifestations anti-G7. « Il n’y a pas de risque à prendre », a-t-il fait valoir mercredi.

M. Fortin se garde d’ordonner formellement aux directions de CPE de suspendre leurs activités durant le Sommet du G7, mais c’est tout comme. « Ce serait inquiétant que quelqu’un qui a sous son autorité des enfants maintienne des services ouverts, vous ne pensez pas ? » a-t-il demandé lors d’une mêlée de presse.

Les CPE, qui suspendront leurs activités la semaine prochaine pour des considérations de sécurité, ne subiront pas de pénalités financières, a précisé l’élu libéral.

La directrice du Regroupement des centres de la petite enfance des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, Élise Paradis, accueille avec soulagement la décision du ministre. Les dizaines d’enfants inscrits dans les CPE situés à l’intérieur de la « zone de feu », dont la Coopérative Saint-Jean-Baptiste, « au coeur du quartier où ça a brassé le plus » lors du Sommet des Amériques, n’ont pas à vivre une « telle situation de désorganisation ».