Martine Ouellet annonce une candidate pour la partielle de Chicoutimi-Le Fjord

Les résultats du référendum bloquiste qui scellera le sort de Mme Ouellet ne seront connus que le 3 juin.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les résultats du référendum bloquiste qui scellera le sort de Mme Ouellet ne seront connus que le 3 juin.

Martine Ouellet tente, une fois de plus, de faire taire ceux qui croient que son leadership du Bloc québécois agonise.

Elle annoncera, vendredi, une candidature pour l'élection partielle de Chicoutimi-Le Fjord.

Ce scrutin doit se dérouler le 18 juin prochain. L'association de comté du Bloc québécois a fait savoir dès le début de la crise qui secoue le parti qu'il n'était pas question de présenter un candidat dans l'état actuel des choses.

Jeudi après-midi, la présidente de l'association de comté, Élise Gauthier, n'avait pas changé d'avis et assurait qu'il n'est pas question qu'elle travaille pour « la candidate de Mme Ouellet ».

« C'est une parachutée. [...] Mme Ouellet a décidé de l'envoyer à la guillotine », a jugé Mme Gauthier en révélant que la candidate est Catherine Bouchard-Tremblay, une militante d'Option nationale battue dans la circonscription provinciale de Chicoutimi à l'élection partielle de 2016.

Mme Ouellet sera à Chicoutimi, vendredi avant-midi, pour présenter elle-même sa candidate. Et, de l'avis de Mme Gauthier, il lui faudra retourner là souvent d'ici le 18 juin.

« Ce n'est pas notre candidate. C'est la candidate de Mme Ouellet. Alors Mme Ouellet devra venir faire campagne à Chicoutimi », a ironisé Mme Gauthier, après avoir pris le soin de souligner que son mandat comme présidente d'association a été renouvelé la semaine dernière à une réunion de son comité exécutif.

Les candidats à cette élection partielle doivent se déclarer avant le 28 mai. Les résultats du référendum bloquiste qui scellera le sort de Mme Ouellet ne seront connus que le 3 juin. Trop tard pour Chicoutimi-Le Fjord.

« Alors non. Je n'irai pas travailler pour cette candidate-là même si Mme Ouellet devait partir suite au référendum », a lâché Mme Gauthier.

Ras-le-bol, crise et saga

La leader du Bloc a essuyé un autre coup dur mercredi alors que le Forum jeunesse bloquiste lui a retiré son appui. Le trésorier du parti, Jules Gagné, a également claqué la porte.

C'est la démission de sept des 10 députés bloquistes, en février dernier, qui a mis le feu aux poudres. Depuis, Mario Beaulieu, un des trois députés qui étaient restés fidèles à Mme Ouellet, a décidé de demeurer au parti tout en travaillant pour dégommer sa chef. L'aile jeunesse du Bloc a suivi son exemple, cette semaine.

Mme Ouellet a refusé de réagir publiquement à ces deux plus récentes tuiles. Elle refusait encore les demandes d'entrevues jeudi. Elle ne pourra pas échapper aux questions des journalistes de Chicoutimi vendredi matin.

« J'ai le ras-le-bol de cette situation-là, a confié Mme Gauthier. Ce n'est plus une crise. C'est une saga. Et j'ai hâte que ça se termine et je ne suis pas la seule. »

Mme Gauthier dit conseiller à ses collègues militants de voter au référendum « et puis on va espérer que le tout va rentrer dans l'ordre le 3 juin au matin ».