Dissidence chez les dissidents du Bloc québécois

Sept députés ont déjà tourné le dos à Martine Ouellet.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Sept députés ont déjà tourné le dos à Martine Ouellet.

Ils ne sont que sept à vouloir former un nouveau parti, mais déjà les ex-bloquistes ne s’entendent pas sur l’orientation qu’aura leur future formation. L’un d’eux, Michel Boudrias, dénonce une « ambiguïté » du groupe sur la question de la souveraineté. Malgré cela, les six autres gardent le cap.

Michel Boudrias y est allé de deux « mises au point » sur Facebook. Un premier texte publié mercredi, puis une vidéo de quelques minutes jeudi réitérant qu’il ne militerait « jamais pour un parti qui n’assumerait pas la souveraineté du Québec ». « Je n’accepterai pas qu’on entretienne un flou sur la question de l’indépendance », tranchait le député.

Les démissionnaires du Bloc québécois se sont engagés à lancer un nouveau parti. Bien qu’ils se disent tous indépendantistes, la plupart ont dit qu’ils accueilleraient néanmoins des fédéralistes dans leurs rangs s’ils souhaitent défendre avec eux les intérêts du Québec. M. Boudrias rejette cette main tendue.

Rhéal Fortin ne voyait néanmoins « absolument pas » le besoin d’ajuster sa position, jeudi au Parlement. « C’est un parti formé de sept députés indépendantistes. Nous rejetons l’idée de nous faire étiqueter », a-t-il martelé. « Pour nous, il n’y a pas d’ambiguïté », a ajouté Monique Pauzé. « Tout le monde a le même objectif », a renchéri Gabriel Ste-Marie.

En coulisses, certains se sont demandé si M. Boudrias se mettait « en réserve du Bloc québécois », prêt à y retourner si Martine Ouellet perdait son vote de confiance début juin. Une source décrit le député comme un souverainiste « encore plus pressé que Mario Beaulieu ».

Une seconde source note que M. Boudrias compte dans son entourage « beaucoup de pressés » et de militants d’Option nationale. Sa sortie pourrait donc, selon cette personne, avoir été planifiée surtout pour les rassurer quant à sa ferveur indépendantiste.

Le doyen du groupe, Louis Plamondon, n’a pas voulu « perdre du temps avec la sémantique ». « Je sais ce qu’on est, a-t-il insisté. Je sais qu’on fonde un parti qui va être pareil à ce qu’était véritablement le Bloc québécois auparavant. »