Le chouchou du Québec se rallie à Singh

Peter Julian
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Peter Julian

Il avait été le préféré des Québécois, mais maintenant qu’il n’aspire plus à diriger le NPD, le député Peter Julian se rallie dans la course à Jagmeet Singh. Selon lui, l’efficacité de l’Ontarien à recruter de nouveaux membres insufflera un dynamisme bienvenu au parti.

« Le tiers du membership au Québec vient de sa campagne de recrutement. Il en a recrutés 47 000 à travers le pays [sur un total de 83 000 nouveaux membres]. Ça démontre une capacité de croissance importante. Il est capable de mobiliser les gens », explique Peter Julian en entretien téléphonique avec Le Devoir. « Si on veut changer le pays, il faut qu’on soit capable de prendre le pouvoir et pour faire cela, ça prend de la capacité organisationnelle. »

M. Julian estime que le succès électoral passera par les banlieues des grandes villes où se concentre la diversité, « un secteur où on n’a pas été fort pantoute ». Selon lui, M. Singh a démontré qu’il est capable de percer là, ayant réussi au provincial à se faire élire en banlieue de Toronto et à transformer sa circonscription en « château-fort » pour le NPD ontarien.

Peter Julian avait été le premier à se lancer dans la course à la succession de Thomas Mulcair. Il a jeté l’éponge en juillet, admettant que ses résultats de financement n’avaient pas été à la hauteur des besoins de sa campagne. M. Julian était celui des cinq candidats d’alors à avoir recueilli le plus d’appuis d’élus du Québec. Cinq députés s’étaient rangés derrière lui : Alexandre Boulerice, Robert Aubin, Brigitte Sansoucy, François Choquette et Pierre-Luc Dusseault. Depuis, Mme Sansoucy et M. Choquette se sont ralliés à Niki Ashton tandis que M. Aubin a donné son appui à Guy Caron. Les deux autres n’ont pas repris position depuis.

Désormais, Guy Caron trône avec l’appui de quatre élus au Québec contre trois pour Niki Ashton et un chacun pour M. Singh et Charlie Angus. Certains militants, dont les anciens députés Pierre Dionne Labelle et Alain Giguère, ont exprimé des craintes que le choix pour chef d’un Sikh pratiquant portant turban et kirpan ne nuise aux chances électorales du parti en 2019. M. Julian ne le croit pas, affirmant que les Québécois s’attarderont plutôt à son message sur l’équité ou encore les changements climatiques.

3 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 8 septembre 2017 03 h 36

    La diversité n'est pas une qualité en soie!

    Je suis très déçue par l'appui de Peter Julian à la candidature du Jagmeet Singh. C'est sûr qu'un sikh pratiquant portant turban et kirpan nuira aux chances électorales du parti en 2019. On n’a pas besoin de porter sa religion sur sa tête pour démontrer la diversité.

  • Patrick Boulanger - Abonné 8 septembre 2017 06 h 46

    « M. Julian ne le croit pas, affirmant que les Québécois s’attarderont plutôt à son message sur l’équité ou encore les changements climatiques »?

    Je crois que M. Julian se trompe à propos de M. Singh. Mais bon... On verra comme dirait M. Legault!

  • Jacques-André Lambert - Abonné 8 septembre 2017 14 h 04

    Cynisme ou bonne conscience?

    "M. Julian estime que le succès électoral passera par les banlieues des grandes villes où se concentre la diversité."

    Si le NPD veut devenir la voix des "communautés" d'arrivée récente, grand bien lui fasse.
    Mais, à la suite de Harper, Justin itou "s'intéresse" à leur vote.

    Obtenir la majorité par l'addition des minorités est entré dans les moeurs.

    Pour moi, ce n'est qu'un calcul cynique et ne cimente en rien une nation.