Le SCRS soupçonné d’avoir espionné des militants écologistes

Le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité a amorcé des audiences mercredi afin de déterminer si les services secrets canadiens ont espionné d’un peu trop près des militants écologistes.

L’Association des droits civils de Colombie-Britannique avait déposé une plainte à ce sujet en février 2014, à la suite de reportages qui laissaient croire que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et d’autres agences gouvernementales considèrent toute opposition à l’industrie pétrolière comme une « menace à la sécurité nationale ».

L’adoption récente par le gouvernement conservateur d’une nouvelle loi antiterroriste (« C-51 ») n’a rien fait pour rassurer les groupes de défense des libertés individuelles, qui s’inquiétaient déjà de la surveillance dont feraient l’objet des militants écologistes ou autochtones opposés aux oléoducs, notamment.

Dans sa plainte, l’association des droits civils suggère que le SCRS a partagé avec l’Office national de l’énergie (ONE) des renseignements concernant des groupes environnementaux dits « radicalisés » qui souhaitaient participer aux audiences publiques de l’ONE sur un projet d’oléoduc d’Enbridge. Le pipeline Northern Gateway doit transporter le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusque sur la côte ouest, en Colombie-Britannique, pour exportation vers l’Asie, notamment.

Yves Fortier, membre du Comité de surveillance du SCRS, a amorcé ses audiences préliminaires à Vancouver mercredi, à huis clos — et en l’absence du plaignant, pour des raisons de sécurité nationale. Une décision du comité n’est pas attendue avant plusieurs mois — voire plus d’un an.