Assurance-emploi - Percé crie son indignation

Quelque 300 Gaspésiens ont dénoncé lundi la réforme conservatrice de l’assurance-emploi.
Photo: Thierry Haroun Quelque 300 Gaspésiens ont dénoncé lundi la réforme conservatrice de l’assurance-emploi.

Percé — Plus de 300 personnes ont manifesté lundi dans les rues de Percé pour dénoncer la réforme de l’assurance-emploi qui sévit déjà dans ce village mythique sis au bout du Québec.


Rencontrée dans la foule, sous un ciel gris et maussade comme pour rappeler la gravité du moment, l’artiste en arts visuels Francine Laberge est victime de ce qui est appelé le « trou noir », c’est-à-dire une période sans revenu qui s’étend jusqu’à l’ouverture de la saison touristique. Une conséquence directe du resserrement du programme fédéral qui a mis fin à un projet-pilote mis sur pied il y a quelques années et qui permettait aux prestataires de l’assurance-emploi de bénéficier de cinq semaines supplémentaires de prestation.


« Moi, je suis victime du trou noir, dit-elle en marchant d’un pas assuré malgré le froid. Je le vis depuis deux semaines. J’ai reçu un avis [de Service Canada] par la poste comme si de rien n’était sans même un avis d’une semaine. Ça fait mal de n’avoir aucun revenu quand tout ce qui rentre ce sont des comptes », souligne l’artiste avant d’ajouter qu’il « est important que [les Québécois] sachent ce qui se passe en région en ce qui concerne les conséquences de la réforme de l’assurance-emploi ».


Plus loin, Josette Mercier, une serveuse de métier qui travaille au havre culturel de l’Anse-à-Beaufils, situé à 7 kilomètre au sud Percé, dit marcher « par solidarité. Je suis contre cette réforme et je ne compte pas partir d’ici ». Visiblement mécontente de l’attitude manifestée par le gouvernement Harper dans ce dossier, Mme Mercier juge que Stephen Harper « méprise complètement le Québec et je le lui rends bien ».

 

D’autres voix s’élèvent


Dès 12 h 30, les gens se sont rassemblés près de quai pour entendre discourir politiciens, syndicalistes et citoyens engagés pour ensuite entamer une longue marche jusqu’à 14 h 30. « Chez nous, c’est non au saccage de l’assurance-emploi », lit-on sur les pancartes au milieu de la foule. Il faut savoir que 75 % des travailleurs touristiques du village seront victimes dans les prochains jours du « trou noir », tient à rappeler l’un des organisateurs de la manifestation et guide en saison estivale à l’Île-Bonaventure, Gilbert Bourget. « On sait qu’il y a des gens qui n’ont plus de prestations présentement et que, pour d’autres, c’est leur dernière semaine. Alors ce sera tout Percé qui va se retrouver victime du “ trou noir” probablement au cours des 15 prochains jours ».


« On ne lâchera pas le morceau, Monsieur ! », a soutenu de son côté le président du Conseil central CSN de la Gaspésie-les-Îles, Éric Boulay. « Le gouvernement Harper a fait une réforme sans même consulter la population, c’est du mépris envers les Gaspésiens et les Madelinots ». La préfète de la MRC du Rocher-Percé, Diane Lebouthillier, une abonnée de toutes les manifestations, tient à dire « que les politiques mur-à-mur du gouvernement fédéral comme celle de l’assurance-emploi ne conviennent pas à une région comme la nôtre et on est ici pour le dire ».


Pour sa part, le coordonnateur du Mouvement Action-Chômage de la Gaspésie, Gaétan Cousineau, a vivement réagi aux révélations du Devoir de lundi (voir texte ci-contre). « C’est précisément ce qu’on craignait. C’est-à-dire que les décisions soient prises arbitrairement par les fonctionnaires et qui coupent sans trop investiguer. Le problème est d’autant plus important que le nouveau Tribunal de la sécurité sociale est en fonction depuis le 1er avril. Par conséquent, les gens qui voudront contester auront énormément de difficulté à pouvoir régler leur cas devant les tribunaux administratifs », déplore celui qui défend la cause des chômeurs depuis plus de 20 ans.


Une grande manifestation nationale se tiendra à Montréal le 27 avril prochain.

1 commentaire
  • Franklin Bernard - Inscrit 9 avril 2013 11 h 10

    Il est bon de voir qu'à Percé on peut encore manifester...

    ...sans se faire matraquer et arrêter. On est de tout coeur avec les Percéens.

    Pour ce qui est de la manifestation prévue pour le 27 avril prochain à Montréal contre le projet anti-social et anti-démocratique de Mme Maltais, on sait d'avance qu'elle sera brutalement réprimée dès le départ par le bras armé des pouvoirs municpaux et provinciax appelé SPVM, et rapportera à nouveau quelques centaines de milliers de dollars à l'administration Appelbaum. Qu'elle pourra distribuer aux entrepreneurs en travaux publics gonfleurs de devis, qui vont boucher les nids-de-poules avec de l'asphalte pourrie.