Nominations partisanes aux libérations conditionnelles

Certains des nouveaux membres de la Commission des libérations conditionnelles nommés par Stephen Harper ont pris part aux dernières campagnes électorales du Parti conservateur.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Certains des nouveaux membres de la Commission des libérations conditionnelles nommés par Stephen Harper ont pris part aux dernières campagnes électorales du Parti conservateur.

Le gouvernement conservateur a procédé hier à la nomination de sept membres de la Commission des libérations conditionnelles, dont au moins deux Québécois qui ont le mérite d’avoir offert leurs services au Parti conservateur.

Le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a ainsi accordé un des postes convoités à Michel Lalonde. M. Lalonde siégeait au conseil d’administration de Droits et Démocratie, spécialisé en aide internationale et non en criminologie. Cet organisme, que le gouvernement conservateur avait noyauté notamment pour rectifier son orientation par rapport au conflit au Moyen-Orient, sera finalement aboli.


Michel Lalonde est un conservateur de longue date. Il a été chef de cabinet du ministre Jean-Pierre Blackburn (lui-même défait à la dernière élection et nommé depuis ambassadeur du Canada à l’UNESCO, à Paris). Il a aussi codirigé la campagne conservatrice au Québec lors de l’élection de 2008. On le présentait souvent comme un conseiller de Stephen Harper. M. Lalonde faisait partie de la filiale adéquiste au Parti conservateur, ce qui lui a valu certaines critiques d’ailleurs. Il s’est porté candidat pour l’ADQ dès ses balbutiements, en 1994. M. Lalonde devient commissaire à temps plein.


Le ministre Vic Toews a également nommé François Barron, un avocat spécialisé en droit immobilier et corporatif. M. Barron est le mari de Nicole Charbonneau Barron, qui a été candidate pour le Parti conservateur en 2008 et 2011 dans Saint-Bruno -Saint-Hubert. M. Barron était son agent financier. Mme Charbonneau Barron avait fait beaucoup parler d’elle, car elle était également la porte-parole du groupe Opus Dei, une association controversée et ultraconservatrice de laïques catholiques faisant partie de l’Église. L’Opus Dei suscite la méfiance du fait de son caractère secret : les membres sont invités à ne pas révéler leur affiliation. On y encourage les pratiques de mortification, notamment la flagellation et le port du cilice (ceinture de crin) deux heures par jour. M. Barron sera commissaire à temps partiel.


Le NPD a raillé ces deux nominations hier, parlant du « festival conservateur du népotisme ».