Ombudsman: l'armée néglige les familles des disparus

Selon l’ombudsman de la Défense nationale et des Forces canadiennes, Pierre Daigle, le gouvernement se contrefiche du sort des familles qui ont perdu un proche servant le pays.<br />
Photo: Agence Reuters Carole Morissette Selon l’ombudsman de la Défense nationale et des Forces canadiennes, Pierre Daigle, le gouvernement se contrefiche du sort des familles qui ont perdu un proche servant le pays.

Ottawa — Le gouvernement conservateur a reçu hier une deuxième remontrance sévère de la part d'un ombudsman lié aux forces armées. Après le traitement des vétérans cet été, c'est celui des familles des soldats morts en uniforme qui vient cette fois embarrasser Ottawa.

Selon l'ombudsman de la Défense nationale et des Forces canadiennes, Pierre Daigle, le gouvernement se contrefiche du sort des familles qui ont perdu un proche servant le pays. «C'est la quatrième fois que j'en parle au ministre Peter Mackay, et rien n'a été fait pour corriger la situation», a-t-il exprimé en conférence de presse à Ottawa.

«Les militaires sont très fiers de porter l'uniforme, fiers de ce qu'ils font. Mais je ne suis pas certain qu'ils seraient fiers de voir la façon dont leur famille est traitée maintenant qu'ils sont partis», affirme M. Daigle.

Il a présenté le cas de six familles éplorées par la perte d'un parent proche. Six familles qui se battent depuis des années pour comprendre dans quelles circonstances leur proche est décédé. Six familles qui n'ont encore rien obtenu, ou ont dû se battre longtemps pour recevoir les informations demandées.

«Les familles n'obtiennent pas le soutien nécessaire à la suite du décès d'un proche en service», affirme M. Daigle. Dans une lettre transmise mardi à Peter MacKay, M. Daigle se dit «très déçu» des réponses données par le ministre à ses précédentes doléances. «Les réponses insatisfaisantes que vous m'avez données à ce jour me portent à croire que les Forces canadiennes ne prennent pas au sérieux ces importants problèmes».

M. Daigle indique que ni les Forces canadiennes, ni le ministère de la Défense n'ont «pris de meures concrètes pour mener à bien les changements nécessaires» permettant aux familles de faire leur deuil: fournir des séances d'information, des rapports et des réponses relativement au décès.

Il confie aussi trouver «déplorable» que la mère d'un soldat (Stuart Langridge) ait dû exposer publiquement l'inaction des Forces canadiennes pour obtenir des réponses.

Les soldats impliqués dans le témoignage d'hier sont morts de différentes façons: blessures en Afghanistan, suicide, crise cardiaque, accident de la route. Peu importe, pour l'ombudsman, «ils sont morts en servant leur pays.»

Peter Mackay a pris bonne note des critiques de M. Daigle. «Nous reconnaissons que les membres de certaines familles ont le sentiment de ne pas avoir été assez bien renseignés sur les commissions d'enquête tenues par les Forces canadiennes», a-t-il dit. M. Mackay a fait valoir que les enquêtes sur les décès sont parfois longues, et a annoncé avoir nommé un représentant qui communiquera avec les six familles identifiées par Pierre Daigle.