Décision critiquée par l'Opposition - Day a privilégié d'anciens policiers et membres des services correctionnels

Stockwell Day, ministre fédéral de la Sécurité publique
Photo: Agence Reuters Stockwell Day, ministre fédéral de la Sécurité publique

Ottawa — Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, a privilégié la nomination d'anciens policiers et membres du Service correctionnel du Canada (SCC) au sein de la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC), depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement de Stephen Harper, en 2006.

Selon des documents gouvernementaux, parmi les 36 personnes nommées à la CNLC par M. Day depuis qu'il est devenu ministre, 23 sont des policiers à la retraite ou d'anciens travailleurs des services correctionnels fédéral et provinciaux.

La préférence affichée par le ministre pour d'ex-policiers et travailleurs des prisons suscite des critiques de la part de députés de l'opposition et d'un haut dirigeant de la Société John-Howard du Canada, qui accusent le gouvernement conservateur d'imposer sa politique d'une justice plus sévère aux services correctionnels et de réadaptation.

Ils affirment que, si c'est réellement le cas, le gouvernement conservateur fait abstraction de certains aspects des normes fédérales en matière de remise en liberté surveillée et de réadaptation des détenus.

Le député libéral Ujjal Dosanjh et son confrère néo-démocrate Joe Comartin ajoutent que cette tendance — combinée à d'autres mesures adoptées par le gouvernement afin d'accroître le rôle des policiers au sein du système de justice criminelle — indique que Ottawa risque de «politiser» les forces de police à la grandeur du pays.

«Tout le monde s'accorde à le dire, il s'agit, de mémoire, du gouvernement le plus idéologique, et il est très, très constant dans sa façon d'appliquer son idéologie et dans son mépris du fonctionnement des services correctionnels», a indiqué Craig Jones, directeur général de la Société John-Howard du Canada.

Les nominations par M. Day d'anciens policiers et travailleurs des services correctionnels au sein de la CNLC dépassent largement le nombre des nominations du même genre effectuées par l'ancienne ministre libérale de la Sécurité publique, Anne McLellan.

Mme McLellan n'a nommé que deux policiers à la retraite et un seul ancien membre des services correctionnels à la CNLC, entre 2004 et 2006, parmi les 27 nominations à cet organisme ayant alors eu lieu.