Des Canadiens au Liban attendent le feu vert d'évacuation

Ottawa — La voix de Spencer Osberg est tendue alors qu'il décrit la vie sous les bombardements à Beyrouth où il attend, comme des milliers d'autres Canadiens, une évacuation à laquelle il croit plus ou moins.

«On commence à avoir les idées moins claires, a affirmé M. Osberg lors d'une entrevue accordée depuis Beyrouth-Est. Les bombes tombent très près d'ici. Depuis mercredi dernier, j'ai dormi six ou sept heures. Il faut garder les portes ouvertes, autrement la déflagration fait éclater les vitres. J'ai l'impression que mon ouïe va rester affectée. Le vacarme est permanent dans notre appartement.»

M. Osberg, âgé de 29 ans, a quitté Halifax pour effectuer un stage dans un quotidien anglophone de Beyrouth, le Daily Star. Il a dit que les bombardements se concentraient dans les quartiers chiites et que son quartier, majoritairement habité par des chrétiens, n'avait pas encore été attaqué.

Il demeure sceptique quant à l'évacuation du pays promise par Ottawa.

«Deux jours après le début des troubles ici, j'ai appelé l'ambassade et j'ai demandé si on allait m'évacuer ou s'il fallait que je trouve moi-même un moyen pour quitter le pays, a-t-il dit.

«On m'a répondu que la situation évoluait sans cesse et qu'il n'y avait rien de certain. J'ai demandé quatre fois et on ne m'a rien dit de plus précis.»

Son amie allemande a appelée l'ambassade d'Allemagne et a reçu la confirmation qu'elle serait évacuée.

Spencer Osberg a inscrit son nom sur la liste des autorités allemandes. Ali Sayed-Ali, un résidant d'Ottawa âgé de 23 ans, habite dans le même immeuble que M. Osberg.

Lui non plus n'a pas pu avoir d'informations de l'ambassade canadienne, mais un de ses amis travaille là et il est confiant que les services consulaires font tout ce qui est possible. M. Sayed-Ali, dont la famille est originaire du Liban, s'était rendu dans ce pays pour participer à un programme de l'ONU visant à développer la démocratie.

À voir en vidéo