Faux espoirs à Caledonia

Caledonia, Ont. — La tension qui couvait entre manifestants autochtones et résidants de la municipalité ontarienne de Caledonia, près de Hamilton, a éclaté hier, après que les autochtones, qui avaient levé en matinée une barricade érigée il y a plus d'un mois, eurent reconstruit celle-ci quelques heures plus tard.

Certains croyaient que le démantèlement de la barricade permettrait de faire chuter la tension puisqu'elle bloquait la circulation sur la principale rue de Caledonia depuis son érection.

David Peterson, ancien premier ministre de l'Ontario désigné négociateur provincial dans le cadre de cette affaire, s'est rendu sur les lieux hier. Il avait précédemment dit espérer que le conflit puisse être résolu de façon pacifique en dépit des tensions palpables entre autochtones et population locale.

Bien qu'il ait dit croire que des progrès avaient été réalisés lors des négociations, M. Peterson a affirmé à des journalistes qu'il était «navrant» de voir la tournure soudainement prise par les événements.

«Nous avions le vent dans les voiles jusqu'à 11h00 ce matin, et quelque chose s'est passé», a-t-il déclaré, faisant allusion à la reconstruction de la barricade.

«Je crois que nous devons faire appel aux plus calmes afin qu'ils songent soigneusement aux conséquences de leurs gestes», a indiqué M. Peterson. «L'avenir et la réputation de la collectivité sont en jeu», a-t-il ajouté.

Des centaines de résidants de la ville se sont rassemblés de l'autre côté de la barricade, agitant des drapeaux canadiens et, à un certain moment, entonnant de façon spontanée l'hymne national.

Les autochtones ont entrepris de bloquer la circulation le 20 avril, après que la police eut tenté de déplacer de force des manifestants qui occupaient depuis le 28 février 40 hectares de terre qu'ils disent leur appartenir.

Le chef de la Confédération iroquoise, Allen McNaughton, avait indiqué lundi matin que le retrait de la barricade se voulait un geste de bonne volonté à la suite des progrès réalisés lors des pourparlers.

La tension est toutefois montée d'un cran lorsque des résidants non autochtones ont formé leur propre barricade humaine sur la route, empêchant les autochtones de passer, a indiqué Janie Jamieson, porte-parole des protestataires.

En début d'après-midi, les autochtones avaient remis en place leur barricade, et des douzaines de policiers étaient dépêchés sur les lieux afin de séparer les deux parties.

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