La CAQ ressort le passé souverainiste de Tanguay

Le député libéral Marc Tanguay en décembre 2021.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le député libéral Marc Tanguay en décembre 2021.

Soupçonnée par les libéraux de préparer en douce l’indépendance, la Coalition avenir Québec (CAQ) a sorti un lapin de son chapeau, mercredi, en rappelant le passé souverainiste du député Marc Tanguay, qui mène la charge contre eux depuis quelques jours à ce sujet.

En Chambre, le leader parlementaire caquiste, Simon Jolin-Barrette, a également rappelé que la députée libérale Christine St-Pierre a voté Oui lors des deux référendums sur la souveraineté du Québec, en 1980 et 1995.

 

M. Jolin-Barrette a répondu au leader parlementaire libéral, André Fortin, qui enjoignait au gouvernement Legault de mettre de côté « la gouvernance séparatiste », en pointant vers son collègue M. Tanguay, représentant la circonscription de LaFontaine.

« J’invite le leader de l’opposition officielle à se tourner vers sa gauche et à regarder notre estimé collègue de LaFontaine qui, lui, en 1995, était dans le camp du Oui et a appuyé cette option, et en était un fervent séparatiste, a-t-il dit. Alors, tout le monde peut évoluer. »

Une vidéo montrant M. Tanguay dans une publicité du Bloc québécois a refait surface sur les réseaux sociaux, mercredi, notamment sur un compte appartenant au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

« Moi, personnellement, je n’ai pas confiance du tout aux anciens partis », déclarait M. Tanguay dans le message publicitaire diffusé en 1990, alors que Lucien Bouchard était le chef bloquiste.

 

Conversion fédéraliste

 

Dans une entrevue au Devoir, M. Tanguay a déclaré qu’il a voté pour la souveraineté au référendum de 1995. Membre du Parti québécois (PQ) à 17 ans, il était devenu membre du Bloc automatiquement. Il est devenu membre du Parti libéral du Québec en 2006.

« Je suis fédéraliste depuis au moins 20 ans », a-t-il dit.

Ce changement est survenu en raison de la déclaration controversée du premier ministre Jacques Parizeau, qui a attribué la défaite référendaire « l’argent et des votes ethniques ».

Selon M. Tanguay, sa conversion n’est pas comparable à celles de l’ex-ministre Bernard Drainville, dont la candidature pour la CAQ a été officialisée mardi.

« Tout le monde disait que Bernard Drainville est un fervent indépendantiste, il ne l’a pas renié », a-t-il plaidé.

Lors d’un point de presse mercredi, M. Tanguay a soupçonné M. Drainville d’être un agent de la souveraineté à la CAQ, même s’il dit avoir adhéré au projet nationaliste de sa nouvelle formation politique.

« Il est trop habile pour faire comme Pierre Karl Péladeau, puis lever le poing puis dire : “On y va en référendum”, a-t-il dit. Tout ça est mis de façon cachée. Alors, la nouvelle stratégie 2.0 avec la CAQ-PQ 2.0, c’est d’essayer d’amener la population vers un référendum sans en parler, parce qu’un référendum, ça fait peur. »

En Chambre, M. Tanguay a ensuite accusé le premier ministre François Legault d’être en train de « rassembler le “dream team” de la séparation ».

« Pourquoi se chicaner avec Ottawa ? Pourquoi priorise-t-il sur le dos des Québécois sa démarche de la séparation du Québec ? », a-t-il demandé.

La semaine dernière, l’ex-premier ministre Lucien Bouchard a ramené la question de l’indépendance du Québec à l’Assemblée nationale en laissant entendre que d’autres partis pourraient succéder au PQ comme véhicule du projet souverainiste.

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