Une foule monstre au Palais des congrès pour le premier tour de l’élection présidentielle française

L’organisation de ce jour de vote a été améliorée par rapport à 2017, aux dires de plusieurs, mais des écueils demeurent.
Photo: Zacharie Goudreault L’organisation de ce jour de vote a été améliorée par rapport à 2017, aux dires de plusieurs, mais des écueils demeurent.

Des milliers de Français qui demeurent à Montréal votent ce samedi au Palais des congrès de Montréal dans le cadre du premier tour de l’élection présidentielle française, où une lutte serrée se dessine entre le président sortant Emmanuel Macron et sa principale rivale, la candidate d’extrême droite Marine Le Pen.

Personnes âgées, étudiants et parents accompagnés d’enfants en bas âge ont congestionné la ligne orange du métro – rappelant étrangement l’heure de pointe prépandémique – avant de sortir en grand nombre à la station Place-d'Armes pour converger au Palais des congrès, où Le Devoir s’est rendu en avant-midi pour faire le point sur ce premier tour de vote à l’élection présidentielle française. Celui-ci a lieu la veille du jour du premier tour de vote en France, dimanche, décalage horaire oblige.

Au moment du passage du Devoir, deux immenses files d’électeurs faisaient le tour du Palais des congrès, réquisitionné de 8 h à 19 h samedi pour l’occasion. Une file était réservée cette année aux parents accompagnés de jeunes enfants qu’ils transportaient dans leurs bras ou à l’intérieur d’une poussette. Le consulat général de France a ainsi voulu corriger une des nombreuses critiques soulevées par les ressortissants français à Montréal pendant les élections de 2017. Ceux-ci avaient alors été appelés à voter à partir du Collège Stanislas à Outremont, où le long temps d’attente pour voter en avait exaspéré plusieurs.

« C’était l’apocalypse », s’est remémoré Franck Gansmaldel, qui demeure depuis 25 ans au Québec. Lui et sa femme avaient alors dû patienter « tellement longtemps qu’on était à la fermeture du bureau de vote », a-t-il raconté au Devoir, tout en patientant pour prendre part à ce nouvel exercice démocratique, cinq ans plus tard. Quant au fonctionnement mis en place cette année, le Français n’est pas convaincu. « Ça aurait été plus simple d’avoir des horaires par nom parce que là, tout le monde arrive pêle-mêle. C’est l’embouteillage », a-t-il lancé.

« Ça m’a pris une demi-heure pour trouver le début de la ligne, donc ce n’est pas aussi bien indiqué que dans la cour [du Collège] Stanislas, on peut dire ça », a quant à lui déploré Albéric Aurteneche, tandis qu’il faisait la file sous un ciel gris. « Le problème qu’il y a, c’est un manque d’organisation dû au consulat par manque de moyens », a lancé par la suite Stéphane Durupt, qui a de son côté déploré un manque « d’effectifs » pour coordonner un exercice de vote d’aussi grande ampleur dans un seul bâtiment.

Accompagné de sa femme et d’un enfant en bas âge, Jackson Brook s’est pour sa part réjoui de l’initiative mise en place d’offrir aux familles avec enfants une voie plus rapide pour voter. « Cette année, c’est plus facile avec ma famille, donc je pense que c’est moins chaotique », a-t-il dit, souriant.

Une longue attente

 

En se tournant vers le Palais des congrès, un immense bâtiment au cœur du centre-ville, le Consulat général de France à Montréal espérait faciliter le processus de vote des électeurs français inscrits sur la liste électorale consulaire de Montréal, dont le nombre s’élève cette année à 67 132 personnes. Cela fait ainsi de la métropole un des plus importants foyers de Français à l’étranger. Ce sont donc des milliers de personnes par heure qui devraient voter samedi.

« On a un très fort achalandage, ce qui est un très bon signe pour la vitalité démocratique. Les élections sont toujours un moment très important pour la communauté française », s’est réjouie au Devoir la consule générale de France à Montréal, Sophie Lagoutte, qui a fait état d’un parcours « assez fluide » pour les électeurs réunis au Palais des Congrès, où 39 bureaux de vote ont été installés samedi au 5e étage du bâtiment.

Le temps d’attente pour les électeurs, d’abord estimé à 1 h par le consulat vers 10 h, n’a toutefois cessé de grimper depuis, passant à une 1 h 45, puis à 2 h 30 vers midi. La patience était donc de mise pour les électeurs français à Montréal, dont le nombre a augmenté de 10 000 personnes inscrites cette année à la liste électorale, par rapport à 2017.

« Je comprends que ce soit un peu long, a convenu Mme Lagoutte. On fait le maximum pour faciliter les contrôles, les accélérer, mais on a seulement quelques heures pendant lesquelles des milliers de Français viennent voter. » 

67 132

C’est le nombre d’électeurs français inscrits sur la liste électorale consulaire de Montréal, en hausse de 10 000 par rapport aux élections de 2017.

La menace de « l’extrême droite »

Pour plusieurs électeurs, leur participation à cette élection est particulièrement importante au moment où les intentions de vote se resserrent entre le président français Emmanuel Macron, au pouvoir depuis 2017, et sa principale rivale, Marine Le Pen, une candidate d’extrême droite.

« Ces élections-là, elles ont un sens particulier avec la lutte contre les changements climatiques et dans le contexte de la montée de l’extrême droite », a notamment évoqué Gaétan Noël, qui demeure au Québec depuis 10 ans.

Le second tour de vote aura lieu dans deux semaines, le samedi 23 avril, encore une fois au Palais des congrès.

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