Plante optimiste après avoir rencontré Trudeau

Avant leur rencontre, Valérie Plante s’est dite heureuse d’accueillir à nouveau Justin Trudeau, avec qui elle a dit avoir «toujours bien travaillé», indiquant qu’ils allaient discuter des différents enjeux qui touchent la métropole.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Avant leur rencontre, Valérie Plante s’est dite heureuse d’accueillir à nouveau Justin Trudeau, avec qui elle a dit avoir «toujours bien travaillé», indiquant qu’ils allaient discuter des différents enjeux qui touchent la métropole.

Justin Trudeau s’est dit ouvert « à en faire plus » pour lutter contre la prolifération des armes de poing au pays, selon la mairesse Valérie Plante, qui rencontrait le premier ministre vendredi matin à Montréal.

M. Trudeau effectuait une visite éclair à l’hôtel de ville, d’abord pour féliciter Mme Plante pour sa réélection, le 7 novembre dernier.

M. Trudeau a salué la présence d’un conseil municipal « progressiste » à Montréal, disant vouloir aborder avec Mme Plante les questions de logement, de transport collectif, de sécurité publique et, plus précisément, des armes de poing.

La flambée des événements violents impliquant des armes à feu à Montréal est un sujet de préoccupation grandissante. Tant Mme Plante que le premier ministre François Legault réclament d’Ottawa un meilleur contrôle des frontières et, surtout, l’interdiction des armes de poing.

« C’est une ouverture »

Mme Plante, qui ne s’était pas gênée dans le passé pour critiquer durement la proposition de M. Trudeau de laisser les villes décider du bannissement des armes de poing, qualifiant cette idée d’absurde, est toutefois sortie optimiste de leur rencontre.

« J’ai pu vraiment discuter à cœur ouvert avec M. Trudeau de la situation, parler des Montréalais et des Montréalaises qui se sentent moins en sécurité, les familles aussi qui ont perdu un être cher, a confié Mme Plante à l’issue de la rencontre. Ce qu’il m’a manifesté, c’est un désir d’en faire plus et pour moi, c’est une ouverture. »

« J’ai été très claire avec le premier ministre et quand il me dit qu’ils doivent en faire plus, tant mieux », a poursuivi Mme Plante, pour qui le Canada se doit d’être « un pays qui se distingue de nos voisins du Sud et où le trafic des armes, la banalisation des armes, c’est inacceptable ».

En anglais, Mme Plante a dit croire qu’Ottawa a mis au rancart pour de bon l’idée de confier aux villes la responsabilité de bannir les armes de poing. Elle a toutefois noté que le fédéral parle désormais de confier les pouvoirs et les ressources en matière de contrôle des armes à feu aux provinces. « C’est une option, mais je maintiens ma position que ce devrait être une interdiction d’un bout à l’autre du pays, ce qui est plus cohérent, plus efficace. »

Le premier ministre François Legault, qui participait à un autre événement à Montréal, a déclaré, après avoir pris connaissance de ces propos, que son gouvernement « est prêt à collaborer », mais il a aussitôt rappelé que le resserrement des contrôles aux frontières relève du fédéral.

« Protéger les frontières pour l’entrée des armes de poing, ça doit être fait à la grandeur du Canada, parce que si les armes entrent en Ontario et qu’après elles s’en viennent au Québec, on n’est pas avancés. Actuellement, il y a beaucoup trop d’armes de poing qui circulent au Canada », a-t-il dit.

Quant à la possibilité que ce soient les gouvernements provinciaux qui puissent interdire les armes de poing, M. Legault n’y a pas fait référence directement, mais ses propos sont allés dans le même sens que ceux de Valérie Plante et il a été clair sur le fait que c’était à Ottawa de prendre ses responsabilités sur cette question. « M. Trudeau, qui avait promis de les interdire [les armes de poing], là il faut qu’il agisse. Ça relève du fédéral. »

Inquiétude pour le nouveau variant

Dans un autre dossier, Mme Plante n’a pas caché une certaine inquiétude devant l’apparition d’un nouveau variant du coronavirus : « Oui, on s’inquiète parce que notre préoccupation numéro un, c’est la santé, la sécurité des gens. »

Mme Plante n’a pas voulu se prononcer sur la possibilité pour le Canada de fermer les frontières, mais elle n’a pas manqué de rappeler qu’elle avait été « celle qui avait débarqué à l’aéroport justement pour parler de l’importance de fermer les frontières lors de la première vague ».

« Ce que je comprends, c’est que le Canada veut être proactif, trouver des solutions. »

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