La CAQ fête ses 10 ans en ripostant à Labeaume

M. Legault a remercié ses militants rassemblés dans la vaste salle d’un hôtel de Trois-Rivières. 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne M. Legault a remercié ses militants rassemblés dans la vaste salle d’un hôtel de Trois-Rivières. 

La Coalition avenir Québec a amorcé samedi un rassemblement militant soulignant son 10e anniversaire en défendant ses grands projets d’infrastructures à Québec contre une sortie du maire de Québec Régis Labeaume, qui a critiqué les choix du gouvernement Legault dans ces dossiers.

Environ 850 militants caquistes se sont réunis samedi à Trois-Rivières pour adopter des propositions favorisant le développement des régions.

En fin de journée, le premier ministre François Legault est monté sur scène pour souligner l’anniversaire du parti qu’il a co-fondé en novembre 2011. M. Legault a remercié tous ceux qui ont cru en lui dans un discours prononcé devant ses militants rassemblés dans la vaste salle d’un hôtel.

« Il y a eu des hauts et des bas, a-t-il dit. Il y a eu des bouts où il n’y avait pas grand monde qui gageait sur notre victoire. »

Il a relaté la fusion avec l’Action démocratique, qui n’a pas été «si facile que ça », et le fait qu’il a notamment dû convaincre les adéquistes d’un recentrage.

« Les Québécois sont au centre, à l’extrême-centre », a déclaré le premier ministre.

M. Legault a soutenu que la CAQ est allée « chercher les meilleurs » pour faire partie de son équipe qui s’est bâtie au fil des ans, jusqu’à la prise du pouvoir en 2018.

« On a comme un dream team, a-t-il lancé. C’en est pas juste pour les autres partis. »

Le chef caquiste a soutenu que sa formation a changé le paysage politique québécois.

« Depuis 50 ans au Québec, il y avait une alternance entre les deux mêmes partis, a-t-il dit. On a réussi à casser ça et changer le paysage. »

À moins d’un an des élections, alors que son parti trône en tête des sondages depuis des mois, M. Legault a montré son optimisme.

« On parle des dix ans passés mais je veux vous dire le meilleur est en avant de nous autres », a-t-il dit.

En matinée, dans un point de presse avant le début du conseil général, M. Legault a répété qu’il a l’intention de respecter la Loi électorale qui prescrit un scrutin tous les quatre ans.

« On a une loi, on a dit clairement qu’on a des élections à date fixe donc les prochaines élections générales vont avoir lieu au début octobre 2022 », a-t-il assuré.

Alors que les propositions à l’ordre du jour s’annonçaient consensuelles, M. Legault s’est défendu d’être le seul meneur dans son parti. Il a souligné l’importance de son équipe où, selon lui, plusieurs ministres ont toutes les compétences pour le remplacer.

«Je suis heureux de voir ça, mais je suis là au moins pour un autre mandat, a-t-il dit. Ils devront attendre. »

Riposte à Labeaume

Trois ministres caquistes ont amorcé la journée en ripostant à M. Labeaume. Le maire sortant a publié vendredi une lettre de 14 pages dans laquelle il s’exprime sur les deux grands projets impliquant le gouvernement du Québec, le tramway et le troisième lien.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault s’est réjouie que M. Labeaume ne soit plus à l’hôtel de ville.

« Je pense que c’est bien qu’on puisse passer à autre chose », a-t-elle dit.

Mme Guilbault a salué l’élection du nouveau maire de Québec, Bruno Marchand, qui sera assermenté dimanche.

« Je vois d’un très bon œil la nouvelle ère qui s’annonce avec M. Marchand qui est très aimable et affable », a-t-elle ajouté.

M. Labeaume reproche au gouvernement d’avoir provoqué une hausse des coûts du projet de tramway en modifiant le tracé tardivement. Il croit également qu’un réaménagement des voies du pont Pierre-Laporte ou un projet de transport collectif sur la rive-sud permettraient d’économiser les 10 milliards $ prévus pour le tunnel Québec-Lévis projeté par la CAQ. Selon le maire, mettre fin au projet de troisième lien redonnerait espoir à la jeunesse.

Le ministre des Ressources naturelles Jonatan Julien a estimé que la sortie de M. Labeaume traduit son dépit d’avoir vu sa dauphine, Marie-Josée Savard, battue dimanche à la dernière élection municipale.

«C’est ce que je sens à travers cette lettre, un deuil à faire et un peu d’amertume également», a-t-il dit.

M. Julien, qui a été le vice-président du comité exécutif dans l’administration Labeaume, a déploré que l’ex-maire, au pouvoir pendant 14 ans, quitte en s’attaquant ainsi au gouvernement. Il a défendu la décision du gouvernement de confirmer les dépassements de 600 millions $ du tramway, en pleine campagne électorale.

« C’est certain que l’information est pertinente pour un électeur », a-t-il assuré.

À son tour, le ministre des Transports François Bonnardel a rejeté les critiques de M. Labeaume.

« Le maire a vu sa carrière se terminer après 14 ans, sa dauphine qui a perdu, il devait être déçu », a-t-il résumé.

Le tunnel permettra de réduire le temps de transit, a assuré le ministre, qui met de l’avant le transport collectif via des voies réservées.

« On ne peut pas dire que les gens ne perdent pas leur temps, ils perdent leur temps dans leur automobile », a dit le ministre.

Quant à l’ajout d’une voie réservée sur le pont Pierre-Laporte, ce n’est pas possible, a assuré le ministre.

Le premier ministre a affirmé qu’il n’était pas surpris par la sortie de l’ex-maire contre le troisième lien.

« J’ai toujours senti qu’il n’y avait pas un gros appui, a dit M. Legault. Il l’avait officiellement appuyé avant les élections. Après l’élection il a dit ce qu’il en pensait. »

Deux militants caquistes ont des doutes

Parmi les militants présents au conseil général de la CAQ, qui se termine dimanche, Sylvain Duval, délégué de la circonscription de Portneuf, est contre le projet de tunnel Québec-Lévis mis de l’avant par son parti.

« J’aimerais mieux un métro entre Lévis et Québec, a dit le résident de Grondines. Faire comme ils ont prévu avec le troisième lien ça va amener plus de chars au centre-ville. »

Un délégué de la circonscription d’Abitibi-Ouest, Louis Desrosiers, militant dans la circonscription d’Abitibi-Ouest a émis des doutes sur l’aboutissement du projet.

« C’est un gros projet industriel, peut-être que ça n’aboutira pas parce que ça coûte tellement cher, a-t-il dit en émettant l’hypothèse que le télétravail va compromettre sa nécessité.

Le militant ne s’attendait pas à de gros débat autour du cahier de propositions à adopter, qui visent tout le développement des régions.

« On ne peut pas être contre le positif », a-t-il convenu.

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