Au sommet du G20, Trudeau souhaitait des engagements climatiques plus audacieux

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a déclaré dimanche que le G20 devait agir avec un sentiment d’«urgence» pour faire face à la menace croissante de la crise climatique.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a déclaré dimanche que le G20 devait agir avec un sentiment d’«urgence» pour faire face à la menace croissante de la crise climatique.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré dimanche qu’il aurait souhaité que la rencontre du G20 de cette fin de semaine à Rome résulte en un accord plus ambitieux au sujet de la lutte aux changements climatiques, en amont de la Conférence des Nations unies sur le climat (COP26).

« Il ne fait aucun doute que le Canada et un certain nombre d’autres pays auraient aimé un langage et des engagements plus forts dans la lutte contre les changements climatiques », a-t-il convenu lors de sa conférence de presse de clôture.

« C’est le genre de choses sur lesquelles le Canada va continuer de faire pression, aux côtés de tous nos collègues. »

Il a cependant jugé que la rencontre a quand même permis de faire des « progrès significatifs », alors que les membres du Groupe des 20 ont reconnu que les pays doivent viser à maintenir le réchauffement climatique à 1,5 °C au-dessus des moyennes préindustrielles et éliminer progressivement l’utilisation du charbon et du méthane.

Dans son communiqué final, le Groupe des 20 s’est engagé à cesser le financement de nouvelles usines de charbon à l’étranger, sans s’attaquer aux productions nationales et sans donner d’échéancier pour la sortie complète de cette industrie. L’échéance pour atteindre la carboneutralité, elle, a été fixée à « la moitié du siècle », ce qui, pour certains pays, peut s’étendre jusqu’en 2060. Entre autres, la Chine prévoit une augmentation constante de ses émissions jusqu’en 2030.

Une version préliminaire du communiqué prévoyait l’abandon du charbon pour 2030 et la carboneutralité en 2050, ce qui a finalement été abandonné.

M. Trudeau a déclaré dimanche que le G20 devait agir avec un sentiment d’« urgence » pour faire face à la menace croissante de la crise climatique. « Les changements climatiques ne peuvent être niés, a-t-il publié sur Twitter, et l’action climatique ne peut être retardée. En travaillant avec nos partenaires, nous devons nous attaquer à cette crise mondiale avec urgence et ambition. »

 

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a lui aussi quitté le sommet avec « des espoirs non exaucés ». Il a dit se tourner maintenant vers la COP26.

La plupart des dirigeants du G20, y compris M. Trudeau, se rendront à Glasgow directement depuis Rome pour deux jours de négociations afin de finir d’élaborer des règles sur la façon dont l’accord de Paris mesurera les progrès et gérera les marchés d’échange de droits d’émission de carbone.

Les Nations unies ont réitéré cette semaine leurs avertissements qu’avec les politiques actuelles promises par les parties à l’accord de Paris sur le climat, la Terre se réchauffera quand même de plus de 2,7 °C d’ici la fin du siècle.

Absences remarquées

M. Trudeau a affirmé que le fait que les dirigeants du G20 aient pu se rencontrer en personne pour la première fois en 18 mois pour se pencher sur la question était un progrès en soi.

Pourtant, le président chinois, Xi Jinping, n’était pas à la table des négociations, choisissant d’y envoyer son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi.

La vice-première ministre canadienne, Chrystia Freeland, a mentionné samedi que l’absence de M. Xi n’était pas idéale. « Le G20, bien sûr, est plus efficace lorsque tous les dirigeants du G20 sont à la table, a-t-elle expliqué. Cela dit, je pense que nous devons également reconnaître que la lutte contre la COVID n’est pas encore terminée et que différents pays prendront des décisions différentes concernant les voyages internationaux. »

M. Xi était l’un des cinq dirigeants du G20 à ne pas avoir fait le déplacement. Les dirigeants de la Russie, du Mexique, du Brésil et du Japon ont également envoyé des représentants et n’ont participé eux-mêmes que virtuellement.

Mais l’importance de la Chine dans les négociations du G20 sur la fin de l’énergie provenant du charbon a rendu l’absence de M. Xi potentiellement la plus gênante. Il n’assistera pas non plus au sommet de la COP26, qui a débuté dimanche à Glasgow.

La Chine prévoit toujours de continuer à augmenter ses émissions jusqu’en 2030 et n’accepte pas de devancer son objectif de carboneutralité avant 2060.

Le G20 n’est pas seulement responsable de 80 % de la production économique mondiale, il produit également environ 80 % des émissions de gaz à effet de serre.

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