La campagne électorale municipale est lancée… de même que les hostilités

Valérie Plante et Denis Coderre croisent de nouveau le fer dans une nouvelle bataille électorale.
Photo: Marie-France Coallier et Adil Boukind Le Devoir Valérie Plante et Denis Coderre croisent de nouveau le fer dans une nouvelle bataille électorale.

La campagne électorale municipale a officiellement débuté vendredi. Quatre ans après leur premier affrontement, Valérie Plante et Denis Coderre ont donné le coup d’envoi aux hostilités en prévision du scrutin du 7 novembre.

Accompagnée de ses candidats aux 19 mairies d’arrondissement, la mairesse sortante et chef de Projet Montréal a dépeint son principal adversaire, Denis Coderre, comme un politicien d’une autre époque « qui n’a pas digéré sa défaite de 2017 ». « On va être clairs : Denis Coderre, c’est l’homme du passé qui se représente à nouveau, sans vision, sans plan », a-t-elle dit. « Ça fait trop de fois que Denis Coderre manipule les faits et qu’il change d’idée selon le public à qui il s’adresse ou en fonction de ses propres intérêts. »

Elle a reproché à son adversaire d’avoir reculé dans plusieurs dossiers depuis qu’il s’est lancé dans la course à la mairie de Montréal, notamment quand il a renoncé à interdire l’alcool dans les parcs après 20 h ou quand il a suggéré de permettre la construction de gratte-ciels plus haut que le mont Royal, avant de revenir sur son projet dimanche dernier.

Projet Montréal n’a pas encore dévoilé sa plateforme électorale, mais Valérie Plante soutient que la mobilité sera au centre des priorités de Projet Montréal, tout comme les dossiers d’habitation et de sécurité publique.

Sécurité publique et leadership

En début d’après-midi, Denis Coderre s’est rendu à l’hôtel de ville pour déposer son bulletin de candidature au bureau du président d’élection. Il a admis que ce geste avait suscité chez lui une certaine émotion après quatre ans à l’écart de la politique active. « C’est émouvant parce que ça fait partie de mon propre processus personnel de résilience. J’ai toujours aimé avec passion cette ville. J’ai toujours aimé la politique. J’ai toujours aimé les gens. J’ai broyé du noir et je devais retrouver l’humain réel », a-t-il expliqué.

Denis Coderre a dit ne rien prendre pour acquis dans cette course à la mairie, mais il a esquivé les attaques de son adversaire. « Les Montréalais vont voir en moi quelqu’un qui va travailler sur les enjeux. Je n’ai pas de temps à perdre à traiter les autres de noms. On va être factuels et on a des enjeux de sécurité dont il faut s’occuper », a-t-il dit. « Pendant quatre ans, il y a eu un problème de leadership et de gestion. Il y a des gens qui sont dépassés par les événements. »

Selon lui, la sécurité publique sera l’enjeu central de cette campagne électorale alors que les fusillades se multiplient dans la métropole.

Ensemble Montréal tiendra un rassemblement vendredi soir.

Le chef de Mouvement Montréal, Balarama Holness, a lui aussi donné le coup d’envoi à sa campagne vendredi matin. Avec 35 candidats dans 11 arrondissements, l’ancien joueur des Alouettes et candidat à la mairie de Montréal estime que son parti représente l’« alternative de Plante-Coderre ». « On a vu des administrations qui sont toujours en chicane et divisent la ville. Mouvement Montréal veut s’assurer d’avoir des politiques pragmatiques pour s’occuper des besoins réels des Montréalais et Montréalaises », a-t-il expliqué.

Des élections dans toutes les villes

À trois jours de la fin de la campagne électorale fédérale, le festival des pancartes électorales a repris de plus belle vendredi avec le début officiel de la campagne municipale au Québec. Les citoyens de 1100 municipalités seront appelés aux urnes le 7 novembre pour choisir leurs élus municipaux.

Les citoyens éligibles, mais « particulièrement les femmes et les jeunes de 35 ans et moins », sont invités à présenter leur candidature, indique l’Union des municipalités du Québec (UMQ), qui dit avoir déployé des campagnes en ce sens afin de favoriser des conseils municipaux plus représentatifs des communautés locales.

L’association de municipalités explique qu’aux élections municipales de 2017, les femmes représentaient 32,4 % des élus, et les jeunes de 18 à 35 ans, 8,3 %.

« C’est en effet d’abord au municipal que les grands enjeux de l’heure, tels que les changements climatiques et la protection de l’environnement, la dématérialisation de l’économie ainsi que l’inclusion et la diversité, ont des impacts directs sur le quotidien des gens », plaide l’UMQ.

Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) indique que toutes les mesures sanitaires en vigueur au moment des élections seront respectées dans les bureaux de vote, dont le port du couvre-visage, la distanciation physique et la désinfection des mains.

Cette année, des bureaux de vote itinérants ne seront pas installés dans les résidences pour personnes aînées et dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), indique le DGEQ, mais il sera possible pour les résidents de voter par la poste.

Le vote postal sera également offert aux personnes qui doivent s’isoler pour respecter les directives des autorités de santé publique, aux personnes qui résident à leur domicile, mais qui ne peuvent pas se déplacer pour des raisons de santé, et leur proche aidant habitant à la même adresse.

Avec La Presse canadienne

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