Nous ne laisserons pas la voix de l’Est-du-Québec s’affaiblir

«Une circonscription électorale, ce n’est pas une simple collection de municipalités réunies sur une carte», écrivent les auteurs. Sur la photo, on aperçoit la ville de Carleton-sur-Mer, en Gaspésie.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Une circonscription électorale, ce n’est pas une simple collection de municipalités réunies sur une carte», écrivent les auteurs. Sur la photo, on aperçoit la ville de Carleton-sur-Mer, en Gaspésie.

Le 29 juillet dernier, la Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales a présenté une proposition de redécoupage électoral, redessinant les limites des 78 circonscriptions fédérales du Québec et supprimant la circonscription d’Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia, située dans l’Est-du-Québec.

Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia, c’est un territoire rural, côtier, agricole et forestier qui chevauche le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. C’est quelque 14 000 km2, 2 communautés autochtones et 56 municipalités regroupées dans 4 municipalités régionales de comté (MRC). Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia, c’est plus de 70 000 personnes de coeur, établies sur un territoire immense, empreint d’histoire, avec sa couleur, son identité propre et toutes ses complexités.

Faire disparaître Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia apparaît inimaginable. Concrètement, la circonscription serait scindée en deux pour intégrer d’un côté le comté de Rimouski-Neigette–Témiscouata–Les Basques, et de l’autre, la circonscription de Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.

Le nouveau tracé passerait en plein coeur des MRC de La Matapédia et de La Matanie, séparant ainsi des villages et des municipalités qui ont beaucoup en commun et qui ont toujours travaillé ensemble, sans égards aux spécificités du mode actuel de gouvernance des territoires et de son importance historique pour le Québec.

 

Certes, la proposition de redécoupage électoral est basée sur une logique : celle que la population québécoise soit répartie de façon équitable entre ses 78 circonscriptions. D’une perspective mathématique, cela semble logique.

Là où le bât blesse, c’est que l’argument démographique semble être le seul élément pris en compte par la Commission. La réalité régionale et territoriale est balayée du revers de la main sans égards aux défis encore plus grands que ce redécoupage engendrerait, notamment une superficie exagérément vaste pour les circonscriptions restantes.

Plus important encore, ce redécoupage supprimerait l’une des quatre voix de l’Est-du-Québec à la Chambre des communes et affaiblirait ainsi son poids politique.

Ce n’est pas la première fois que l’Est-du-Québec voit son poids politique s’effriter. Déjà, dans les années 1990, la région avait perdu une circonscription électorale et, du même coup, une voix importante au Parlement. Ce que la Commission suggère, c’est de restreindre notre coin de pays à seulement trois représentants. Trois voix pour représenter les citoyens de territoires aussi grands que ceux de pays européens qui, eux, peuvent compter sur des parlements complets pour les administrer.

Si nous laissons cette proposition aller de l’avant sans rien dire, c’est non seulement la population de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent qui en souffrira, mais également son développement régional. Une circonscription électorale, ce n’est pas une simple collection de municipalités réunies sur une carte. C’est un territoire où des gens qui se ressemblent se rassemblent pour travailler à la chose la plus noble qui puisse exister : le bien commun.

Au cours des prochains mois, nous nous mobiliserons et nous ferons front commun pour que cette proposition soit retirée et que la circonscription de Avignon–La Mitis–Matane–Matapédia reste telle quelle. Les audiences publiques débuteront dès le 6 septembre prochain et nous nous y ferons entendre. Peu importe votre allégeance politique ou l’endroit où vous habitez, joignez votre voix à la nôtre.

Chers concitoyens, nous avons besoin de votre appui. Ce n’est ni un enjeu qui a une couleur politique, ni un enjeu partisan. C’est une simple question de représentation juste. C’est une simple question de démocratie.

* Ce texte est cosigné par 

Kristina Michaud, députée d’Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia

Maxime Blanchette-Joncas, député de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques

Bernard Généreux, député de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup

Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia

Harold LeBel, député de Rimouski

Méganne Perry Mélançon, députée de Gaspé 

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

Sylvain Roy, député de Bonaventure

Marie-Eve Proulx, députée de Côte-du-Sud

Mathieu Lapointe, président de la Table des préfets de la Gaspésie, préfet de la MRC d’Avignon et maire de Carleton-sur-Mer

Bertin Denis, préfet de la MRC des Basques

Daniel Côté, préfet de la MRC Côte-de-Gaspé et maire de Gaspé

Bruno Paradis, préfet de la MRC de La Mitis et maire de Price 

Francis Saint-Pierre, préfet de la MRC de Rimouski-Neigette et maire de Saint-Anaclet-de-Lessard

Andrew Turcotte, préfet de la MRC de La Matanie et maire de Sainte-Félicité 

Guy Bernatchez, préfet de la MRC de La Haute-Gaspésie

Sylvain Roy, préfet de la MRC de Kamouraska 

Jean-François Fortin, maire de Sainte-Flavie, ancien député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia et professeur de sciences politiques au Cégep de Rimouski

Sylvie Blanchette, mairesse d’Amqui

Eddy Métivier, maire de Matane

Martin Soucy, maire de Mont-Joli

Jimmy Valcourt, maire de Sainte-Angèle-de-Mérici

Magella Roussel, maire de Saint-Joseph-de-Lepage

Philippe Guilbert, maire de Trois-Pistoles

Danielle Doyer, ancienne députée de Matapédia et ancienne mairesse de Mont-Joli

Paul Crête, ancien député de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup

André Simard, ancien député de Kamouraska-Témiscouata et maire de Saint-Roch-des-Aulnaies 

Guylaine Sirois, ancienne préfète de la MRC de Témiscouata

Sylvain Hudon, ancien maire de La Pocatière

Jean-Pierre Rioux, ancien maire de Trois-Pistoles 

Gaétan Ouellet, ancien maire de Témiscouata-sur-le-Lac

Gilles Caron, ancien maire de Témiscouata-sur-le-Lac

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