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«Il ne tient qu’à vous et à moi de changer la situation», écrit l'auteur.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Il ne tient qu’à vous et à moi de changer la situation», écrit l'auteur.

Comme beaucoup de gens en ce dimanche, j’ai été surpris par l’annulation de la parade de la fierté. Ce défilé qui réunit une communauté, une exposition au reste de la société. Un moment où chacun peut être soi-même, où nous pouvons célébrer la diversité d’être.

Parce que oui, encore en 2022, il y a des tabous et il faut garder cette vitrine pour éduquer, sensibiliser et informer les gens sur ce que c’est d’être 2SLGBTQIA+.

Après les messages d’amis frustrés, d’autres déçus, d’autres révoltés, je me suis questionné sur les raisons de l’annulation. Est-ce que c’est vraiment le manque de 80 personnes bénévoles pour la sécurité qui a fait annuler le défilé ?

Si c’était le cas et si j’étais membre du comité, j’aurais appelé ma soeur, ma mère, mes amis, mes cousins, les amis de mes amis pour dire : j’ai besoin de toi maintenant ! J’aurais fait des pieds et des mains pour éviter d’annuler un événement où commanditaires, médias, artistes, politiciens sont impliqués. En même temps, je n’étais pas là lors de la prise de décision. Alors qui suis-je pour juger ?

Par la suite, je me suis posé la question : pourquoi ne pas m’impliquer dans ce comité ? Pourquoi ne pas apporter mon soutien à ma communauté ? On le dit souvent, un petit geste peut faire la différence. Peut-être que ma présence aurait changé quelque chose à cette situation !

Selon les données que j’ai trouvées (datant de 2007), 37 % des Québécois font du bénévolat, comparativement à la moyenne nationale qui est de 46 %. Le Canada n’a rien à nous envier sur ce point. À la suite des deux dernières années, je crois que nous devons reprendre le flambeau et aider nos communautés encore plus.

Nous sommes probablement la société la plus sociale-démocrate, ou presque, d’Amérique du Nord. Où est notre sens de l’entraide ? En écrivant ces quelques lignes, je me juge moi-même. Jeune, j’étais bénévole pour différents organismes. Adulte, non ! J’ai perdu ce sens de donner au suivant et de donner de mon temps.

Alors, nous avons beau crier au scandale, crier à l’injustice, mais si nous avions été présents, impliqués dans l’organisation de cet événement qui représente notre communauté, de cette semaine de la fierté, cette situation n’aurait jamais eu lieu. D’une certaine manière, nous n’avons que nous à blâmer. Moi, j’en prends bonne note et sachez que l’an prochain, je serai présent pour ma communauté et je serai là pour apporter mon soutien à l’organisation. Encore plus, je veux faire partie de cette organisation et faire en sorte que cette situation ne se représente plus jamais. Qu’un manque de bénévoles ne soit pas la raison de l’annulation d’un défilé.

Soyons fiers de ce que nous sommes et un peu de soutien, ne serait-ce qu’un soir de bénévolat, peut tout changer. Il ne tient qu’à vous et à moi de changer la situation. Alors, on se voit l’an prochain ? Rendons la noblesse à cette semaine de la fierté qui fait de Montréal une ville unique et fière de son authenticité à travers le monde.

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