Sans les municipalités, point de salut sur le plan du logement

«Il va de soi qu’il faut se pencher sur le rôle des municipalités au chapitre du logement parce que, qu’il s’agisse de zonage, de permis, d’aménagement ou de préservation des espaces verts, ce sont tous des champs de responsabilité des municipalités», pense l'autrice.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne «Il va de soi qu’il faut se pencher sur le rôle des municipalités au chapitre du logement parce que, qu’il s’agisse de zonage, de permis, d’aménagement ou de préservation des espaces verts, ce sont tous des champs de responsabilité des municipalités», pense l'autrice.

Trouver un logement abordable est maintenant angoissant pour un grand nombre d’entre nous, qu’on soit une famille à la recherche d’une première maison, un couple âgé voulant un logement plus petit ou quiconque ayant besoin d’un logement locatif à la portée de ses moyens.

En sommes-nous vraiment surpris ? Le coût de l’habitation a atteint des sommets sans précédent partout au pays, au point que certains qui avaient déjà de la difficulté sont aujourd’hui forcés d’abandonner leur habitation et, souvent même, leur collectivité.

Il va de soi qu’il faut se pencher sur le rôle des municipalités au chapitre du logement parce que, qu’il s’agisse de zonage, de permis, d’aménagement ou de préservation des espaces verts, ce sont tous des champs de responsabilité des municipalités. Elles assurent également la sécurité de nos quartiers et veillent à ce que la vie y soit agréable en fournissant des infrastructures comme des bibliothèques et des centres récréatifs, ainsi que les services essentiels comme le déneigement des rues et des trottoirs et la collecte des matières.

Je constate que les élus municipaux savent tous qu’il faut en faire encore plus, plus vite. La plupart placent le logement au tout premier rang de leurs priorités et parlent des solutions qu’ils mettent de l’avant depuis des années.

Ils savent cependant qu’ils ne peuvent pas y arriver seuls.

La vérité, c’est que la crise du logement ne date pas d’hier. Durant toutes les années où j’ai milité pour les collectivités, j’ai vu cette crise s’aggraver. Je n’ai aucun doute qu’une des principales raisons est que les gouvernements ont renoncé, à un certain moment, à leur responsabilité en matière de logement.

Au point où nous en sommes, la seule façon d’améliorer correctement la situation pour les citoyens est d’appliquer une pensée systémique et des mesures axées sur les résultats. Il faut donc travailler bien plus efficacement entre gouvernements. Pour relever les très nombreux défis du XXIe siècle, nous devons collaborer rapidement, en tout temps.

Il sera donc primordial de ne pas contourner les municipalités, mais de travailler de concert avec elles.

 

Nos trois ordres de gouvernement — provincial et territorial, fédéral, et municipal — ont chacun un rôle à jouer pour relever ce défi gigantesque, tout comme le secteur à but non lucratif et le secteur privé.

D’ailleurs, il ne faut pas commettre l’erreur de nous concentrer seulement sur les acheteurs de la classe moyenne à la recherche d’une maison en banlieue.

Les solutions que nous devons mettre de l’avant doivent profiter à toutes les populations, y compris celles des collectivités rurales et éloignées et celles aux prises avec l’itinérance chronique. L’une de ces solutions essentielles consiste à élaborer conjointement une stratégie du logement pour les Autochtones. N’oublions pas que si chacun a son propre logement, les pressions sur les soins de santé et les mesures de soutien social seront allégées. D’où l’importance d’adopter une approche de planification plus globale et équitable en utilisant un ensemble complet de mesures de soutien pour ceux qui en ont besoin.

Certes, les défis sont nombreux, mais ils ne doivent pas servir de prétexte à l’inaction.

Voici une solution bien réelle pour agir rapidement : en seulement 18 mois, pendant la pandémie, l’Initiative pour la création rapide de logements a donné lieu à une collaboration sans précédent et a permis de fournir des milliers de logements pour des personnes vulnérables, et en prépare des milliers d’autres.

Dans son budget de 2022, Ottawa a prévu quatre milliards de dollars pour le nouveau fonds pour accélérer la construction de logements. S’il est conçu directement avec les municipalités, il pourrait apporter des progrès transformationnels et offrir des solutions de logement pour un plus grand nombre de personnes.

Mais cette mesure ne réglera pas tout : il faut collaborer pour améliorer les programmes actuels de logement et élargir ce qui donne de bons résultats. Collectivement, ces mesures nous permettraient d’atteindre avec cohésion nos objectifs relatifs au logement, à l’abordabilité et aux changements climatiques.

La solution à la crise du logement passe par l’action — une action coordonnée, ambitieuse et immédiate.

Pour que cette action se concrétise, tous les partenaires doivent être à la table, mettre la population au cœur de leurs effortset viser le même but fondamental : fournir à tous un logement sûr et abordable.

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