Pour un vrai ministère des Aînés

Pour tout individu, le fait d’avoir 65 ans devrait en faire le client prioritaire d’un seul ministère.
Photo: Olivier Zuida (Archives) Le Devoir Pour tout individu, le fait d’avoir 65 ans devrait en faire le client prioritaire d’un seul ministère.

L’énergie que ma conjointe et moi avons dû déployer depuis deux ans pour nous occuper de personnes âgées de notre famille équivaut pratiquement à un emploi à temps partiel, pour nous qui sommes déjà retraités. Et cela ne compte pas uniquement les moments que nous avons passés avec ces personnes, qui, finalement, sont la partie la plus réconfortante de ce temps. C’est plutôt les déplacements, les périodes d’attente pour les visites médicales et surtout les multiples démarches téléphoniques auprès des services publics ou privés, avec attente en ligne, pour le moindre changement d’adresse, le moindre renseignement ou la moindre explication sur un formulaire à remplir, sur la case à cocher, avec toutes les contraintes liées à la confidentialité des renseignements personnels.

La lourdeur de cette aide aux personnes âgées varie au gré des semaines, autant pour une personne semi-autonome qui vit en hébergement privé que pour une personne visée par un mandat de protection homologué, qui vit en résidence pour aînés et pour laquelle toutes les décisions touchant son bien-être ou ses biens incombent au mandataire.

S’il est une donnée totalement factuelle et indéniable de notre société, c’est bien l’âge d’une personne ; quand cette personne atteint 65 ans, cela devrait déclencher, autant dans les services privés que dans les services publics, un mécanisme automatique de bienvenue pour cette personne et de facilitation des contacts avec elle. Un peu à l’exemple de la Sécurité de la vieillesse du gouvernement fédéral, qui nous offre la possibilité de demander la contribution universelle à l’approche de nos 65 ans.

Pour tout individu, quels que soient son degré de scolarité, sa situation professionnelle ou financière, et son état de santé, l’atteinte de ses 65 ans devrait en faire le client prioritaire d’un seul ministère du gouvernement et d’une catégorie particulière de services dans toute municipalité ou entreprise privée. Cela demande que, dans ces unités administratives qui leur sont réservées, les aînés puissent traiter avec du personnel formé pour cette clientèle et au fait de toute la gamme des problèmes et des solutions qui se rapportent à celle-ci.

Civilité renouvelée

Un véritable ministère des Aînés (MA) devrait donc être l’instance unique où une personne de 65 ans et plus (et ses proches aidants s’il y a lieu) est dûment enregistrée et à laquelle elle peut s’adresser, pour toute question relative à l’obtention d’un service public, en matière de santé, d’hébergement, de transport, de fiscalité, d’assurance, etc. Il reviendrait au personnel du MA d’avoir la disponibilité, l’ouverture et les antennes nécessaires dans tous les autres ministères, de façon à avoir devant les yeux un portrait complet du dossier de ce client aîné pour le guider dans toute question qu’il soumet.

Le MA devrait aussi établir des liens avec les municipalités et les entreprises privées pour faciliter la mise en œuvre dans chacune d’elles des canaux de communication simplifiés et efficaces envers les aînés. Ainsi, non seulement le MA constituerait une adaptation de l’État et de la société civile au phénomène du vieillissement, mais il donnerait en plus le signal d’une civilité renouvelée et d’une reconnaissance à l’égard des personnes qui ont consacré une grande partie de leur vie à la vitalité de la société.

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