Quand la critique d’un sport tourne au dérapage idéologique

«Le hockey fait partie intégrante de la culture québécoise», écrit l'auteur.
Photo: Bruce Bennett/Getty Images/AFP «Le hockey fait partie intégrante de la culture québécoise», écrit l'auteur.

Le présent texte se veut une réplique à l’article de Stéphane Baillargeon intitulé « Le hockey comme dernier bastion de la masculinité virile » (Le Devoir, le 30 juin 2021).

En associant le hockey au domaine des « hostilités mâles », l’auteur se laisse entraîner dans une tirade empreinte d’un biais idéologique criant et désolant.

Commençons par signaler qu’il n’y a pas que les hommes qui jouent au hockey. Comment peut-on prétendre, en 2021, que ce sport appartient à un « univers d’hommes d’ancien modèle » alors que nous sommes dans une époque marquée par une pleine émancipation des femmes, y compris dans le monde du hockey ? Les femmes pratiquent ce sport de plus en plus, et c’est heureux qu’elles le fassent. Le hockey devient donc leur « bastion » aussi, selon l’expression du journaliste. C’est la même chose pour le soccer.

Le hockey n’est donc pas réservé aux seuls hommes. Il est aussi un sport très physique, comme le football ou le rugby. Ce n’est pas différent pour les femmes, bien que les mises en échec y soient plus réglementées. Les femmes pratiquent également la boxe. Le combat y est tout autant « viril ».

Marie-Ève Dicaire ne ferait donc qu’imiter ces vilaines « hostilités mâles » ? Pourtant, notre athlète québécoise devrait bénéficier de toute notre admiration. Elle a le mérite de briser tous les stéréotypes concernant la « féminité » dans le sport.

Ajoutons que les femmes combattent aussi dans l’UFC, au même titre que les hommes, et il y a là toute une hostilité ! On ne peut cependant pas, en vertu de l’égalité entre les sexes, justifier de les exclure. À moins que ce sport soit rayé de la carte, pour tous et toutes. Mais ce n’est pas ce qui se dessine.

Qu’il y ait un niveau de violence insensé toléré dans la LNH, notamment en ce qui concerne les coups à la tête ou les combats, soit. Tout cela devrait être sévèrement sanctionné, voire banni. Bien des joueurs de hockey le réclament, entre autres au Québec ; mais les blocages proviennent surtout du marché américain et de dirigeants de la LNH qui n’en ont que pour les profits.

Malgré tout, le hockey fait partie intégrante de la culture québécoise. Chez les hommes comme chez les femmes. Il demeure un sport palpitant, rapide, physique et extrêmement exigeant. Je participe moi-même au tournoi annuel de la Ligue de hockey des personnels des universités et cégeps.

Des professeurs, des employés de soutien et des cadres, jeunes et moins jeunes, s’y joignent pour rivaliser. Ceux-ci ne sont pas pour autant des brutes et des « machos » d’une autre époque. Malgré le jeu solide et serré, l’ambiance demeure cordiale et festive.

Malheureusement, au Québec comme ailleurs, plusieurs intellectuels baignent dans le postmodernisme et rêvent à un communautarisme sans vagues ni rapports de force, voire à la disparition des différenciations sexuelles, les hommes et la virilité étant préférablement mis à l’index. Mais, quoi qu’on en dise, ces différences sont et seront toujours là. Elles ne disparaîtront pas.

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