Donner un nouveau sens à l’identité québécoise

«Les identités québécoises ne sont pas mutuellement exclusives. Elles se nourrissent l’une de l’autre et permettent une coexistence pacifique tout en enracinant les habitants du Québec dans le territoire que nous avons toutes et tous l’obligation de partager», écrit l'auteur.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Les identités québécoises ne sont pas mutuellement exclusives. Elles se nourrissent l’une de l’autre et permettent une coexistence pacifique tout en enracinant les habitants du Québec dans le territoire que nous avons toutes et tous l’obligation de partager», écrit l'auteur.

Dans sa lettre intitulée « Prendre congé de la gauche identitaire » publiée le 9 décembre, l’essayiste Alexandre Poulin brosse un portrait grossier et réducteur d’une gauche qu’il juge incompatible avec sa vision du Québec, déclarant « qu’il est impossible de formuler un projet politique à partir de cette célébration des différences en ce que celles-ci tendent à ériger des cloisons et non des ponts entre nous ».

Cette vision conservatrice et archaïque de la citoyenneté et de l’identité est relayée à répétition par plusieurs chroniqueurs et penseurs de la sphère médiatique québécoise qui se drapent de vertu face à une supposée hystérie propre à notre jeunesse fougueuse. Or, les dissonances cognitives au sein du discours de ces idéologues sont si évidentes qu’il est essentiel de leur rappeler en quoi leur rhétorique est soit fondamentalement incohérente, soit potentiellement dangereuse.

L’érection de l’identité ou de la nation québécoise comme un fait permanent fait abstraction de l’essence même de cette identité, soit qu’elle est précisément construite autour d’une différence. Tout comme les identitaires « woke » qu’on accuse de nourrir la division, les nationalistes conservateurs québécois se réfugient autour d’une caractéristique individuelle qui les sépare du reste de l’Amérique, soit la langue, afin de défendre un projet politique de nation. Le « Québec », comme on l’entend dans le texte, n’existe pas aujourd’hui parce qu’il existe de fait, mais parce qu’il est nécessaire à la protection de l’identité canadienne-française. Ironiquement, cette rhétorique s’apparente à celle des fédéralistes canadiens qui souhaiteraient qu’on dépasse nos différences linguistiques afin de s’unir autour d’une autre différence, celle de la fidélité à l’Empire britannique dans une Amérique qui s’en serait affranchie au XVIIIe siècle. Autrement dit, on fait subir aux autres ce qu’on nous fait subir.

Il est incompréhensible que les identitaires des deux côtés du spectre ne voient justement pas ce qui les relie fondamentalement : la défense d’une identité par la réunion communautaire. Toute personne québécoise, qu’elle soit d’origine attikamek, innue, kanyen’kehà:ka, canadienne-française, canadienne-anglaise, haïtienne ou algérienne, doit combattre quotidiennement afin d’affirmer son droit d’exister dans un monde qui souhaiterait l’effacer. C’est précisément sur ce terrain que devrait se développer notre nouveau sens de l’identité québécoise. Ces déclarations n’invalident en aucun cas la nécessité de développer une nation québécoise ou de protéger la langue française comme lieu commun ; elles indiquent simplement dans quel sens il est inévitable que nous évoluons si nous désirons survivre, comme nous l’avons fait au XXe siècle en nous affranchissant de la domination religieuse.

Identité violette

Loin d’être incompatible avec un projet national, la célébration des différences est essentielle à sa santé. N’est-ce pas précisément le rejet de l’autre qui a mené à l’échec du dernier référendum ? N’est-ce pas l’abandon du spectre rouge-bleu de Duplessis qui a amorcé l’émergence du Québec moderne dans lequel nous vivons aujourd’hui ? N’est-ce pas la guerre aux symboles de tous genres qui divise si fortement les Québécois en 2020 ? Il est certainement plus difficile de développer une identité violette qu’une identité rouge ou bleu, mais il est impossible de maintenir ces dernières dans le temps sans qu’elles mènent à la violence ou à la révolte. Les Canadiens français du Québec devraient facilement le comprendre.

Les identités québécoises ne sont pas mutuellement exclusives. Elles se nourrissent l’une de l’autre et permettent une coexistence pacifique tout en enracinant les habitants du Québec dans le territoire que nous avons toutes et tous l’obligation de partager. Au sein de ce pétro-État extractiviste hérité du colonialisme, à l’heure de la crise climatique, il devrait être urgent pour nous de repositionner ce territoire commun que nous partageons comme la première assise de notre société. C’est ce respect de la terre qui nous a permis d’y vivre en paix dans le passé et nous ne devrions jamais oublier que c’est à cette vallée du Saint-Laurent, à cet endroit où le fleuve se rétrécit, que nous devons nos survies passées, présentes et futures.

58 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 11 décembre 2020 00 h 43

    Les lois promulguées par l'Assemblée nationale doivent avoir préséance sur les croyances religieuses.

    Je m'excuse, mais je ne suis pas d'accord avec vous. Je pense sincèrement que c'est impossible d'avoir un projet de société commune si quelques communautés ethniques consacrent leur loyauté à leur religion d'abord avant les lois promulguées par le parlement.
    Les identitaires sont ceux et celles qui placent leurs valeurs ethniques et religieuses avant le bien commun et le bien vivre ensemble.
    L'ouverture à la diversité ne veut pas dire s'ouvrir à l'obscurantisme et à la misogynie.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 décembre 2020 08 h 16

      Comme vous le dites si bien Mme Alexan, le communautarisme limite le commun entre personnes vivant sur un même territoire parce qu'il récuse la construction et l'affirmation politique d'un vivre-ensemble collectivement défini.

      Ce faisant, ils banalisent les débats et les décisions assurant un vivre-ensemble révélateur d'une communauté politique construite par les hommes et les femmes avec des règles définissant le socle politique d'un vivre-ensemble qui se révèle dans les institutions communes.

    • Claude Bariteau - Abonné 11 décembre 2020 08 h 58

      Lire «ils banalisent» dans les termes suivants : «ses adeptes banalisent».

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 décembre 2020 09 h 18

      @ Nadia Alexan,

      "Je pense sincèrement que c'est impossible d'avoir un projet de société commune si quelques communautés ethniques consacrent leur loyauté à leur religion d'abord avant les lois promulguées par le parlement." - Nadia Alexan

      Toutes les communautés culturelles et religieuses respectent nos lois au Québec.*

      Vous faites comme Mathieu Bock-Côté.

      Vous inventez des problèmes pour mieux pouvoir vous indigner contre une situation qui n'existe pas. Et qui plus est, contre des minorités culturelles que vous désignez comme une prétendue menace.

      * Ne nous sortez-pas encore vos cas anecdotiques pour défendre vos généralisations.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 décembre 2020 09 h 55

      Ah! Non, je suis encore d’accord avec vous Mme Alexan. Oui, les lois promulguées par l'Assemblée nationale qui ont été votées démocratiquement et qui reflètent l’assentiment de plus de 70% des Québécois doivent avoir préséance sur les croyances personnelles de quelques individus. Nous ne vivons pas en terre théocratique et nous ne supportons pas les sentiments hyper-individualismes de certains grands prêtres multiculturalistes autoproclamés. La collectivité en communion sociale a bien meilleur goût.

      Non, ce n’est pas le rejet de l’autre qui a mené à l’échec du dernier référendum, mais bien l’argent et le vote ethnique. Lorsqu’on vote à plus de 95% contre le fait français, le Québec et les Français d’Amérique et qu’on soutient les colonialistes et les orangistes, on en perd son latin. Pourtant, le Parti québécois avait fait des mains et des pieds pour inviter les nouveaux arrivants dans la grande famille québécoise.

      Non, ce n’est pas la guerre aux symboles de tous genres qui divise si fortement les Québécois en 2020, mais l’imposition d’idéologies politico-religieuses obscurantistes, misogynes et homophobes venues d’ailleurs dans la société. Curieusement, on ne pourrait pas faire de même dans leur pays d’origine et aller imposer notre culture et nos valeurs comme ils veulent le faire ici. En utilisant des chartes moribondes que le Québec n’a pas signées ou entérinées, ils veulent tout simplement recréer leur coin de pays avec les mêmes conditions qui les a fait fuir. Ce multiculturalisme promulgué par une entité étrangère (Ottawa) dissout les peuples fondateurs et relèguent aux calendes grecques, les aspirations et les revendications non seulement du peuple québécois, mais aussi celles des premières nations, la Loi sur les Indiens et les prisons à ciel ouvert obligent.

      Curieux tout de même que l’auteur fasse allusion au pétro-État qu’est le Canada et pourtant, s’aligne contre les aspirations nationalistes du Québec. Québec solidaire, sort de ce corps.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 11 décembre 2020 10 h 28

      Monsieur Provencher s'entête à promouvoir la "célébration des différences". Cette attitude est mortifère. Il oublie qu'une société qui désire devenir pérenne doit miser sur ce qui unit et résolument écarter ce qui divise.

      Monsieur Provencher semble aussi prendre pour acquis, en bon "blanc progressiste", que les Premières Nations font partie de l'identité québécoise. Il devrait d'abord prendre la peine de leur demander si elles sont d'accord avec cette inclusion forcée avant de déclarer quoi que ce soit à leur place.

    • Jean-François Trottier - Abonné 11 décembre 2020 11 h 50

      M. Montmarquette,

      De un il est impossible de relever des cas où les lois ne sont pas respectées sans tomber dans l'anecdotique. Votre discours qui enferme l'autre, non merci. Vous posez en juge et prenez systématiquement un ton provocateur. Cheap.

      De deux vous ne m'avez jamais répondu malgré moultes demandes de ma part, et je me cite par obligation : "une religion monothéiste est une organisation humaine fondée sur une idéologie totalitaire".
      Démontrez le contraire, et sinon acceptez que les religions ne sont compatibles avec la démocratie que par calcul.

      Toute religion monothéiste a pour rôle premier de contrôler l'environnement pour assurer le salut des âmes de ses fidèles, et pour ce faire prendra toujours le plus de pouvoir possible, politique. économique et social, par tous les moyens nécessaires même immoraux au besoin, puisqu'une religion est au-dessus de la morale.

      En clair, le respect des lois est un moyen comme un autre de parvenir au contrôle, sans plus.
      Pour vous aider, relevez un cas quelque part sur les 3500 dernières années de l'humanité où un monothéisme quelque part a récusé son propre pouvoir. Ou encore, a refusé d'acquérir du pouvoir.

      Je vous guide un peu : ça commence avec Akhénaton.
      J'ai cherché. Y en a pas, d'exception.
      Mais libre à vous d'essayer.
      Vous constatez que j'évite l'hindouisme, qui pourtant est dans les faits un monothéisme. Ses nombreux dieux ne sont au bout du compte que les avatars d'un seul. Mais les origines de l'hindouisme sont confuses et complexes, d'où quelques difficultés à en sortir des lignes claires. Toutefois l'hindouisme ne serait certainement pas un bon exemple pour vous. Le totalitarisme ne peut pas y être mis en doute.

      Vous pouvez aussi essayer de démontrer qu'un signe, un seul, est obligatoire dans la vie de tous les jours selon les dogmes reconnus d'un seul monothéisme.
      Là aussi j'ai cherché. Y en a pas. Pas un.
      Mais libre à vous d'essayer.

    • Nadia Alexan - Abonnée 11 décembre 2020 12 h 02

      À monsieur Montmarquette: Vous faites de l'aveuglement volontaire. Les intégristes crient haut et fort, sur toutes leurs tribunes, que leur loyauté est assujettie aux lois de dieu, d'abord.
      La France et l'Angleterre ont gouté à l'intégrisme de quartiers entiers dans leurs milieux qui refusent de s'intégrer.
      La contestation de la loi 21 dans les tribunaux en est un exemple de ce refus. La décapitation du professeur français en est un autre.

    • Christian Roy - Abonné 11 décembre 2020 12 h 53

      @ M. Dionne,

      Vous écrivez: "Nous ne vivons pas en terre théocratique et nous ne supportons pas les sentiments hyper-individualismes de certains grands prêtres multiculturalistes autoproclamés. La collectivité en communion sociale a bien meilleur goût."

      Je note dans votre prose un parfum d'encens et la vision d'une sainte table. La période de l'Avent nous inspire probablement tous, consciemment ou pas. Paix aux Hommes (avec un grand H) de bonne volonté !

    • Pierre Rousseau - Abonné 11 décembre 2020 14 h 28

      Monsieur Morin, vous écrivez « Monsieur Provencher semble aussi prendre pour acquis, en bon "blanc progressiste", que les Premières Nations font partie de l'identité québécoise. Il devrait d'abord prendre la peine de leur demander si elles sont d'accord avec cette inclusion forcée avant de déclarer quoi que ce soit à leur place. » De un, elles n'ont aucune raison d'être d'accord parce que primo, elles ont leurs propres identités qui remontent à bien plus longtemps que l'identité québécoise et, secondo, les Québécois ont participé avec enthousiasme au projet génocidaire des gouvernements coloniaux et les rejettent encore aujourd'hui, refusant de reconnaître leur autodétermination en tant que peuples, une chose à laquelle les Québécois tiennent tant mais qu'ils refusent de reconnaître chez ceux qui ont accueilli nos ancêtres il y a quelques siècles. Alors, poser la question c'est y répondre. Toutefois, avec un changement d'attitude, du respect, une reconnaissance formelle du droit des Premiers Peuples à l'autodétermination, à leurs langues, à leurs cultures, à leurs traditions, à leurs systèmes de gouvernance et une volonté sincère de décolonisation, les choses pourraient changer.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 décembre 2020 14 h 29

      @Nadia Alexan,

      "Les intégristes crient haut et fort, sur toutes leurs tribunes, que leur loyauté est assujettie aux lois de dieu, d'abord." - Nadia Alexan

      Ça ne répond en rien à l'argument comme quoi les communautés culturelles et religieuses respectent nos lois au Québec.

      D'ailleurs, la contestation elle-même de la loi 21 qui se fait dans le respect de nos règles et devant les tribunaux, en est une preuve éloquente.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 décembre 2020 17 h 06

      @Jean-François Trottier,

      "Une religion monothéiste est une organisation humaine fondée sur une idéologie totalitaire".." - Jean-François Trottier

      On a bien vu ça, avec le curé Raymond Gravel, député du Bloc québécois et les abbés Jacques Couture et Louis O'Neill au PQ.

      Tous une bande de méchants "totalitaires" antidémocratiques. ..lol!..

      "L'abbé Gravel est le premier prêtre québécois à se faire élire à la Chambre des communes du Canada ; il est toutefois le troisième prêtre souverainiste à être élu, les deux autres étant les abbés Jacques Couture et Louis O'Neill, élus à l'Assemblée nationale du Québec en 1976 sous la bannière du Parti québécois." - Wikipédia

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Gravel

    • Jacques Patenaude - Abonné 11 décembre 2020 17 h 15

      Débat entre Mme Alexan et M. Monmarquette?

      Ce qu'il y a de rafraîchissant c'est de constater que la première est manifestement issue de minorité et elle défend la position identitaire "conservatrice de souche" et que l'autre semble être un authentique "de souche" et qu'il défend la position des identitaires "Woke" comme les nomme l'auteur. C'est peut-être un début de dialogue constructif....

    • Cyril Dionne - Abonné 11 décembre 2020 17 h 50

      Tiens, notre M. "King" qui revient encore. Maudit que ça fait dure Québec solidaire.

    • Marc Therrien - Abonné 11 décembre 2020 18 h 08

      M. Roy,

      « La collectivité en communion sociale. » Celle de La Cène de Jésus-Christ? Ou celle du Banquet de Platon?

      Marc Therrien

    • Nadia Alexan - Abonnée 12 décembre 2020 11 h 09

      À monsieur Jacques Patenaude: Vous avez mal compris. Je ne défends pas «la position identitaire "conservatrice de souche," du tout. Je défends l'universalisme et la citoyenneté de tous les québécois/québécoises, contre la ségrégation et l'apartheid des identités culturelles et religieuses que les bienpensants veulent nous imposer.

    • Christian Roy - Abonné 12 décembre 2020 11 h 39

      @ M. Therrien,

      Euh... La solennelle !

    • Jacques Patenaude - Abonné 12 décembre 2020 17 h 09

      J'ai très bien compris à mon sens. Vous n'êtes évidemment pas une "conservatrice de souche" c'était pour faire de l'ironie. Ce que je voulais souligner c'est justement que votre position est tout autre et que l'auteur enfermait le débat dans des catégories qui somme toute sont caricaturales.Tout comme celle de l'auteur auquel il répondait. Le jour où on sortira de ces caricatures il y aura un débat constructif. Je crois quand même que ça commence. J'ai vu pire que ce que les deux auteurs ont produits comme texte.

  • Denis Grenier - Abonné 11 décembre 2020 05 h 49

    Un partage et une cohésion entre les cultures.

    Une allégeance à la reine, l'assimilation des francophones, des communautés culturelles qui communiquent peu entre elles. À l'inverse un sentiment d'appartenance à une nation, à l'histoire d'un pays, une ouverture au partage entre les cultures, à leurs richesses identitaire. Voilà toute la différence entre le multiculturalisme et l'interculturalisme.




    Denis Grenier
    Abonné

    • Cyril Dionne - Abonné 11 décembre 2020 10 h 39

      M. Grenier, le multiculturalisme et l'interculturalisme sont des synonymes. On dit multiculralisme dans le ROC et interculturalisme au Québec pour désigner la même chose. Il n'y aucune différence.

      Et « l'allégeance à la reine, l'assimilation des francophones, des communautés culturelles qui communiquent peu entre elles » (communautarisme), se fait autant au Québec que dans le ROC. Mais je vous suis bien dans « l'inverse un sentiment d'appartenance à une nation, à l'histoire d'un pays, une ouverture au partage entre les cultures, à leurs richesses identitaire ». C’est que les Québécois veulent, pas le multiculturalisme qui conduit toujours vers le communautarisme.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 décembre 2020 14 h 20

      "Le multiculturalisme et l'interculturalisme sont des synonymes.." - Cyril Dionne

      C'est la confusion que s'égosille à répandre les nationalistes de la droite identitaire, alors qu'il n'existe pas deux mots pour rien. Quand on sait que contrairement au multiculturalisme, l'interculturalisme propose une culture commune dans le respect de la culture des autres. - Avez-vous quelque chose contre ça?

    • Cyril Dionne - Abonné 11 décembre 2020 22 h 59

      La seule culture commune dans le respect de la culture des autres au Québec est celle qui parle français par coeur sans oublier ses racines et ses deux peuples fondateurs, les francophones et les autochtones.

      Au Québec, tout est permis, sauf ce qui est interdit. Pour la majorité des Québécois, tout est permis, même ce qui est interdit. Avec Québec solidaire, nos « Wokes », nos « racisés », nos bien-pensants et donneurs de leçons qui conjuguent à la culture du bannissement à l’autel de la très, ô combien sainte rectitude politique et inquisitrice, tout est interdit, même ce qui est permis.

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 décembre 2020 10 h 53

      @ Cyril Dionne,

      "Avec Québec solidaire.. Tout est interdit, même ce qui est permis." - Cyril Dionne

      Il ne faut pas craindre le ridicule pour accuser Québec solidaire à la fois de black-bloc et de casseurs et de chantres de la rectitude politique inquisitrice où tout est interdit.

  • Yvon Montoya - Inscrit 11 décembre 2020 06 h 44

    Votre texte est digne du siècle des Lumières, Kant aurait été très heureux de vous lire. Et quand je dis Kant on peut y ajouter Arendt, Zygmunt Bauman, Levinas et toute une cohorte humaniste. Votre lucidité est une perle rare dans nos temps si obscures mais l’espoir est que vous venez de démontrer que l’esprit véritable des Lumières est encore bien vivant. Hospitalité disait Kant non hostilité. Merci.

    • Francois Ricard - Inscrit 11 décembre 2020 08 h 41

      L'hospitalité est un acte d'accueil par devers les étrangers et les visiteurs.Ceci n'implique nullement pour l'hôte l'obligation de se prêter à tous les caprices de son visiteur.C'est bien plutôt à l'étranger de respecter les moeurs et coutumes de son hôte.
      Je fus en Arabie saoudite, en Tunisie.J'adore le jambon. Pourtant en ces pays, aucun de mes hôtes n'ont cru bon de m'en servir.Et avec eux, j'ai mangé beaucoup de viande ovine.Et je digérais le tout sans hostilité aucune.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 décembre 2020 12 h 05

      @ Francois Ricard,

      "Ceci n'implique nullement pour l'hôte l'obligation de se prêter à tous les caprices.."- Francois Ricard

      Encore de la fabrication d'ennemis imaginaires.

      Mais quels sont donc ces si graves et nombreux caprices ?

      Décidément, le matieubockcotisme est populaire sur cette tribune.

    • Christian Roy - Abonné 11 décembre 2020 13 h 07

      @ M. Ricard,

      Je comprends mieux votre malaise si vous considérez comme "caprices" certaines manifestations ethnoculturelles d'immigrants en sol québécois. Pas de place pour les accomodements raisonnables (je souligne ce dernier mot) ni pour la constatation d'une diversité visuelle dans le paysage.

      "Allez, arrête tes caprices et mange ton brocoli. Au Québec, c'est comme ça que ça se passe !"

    • Nadia Alexan - Abonnée 11 décembre 2020 13 h 48

      À monsieur Montmarquette: Vous dites: «Décidément, le matieubockcotisme est populaire sur cette tribune».
      Je regrette de vous informer que l'insulte en guise d'argumentation ne fait pas une contribution valable au dialogue sur cette tribune d'idées.

    • Pierre Rousseau - Abonné 11 décembre 2020 14 h 33

      Monsieur Ricard écrit « L'hospitalité est un acte d'accueil par devers les étrangers et les visiteurs.Ceci n'implique nullement pour l'hôte l'obligation de se prêter à tous les caprices de son visiteur.C'est bien plutôt à l'étranger de respecter les moeurs et coutumes de son hôte. » Bien d'accord et j'imagine que les Premières Nations aussi doivent être particulièrement d'accord, elles qui ont subi l'obligation de se prêter à tous les caprices des immigrants européens qui n'ont pas respecté les mœurs et coutumes de leurs hôtes...

    • Marc Therrien - Abonné 11 décembre 2020 18 h 28

      La première difficulté du langage de l’hospitalité est qu’il devienne signifiant et partagé dans sa définition la plus commune qui est l’action de recevoir l’étranger qui se présente. Il exige qu’on identifie les attitudes et les comportements de l’accueillant (l’hôte) et de l’arrivant (l’étranger) favorisant un apprivoisement mutuel, qu’on établisse les conditions de réussite de permettant le sentiment d’appartenance communautaire. Ça peut être aidant de convenir d’abord nous que ce geste d’hospitalité ne va pas nécessairement de soi, car il n’est pas spontané mais plutôt forcé et qu’ainsi, iI requiert un premier effort qui consiste à surmonter ce sentiment de menace à la tranquillité, qui nous est si chère, que suscite l’arrivée de l’inconnu. Ensuite, on pourrait apprécier de savoir que l’hospitalité ne signifie pas l’intégration et qu’une certaine distance entre nous, étrangers, permet de préserver notre altérité réciproque. Enfin, s’il advenait que soit confirmé le fait que l’hospitalité figure également parmi les vertus de la culture du pays que l’étranger qu’on accueille a quitté, on pourrait être rassuré.

      Marc Therrien

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 décembre 2020 19 h 18

      En quoi se servir du système de pensée de MBC est-il une insulte?

      Rendu-là, c'est vous qui le dites.

  • Francois Ricard - Inscrit 11 décembre 2020 06 h 56

    La langue n'est qu'une partie de la culture nationale.

    Nous apprenons à nous sentir responsables des uns des autres quand nous partageons une histoire commune, une culture commune et que nous voulons faire face à l’avenir en un cadre accepté par tous. La solidarité responsable influe sur la qualité de la démocratie. Plus le sentiment d’appartenance au groupe est présent, plus le sentiment de responsabilité envers les membres du groupe se développe et plus la participation à la vie politique s’intensifie.Ce minimum de solidarité sociale est systématiquement nié par le multiculturalisme si cher à une certaine gauche.Aveugles, ile ne voient pas que le multiculturalisme, en misant tout sur la diversité et le communautarisme, conduit à l’émiettement de la citoyenneté et à la paralysie collective.

  • François Beaulé - Inscrit 11 décembre 2020 07 h 50

    L'accent mis sur la diversité est une caractéristique canadienne

    Disons d'abord que le texte d'Alexandre Poulin est cohérent et limpide alors que celui de M. Provencher est brumeux et incohérent.

    Ce dernier semble faire la promotion de la diversité. Nul besoin de séparer le Québec du Canada pour favoriser la diversité. Le Canada est plus grand, plus populeux que le Québec. Il recèle une plus grande diversité que le Québec. L'éloge de la diversité des ethnies, des croyances, des langues, des modes de vie, des cuisines, et quoi encore, motive l'appartenance à ce beau et grand pays qu'est le Canada.

    Se pose tout de même la question de l'identité québécoise. Avant de se préoccuper de l'intégration des minorités, il faudrait établir ce qui unit le peuple québécois. Quelles valeurs, quelles croyances, quels projets réunissent la majorité francophone du Québec ?

    Les préoccupations pour les minorités ethniques prennent de l'ampleur parce que celles-ci forment une proportion sans cesse croissante de la population. Et cela est la conséquence d'une fécondité insuffisante des Québécois de souche.

    Avant de se questionner sur l'identité de la nation québécoise, il faut mieux se définir comme peuple. Sans unité du peuple québécois, il ne peut y avoir d'intégration réussie des minorités ethniques. À mon avis, la politique ne peut pas suffire à cultiver l'unité d'un peuple. Il faut réinvestir et renouveler la dimension religieuse. Il ne s'agit pas de revenir à une religion archaïque.

    Combattre les préjugés anti-religieux et reconnaître la valeur de la dimension religieuse est essentiel. À défaut de le faire, le problème est que cette dimension est amalgamée à la dimension économique pour certains et à la dimension politique pour d'autres. Pour véritablement séparer le religieux du politique, il faut cesser de nier la valeur intrinsèque de la dimension religieuse.

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 décembre 2020 11 h 14

      @ François Beaulé

      Toutes les sociétés sont par définition diversifiées même entre les "natifs"eux-mêmes.

      Je suis née au Québec et je ne m'identifie pourtant pas au valeurs de droite adoptée par une majorité des Québécois.

      Un territoire, une loi, une langue.

      Voilà le socle sur lequel devrait sans doute reposer l'identité commune.

      Pour ce qui est de "l'identité québécoise" elle est, non seulement elle-même diversifiée, mais "en contante évolution. Et il me semble bien difficile de chercher à l'enfermer dans quelque concept que ce soit telle que les nationalistes identitaires semblent vouloir le faire en écrasant toutes les différences qui constituent pourtant sa richesse.

      Le Québec solidaire, catholique, agraire etc d'autrefois, s'est transformé en quelques décennies en Québec individualiste, urbain et laïque.

      - Qui sera en mesure de définir ce qu'est la culture et l'identité québécoise, si ce n'est que par l'ensemble de sa diversité?

    • Christian Roy - Abonné 11 décembre 2020 13 h 37

      @ M. Beaulé,

      J'ai l'impression que la dimension religieuse des Québécois d'aujourd'hui est devenue athée et matérialiste. Probablement en réaction à l'oppressant catholicisme d'autrefois et à l'avènement d'une modernité axée sur la consommation à outrance, les centres d'achat étant devenus les nouveaux temples où faire ses ablutions en public.

      "Quelles valeurs, quelles croyances, quels projets réunissent la majorité francophone du Québec ?" demandez-vous. Je mettrais le confort comme valeur #1, dont tout le reste découle. Les valeurs marchandes l'emportent aisément sur les valeurs d'ëtre. Les projets sont envisagés à court terme. Ils sont centrés plus que jamais sur les individus et leurs intérêts particuliers. Ils restent éphémères et sans racine. Ils tablent sur une angoisse existentielle particulièrement marquée culturellement en cette Terre d'Amérique. D'où l'ambivalence face à un avenir intégrateur et la présence de distorsions perceptuelles envers l'immigration; devenue pourtant vitale au maintien du niveau de vie.

      Finalement, chacun est retourné à son petit monde - et à sa caducité - cherchant par le divertissement perpétuel à y trouver un sens. L'Art est un clé spirituelle qui fait parie du trousseau de bien peu de gens.

      "Seul ensemble", chante Fiori. Voilà notre religion.