Comment utiliser nos forêts pour lutter contre les changements climatiques

«Sur le plan pratique, il est urgent, selon nous, d’agir en utilisant nos forêts et les produits forestiers pour séquestrer et stocker le carbone», écrivent les auteurs.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir «Sur le plan pratique, il est urgent, selon nous, d’agir en utilisant nos forêts et les produits forestiers pour séquestrer et stocker le carbone», écrivent les auteurs.

Au cours des derniers mois, des analystes, observateurs ou militants ont traité de divers enjeux ayant trait à la gestion de la forêt québécoise.

Selon nous, au-delà des « bons coups » déjà accomplis (amélioration des méthodes de calcul de la possibilité forestière, établissement d’aires protégées, développement de pratiques d’aménagement écosystémique, etc.) et des défis qui demeurent au sein du monde forestier (restauration de la productivité de nos forêts feuillues du sud, amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail des travailleurs forestiers, etc.), il devient urgent de s’attaquer de manière plus forte à la plus grande menace pour nos forêts et la planète : les changements climatiques. Sans vouloir minimiser, par ailleurs, l’importance d’autres enjeux, nous pensons que nos forêts sont beaucoup plus menacées par les changements climatiques que par les activités des différents utilisateurs de nos forêts.

Nous devons donc, en tant qu’acteurs vivant sur un immense territoire forestier, reconnaître non seulement le fait que nos forêts peuvent être de puissants outils de lutte contre les changements climatiques (comme énoncé par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), mais qu’il est aussi dans notre intérêt collectif de mettre notre foresterie en action pour contrer ces mêmes changements climatiques. En fait, sur le plan scientifique, de plus en plus d’études nous indiquent que les changements climatiques constituent une forte menace pour nos forêts. Pensons, entre autres, aux résultats tirés de modèles qui prédisent une augmentation sans précédent des feux de forêt, tant en ce qui concerne leur intensité qu’en ce qui concerne leur fréquence. Dans le contexte actuel, nos stratégies d’aménagement forestier devront désormais, elles aussi, être élaborées en vue de favoriser davantage l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation des territoires face à ce climat changeant.

Des actions concrètes

Sur le plan pratique, il est urgent, selon nous, d’agir en utilisant nos forêts et les produits forestiers pour séquestrer et stocker le carbone. La plantation d’arbres en est un exemple, même si l’on sait qu’en forêt boréale, ses effets bénéfiques sur notre bilan carbone ne sont pas universels pour tous les types de sites (en raison notamment du changement d’albédo de surface causé par le boisement), qu’ils ne sont pas non plus instantanés et qu’ils prennent plusieurs années avant de se concrétiser. Toujours sur le plan pratique, il est aussi urgent de se mobiliser et d’agir en ce qui a trait à l’intégration des produits du bois dans nos multiples projets de construction et à la gestion de nos biens de commodité. Ce faisant, nous pourrions améliorer notre bilan carbone tout en poursuivant, par ailleurs, le travail requis en matière d’innovation et de réglementation.

En somme, nous ne pouvons, dans le contexte actuel, qu’inviter les personnes qui s’intéressent à notre patrimoine forestier à le considérer comme un outil incontournable et indispensable de développement durable et de lutte contre les changements climatiques. La solidarité et la concertation dans un esprit d’ouverture et de compréhension mutuelle sont essentielles pour réaliser le potentiel de ce patrimoine. Dans cet ordre d’idées, il convient aussi de rappeler que la société québécoise doit une bonne partie de son développement à la forêt, à l’eau et au travail de ses citoyennes et citoyens.

8 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 25 novembre 2020 01 h 19

    Trudeau l'a déjà utiliser celle-là

    2 milliards d'arbres, 2 milliards, c'est des arbres ça madame et messieur. Il n'a pas dit quand exactement ni où mais son pays est tellement grand, c'es-tu important. Moi je les planterais le long des pipelines, une barrière naturelle contre les intempéries.

  • Pierre Rousseau - Abonné 25 novembre 2020 08 h 35

    Et la taïga ?

    La gestion des forêts au Québec est loin d'être exemplaire et la dévastation croissante de la taïga cause des dommages irréparables non seulement à ces forêts mais aussi au climat. On est rendu avec des chemins forestiers en pleine taïga aussi loin que les monts Otish où la forêt prend des siècles à se régénérer. On se souviendra du grand feu de forêt au début de cette année près du réservoir Pipmuacan qui était très probablement d'origine humaine.

    Au lieu de dévaster les forêts anciennes de la taïga, il aurait fallu encourager la sylviculture dans le sud de la province en replantant les arbres pour en faire des cycles de coupe. Mais pour les grandes multinationales forestières, c'est plus facile de couper les forêts publiques que de se donner la peine de faire de la sylviculture, l'intérêt des actionnaires oblige.

  • François Beaulé - Inscrit 25 novembre 2020 08 h 50

    Douteux prêchi-prêcha

    « La solidarité et la concertation dans un esprit d’ouverture et de compréhension mutuelle sont essentielles pour réaliser le potentiel de ce patrimoine... » Que de belles paroles ! bla-bla-bla !

    La plantation d'arbres salvatrice, encore un mythe, ici prêché par des universitaires.
    Restaurer des forêts abattues ne fait pas de tort. Mais tout dépend de ce qu'on fait avec le bois récolté. Or le stockage du carbone dans ce bois dépend de son utilisation dans de nouvelles constructions, à condition de ne pas détruire les anciennes constructions. Ce qui implique une croissance de la population humaine, elle-même fortement émettrice de GES.

    Si on détruit d'anciens bâtiments en bois et qu'on brûle ou jette le bois dans des dépotoirs, le carbone est rejeté dans l'atmosphère et possiblement sous forme de méthane qui produit davantage d'effet de serre par molécule que le dioxyde de carbone. Si on conserve les vieux bâtiments et qu'on en ajoute de nouveaux, alors cela signifie que la population augmente et que l'étalement urbain se continue.

  • Christian Roy - Abonné 25 novembre 2020 11 h 43

    Économie verte de la CAQ

    Comment utiliser nos forêts pour lutter contre les changements climatiques ?

    En les électrifiant !

  • Gilles Théberge - Abonné 25 novembre 2020 17 h 35

    Les forestiers dans la pensée profonde des gens, sont d'abord et avant tout des coupeurs d'arbres et des dévastateurs de forêts.

    Quand on pense à une culture forestière, on devrait penser à une exploitation réfléchie mesurée de la forêt. Une intégration des PFNL par exemple dans cette culture.

    Au lieu de ça quest-ce qu'on a, un discours, un discour, un discour, et bla bla bla, sans imagination.

    De la part de personnes de qualité,c'est décevant.

    Excusez-moi du peu...