Ni Arruda ni QAnon

«Est-il sain qu’un enfant porte un masque six heures d’affilée cinq jours par semaine?», s'interroge l'auteur.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «Est-il sain qu’un enfant porte un masque six heures d’affilée cinq jours par semaine?», s'interroge l'auteur.

Est-il encore possible de remettre en question certaines décisions de la Santé publique sans se voir automatiquement reléguer au rang des complotistes, des trumpistes, voire des chantres de l’extrême droite ? Est-il possible de se questionner sur la manière dont la société se réorganise depuis la mi-mars 2020 sans qu’on nous accuse de participer à la foire des illuminés ? Il semblerait que non, le champ discursif actuel verrouillant efficacement toute velléité de contestation, alors que nous en sommes à attendre une deuxième vague comme d’autres attendent Godot. Et si cette deuxième vague menaçait davantage les espaces économique, social, artistique, scolaire, affectif et existentiel que le milieu médical ?

On se demandera sûrement quelle est l’expertise d’un professeur de littérature française en ce qui a trait à la santé publique. Je répondrai simplement que les littéraires, comme tous les universitaires au demeurant, sont fondamentalement formés à exprimer une pensée critique, qui s’exerce sur des réalités en mouvement incessant et débordant le cadre strict de la discipline. […]

Sommes-nous collectivement prêts à substituer le contrat médical au contrat social, comme l’expose Bernard-Henri Lévy dans son dernier livre (Ce virus qui rend fou, Grasset) ? Voulons-nous réellement donner préséance aux médecins sur les politiques, les philosophes, les artistes, les économistes, les psychologues, les sociologues, c’est-à-dire sur tous les penseurs du vivre-ensemble ? Échapper aux virus, est-ce un projet de société valable ? La prolongation indéfinie de l’état d’urgence sanitaire entraîne des conséquences suffisamment nombreuses pour que la parole publique ne se limite plus à celle des seuls épidémiologistes. Plusieurs questions méritent d’être posées — et éventuellement débattues — qui ne le sont pas en ce moment.

Quelques questions

Question aux démographes : pourrait-on analyser de manière claire les chiffres de la surmortalité pour les six premiers mois de 2020, relativement à ceux des cinq années précédentes ?

Questions aux historiens : comment décrire la dangerosité du coronavirus comparativement à celle de la peste, du choléra, de l’influenza, de la grippe asiatique, de la grippe de Hong Kong ? A-t-on jamais connu un tel bouleversement de tous les paramètres de l’existence pour un péril si peu létal ?

Question aux psychologues : quel peut être, à moyen et à long terme, l’effet des diverses mesures d’urgence et de distanciation physique (qui devient forcément sociale) sur toute la jeunesse en phase de formation intellectuelle et affective ?

Question aux pédiatres : est-il sain qu’un enfant porte un masque six heures d’affilée cinq jours par semaine ? (Rappelons qu’en Ontario, les enfants de plus de 10 ans seront contraints de garder leur couvre-visage en classe ; le Québec suivra sans doute ce modus operandi, par « principe de précaution », dès que quelques cas asymptomatiques auront été détectés en milieu scolaire.)

Question aux commerçants et aux restaurateurs : jusqu’à quand pourrez-vous éviter la faillite avec les mesures de distanciation actuelles, une fois passés le beau temps, l’achalandage estival et la saison des terrasses ?

Questions à l’industrie culturelle : n’est-il pas urgent, pour tous les artistes, qu’on assure la viabilité en même temps que la nécessité de leurs activités ? L’acceptation absolue des mesures d’urgence ne relègue-t-elle pas les arts au rang de produit de consommation superflu ?

Questions à la population étudiante (cégep et université) : appréciez-vous le virage vers l’enseignement à distance et souhaitez-vous le voir pérennisé ? N’y a-t-il pas lieu d’exprimer le besoin d’une expérience d’apprentissage qui va au-delà de la transmission d’un contenu disciplinaire et qui assure la possibilité d’échanges, de rencontres marquantes, d’une expérience de vie transformatrice ?

Question aux journalistes d’enquête : où êtes-vous ?

Il semble urgent d’ouvrir un véritable dialogue, d’accepter les « débats » sur ces questions avant qu’on ne nous impose cet automne, avec toute la force de la pseudo-évidence, le port du couvre-visage à l’extérieur. Certains consensus sont sans doute moins consensuels qu’on le prétend, lorsqu’on creuse un peu.

Ceux qu’on a rangés sous l’étiquette englobante de « complotistes » se targuent actuellement, non sans raison, de former l’opposition officielle à l’ère du coronavirus : pourquoi leur céder tout ce terrain ? Il y a moyen de mettre en question les décisions de la Santé publique sans pour autant crier à la domination occulte des réseaux pédosatanistes ni voir en Donald Trump et Vladimir Poutine les sauveurs de la planète.

Ni l’OMS ni Donald Trump.

Ni Horacio Arruda ni QAnon.

83 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 3 septembre 2020 06 h 17

    Nous devrions avoir la possibilite de dialoguer avec Trump ou QAnon mais c’est impossible. Par contre on peut avec l’OMS et monsieur Arruda. Vous vous écrivez «  ni ni ». Dans le dialogue cela n’existe pas le «  ni ni ». A situation inedite pour nous ( a moins que vous ayiez connu les pandémies anciennes), solutions inédites. Votre texte semble être une pale copie des propos de Trump et de ses collaborateurs. Il nous faudrait un jour réfléchir avec rigueur cette situation et ce ne sera pas un BHL qui aiderait a y voir clair.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 3 septembre 2020 10 h 02

      Je suis désolé, mais encore la mauvaise foi. On a pas lu le même texte on dirait, pourquoi accusez-vous l'auteur d'offrir une «pâle copie» des propos de Trump? On a au Canada signalé que nos propres services secrets étaient capables de détecter qu'il se passait quelque chose de problématique en Chine que l'OMS a protégée. De mauvaises décisions ont été prises par le passé (ex. l'envoi de matériel en Chine avant mars), ce qui a favorisé la solution drastique dont nous déplorons les tristes effets.

      Il n'est pas dit non plus, avec la théorie du confinement, que nous n'avons pas succombé collectivement à une déstabilisation par une campagne de propagande (ou relations publiques si vous voulez) de la Chine, alors que même si on la critique, la Suède a fait mieux que bien des pays, avec le même problème que nous pour les plus vieux, mais sans confiner.

      Donc on ne peut peut-être pas dialoguer directement avec Trump, mais on peut avoir des discussions collectives, profondes et transparentes, par exemple sur Reddit. Cela nous donne, une quantité de sources bien différentes que le monologue stérile des médias.

      Bien des lecteurs ont compris la posture de l'auteur. Son ni/ni est un refus qui ouvre le dialogue. Ce n'est pas parce que je refuse QAnon que je suis aveuglément Arruda. Ça n'est pas parce que je critique Arruda que je suis une émule QAnon.

      Vous, le premier, devriez être d'accord. C'est la même chose avec BHL. Vous comprenez mon mépris à son endroit, je le juge responsable du désastre en Libye. Mais je vais quand même le lire sur cette quesiton. Je détestais Charest, mais je pouvais apprécier sa politique étrangère québécoise, même pour un fédéraliste, à l'étranger, il était bon pour le Québec. J'ai apprécié, lors de sa démission, son hommage à la fonction publique québécoise, l'homme avait changé sa perception entre 2003 et 2012.

      C'est pareil pour MBC ou Onfray. Critiquez un extrait de BHL proposé par l'auteur, on va vous suivre.

    • Marc Therrien - Abonné 3 septembre 2020 17 h 48

      « Il nous faudrait un jour réfléchir avec rigueur cette situation ». Bien d’accord avec vous. Et pour ce faire, inclure dans la conversation toutes les autres considérations apportées par M. Prévost pour ajouter des cercles concentriques à celui de l’autorité médicale. Penser en termes de « avec et et » plutôt que seulement « ou », comme dans la santé ou l’économie, la santé ou l’éducation, etc. La réflexion dialogique au moyen de la pensée complexe est celle qui ajoute et qui joint plutôt que la traditionnelle cartésienne qui sépare et isole.

      Marc Therrien

  • Eric Lessard - Abonné 3 septembre 2020 06 h 39

    La réponse de la gauche a été désastreuse

    Je crois que de plus en plus, le peuple va se retourner contre la gestion désastreuse pour la société du corona virus. Regardez les manifestations en Allemagne, au Royaume-Uni et ici même au Québec.

    Les lanceurs d'alertes se comptent par dizaines, des médecins comme Raout ou Peronne tirent à boulet rouge sur la gestion gouvernementale. Des lanceurs d'alerte comme Jean-Jacques Crèvecoeur ont des vidéos qui sont vue par des centaines de milliers de personnes et le ton monte. La popularité d'Alexis Cossette-Trudel est indéniable.

    A choisir entre QAnon et Macron, des millions vont choisir QAnon, les gens sont écoeurés et la colère gronde très fort!

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 3 septembre 2020 09 h 19

      @ EL 06:39 Mais qui sont ces gens... de votre nomenclature...? fut ma première question !
      Je suis allée voir ailleurs ...me renseigner ...sur Wikipédia (je tente ma chance...)
      Macron: président ...actuel...de la France.
      QAnon: mouvance , promoteurs de la théorie du complot...qui vendent des bidules.
      Jean-Jacques Crève coeur : un conspirationniste....sic, belge
      Alexis Cossette Trudel : militant politique, conseiller en communication, canadien québécois
      Raout : réunion , fête mondaine...bruit
      Peronne : médecin et professeur,spécialiste pathologies tropicales, français.

      Et tout ce beau monde se trouve...sur Facebook ou Twitter...je n'ai pas cherché plus loin ...j'avais déjà ma réponse.
      Le commérage érigé en doctrine...il est là. On n'est pas sorti du bois ! expression équivoque: à double sens.

      Car le bois, le vrai bois, la forêt, c'est tout autre chose. La quiétude...les oiseaux, un lièvre, un chevreuil. Ouf...Là, j'y resterais bien.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 3 septembre 2020 09 h 50

      Oui, oui Madame Sévigny, vous avez compris, les gens préfèrent l'info transparente sur le Net à l'architecte de la taxe carbonne.

      Il m'est arrivé souvent d'écrire directement (par courriel par exemple) pour demander des précisions et des sources à des gens rencontrés sur YouTube ou directement au créateur de contenu. J'ai rencontré des gens comme moi. J'ai déjà eu une expertise (politique) sur le fractionnement et je m'en suis servi pour critiquer Madame Normandeau et bien des gens, sur FB, me contactaient pour avoir mes sources et j'envoyais simplement une synthèse de toutes les enquêtes documentaires que j'avais faites, avec les documents disponibles pour une vérification.

      Chomsky, dans le «Manufacturing Consent» explique bien le phénomène de la «dépendance aux sources officielles». Parce que c'est un officiel qui le dit, les médias ne vérifient pas, une info à alors un double sceau de confiance, politique et médiatique, mais ça n'est pas vrai pour autant.

      Si vous lisez Blacklist, de Kristina Borjesson, vous allez comprendre. Par exemple des journalistes chevronnés font une enquête sur le RGBH (hormone artificielle sur les vaches laitières), mais les avocats de Fox qui ne veulent pas diffuser le documentaire se contentent des dénégations de Monsanto ou de la FDA, or au Canada, nos propres fonctionnaires, ont alerté le public, car Monsanto a voulu les corrompre. Le RGBH a alors été interdit au Canada. Les journalistes en question se faisaient dire qu'il n'y avait pas un tel lait en Floride, après examen, c'était faux, mais ils ont été poursuivis et même en privé, s'ils avaient signé un accord avec Fox et Monsanto, ils n'auraient jamais pu en reparler.

      On retrouve la même chose avec l'invasion de l'Irak, le renversement de Kadhafi, les armes chimiques en Syrie.

      Je ne comprends pas pourquoi c'est transparent pour tout le monde avec Poutine, mais que l'on a pas la même méfiance pour nos officiels et nos médias.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 3 septembre 2020 12 h 58

      M. Lessard écrit : « contre la gestion désastreuse pour la société du corona virus. «

      D’abord ,pour le modèle parfait de *gestion désastreuse*, il est évident qu’il faut regarder vers Washington.Les attitudes des autorités varient d’un pays à l’autre. Ici, d’une province à l’autre; le modèle idéal me semble avoir été en Colombie britannique.

      Le désastre ici : 1-l’erreur de ne pas avoir vu à combler les 10 000 postes de PAB dans les CHSLD 2-et, en lien avec cela, le retard à empêcher les va et vient dans les CHSLD et les RPA.

      Je suis capable de comprendre que les positions des autorités puissent changer pcq on affronte un adversaire invisible…pis on n'est pas sortis du bois! Faut-il alors se comporter comme les idiots complotistes du bar de Québec? Et surtout les 3 qui, se sachant porteurs du virus, se promenaient d’un bar à l’autre. Résultats : plusieurs écoles de la région de Québec en subissent les contrecoups : méchants complotistes. J’ose espérer que ces 3 personnes seront poursuivies en justice.

      Conclusion :je n’ai pas à défendre la CAQ.Quand le feu est pris, on ne tire pas sur le chef pompier.Entre Arruda et QAnon, je choisi d'emblée Arruda, si imparfait soit-il!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 3 septembre 2020 16 h 40

      @ M. Gill,

      Le hic avec les médias sociaux : que des gens, soi-disants experts, répandent des faussetés.Difficle de vérifier. J’entendais, tantôt, le président de l’Assocaition des micribiologistes du Québec déplorer que des vidéos répandant des faussetés, sur le masque, circulent sur la Toile, actuellement...

      D’accord avec l’expression d’opinions différentes; mais quand il s’agit de la santé, il faut faire attention.

      Un complotiste, de la région de Québec, s’est fait ramasser récemment .IL donnait des opinions à caractères juridiques sur les médias sociaux. Or, il n’était pas avocat : il s’est fait ramasser et devra payer une amende solide.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 3 septembre 2020 20 h 29

      Le hic Monsieur Grandchamp, c'est que les médias font exactement, depuis des décennies, ce que vous reprochez aux médias sociaux.

      «Un complotiste de la région de Québec», aucune idée si ce monsieur est complotiste ou pas, je ne le connais pas, à vous de le discréditer, ou alors moi aussi je suis complotiste. J'enseigne que le père des relations publiques, Bernays, a travaillé pour convaincre les élus américains et les journalistes américains que le Guatemala était tyrannique, il a orchestré le «soft power»pour valoriser un renversement du régime démocratique dudit pays. Vous voulez que je vous parle de l'affaire Iran-Contra? Récemment, c'est Ouellet qui expliquait comment l'UPAC cherchait à intimider le pouvoir législatif, si c'est vrai, c'est aussi du complot. Je dis ça pour vous dire : comme vous y allez avec vos grands mots. Maintenant je comprends que quelqu'un qui n'est pas avocat ne puisse représenter quelqu'un en cour. Et bien voici mon avis, le barreau exagère. Il abuse de son pouvoir et j'espèrerais (j'ai quand même lu l'affaire) que le jeune combatte ladite amende plutôt que la payer, mais il n'a peut-être pas le temps ou l'énergie.

      J'ai eu dans ma vie à rédiger des documents légaux, à monter des dossiers, si bien que le jour où j'ai transmis lesdits dossiers à un «vrai avocat», il pensait que j'avais fait mon droit.

      Je lui ai dit que je comprenais très bien que le droit, c'était entre autres le privilège pour les avocats de créer des systèmes compliqués que les initiés peuvent comprendre précisément parce qu'ils sont formés aux arcanes de ces complications. Quiconque est doté d'une solide capacité d'analyse, d'une bonne littératie, et d'un début de culture juridique peut comprendre. Le principe de l'espace public, et le web en est un, c'est que par la délibération rationnelle, on arrive à trouver la vérité. Les faussetés circulent, pis? Une source? «L'enseignement du droit et la reproduction des hiérarchies » par Duncan Kennedy.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 septembre 2020 08 h 05

      @ M. Gill en tout respect.

      Quand je lis que des gens pensent sérieusement que le virus est le fruit d’une stratégie pour battre Trump,je commence à comprendre pourquoi certains cautionnent ce personnage dont le décompte des mensonges dépasse 20 000.« Et tout cela est dit dans les jardins de la Maison-Blanche, donc en utilisant une institution publique pour une activité partisane. Et c’est sans parler du refus de dévoiler ses impôts, des 25 femmes (au dernier décompte) qui l’accusent d’inconduites sexuelles, de l’usage de la présidence pour promouvoir les affaires familiales, etc. »https://www.journaldemontreal.com/2020/08/29/et-il-ne-fait-que-se-rechauffer

      S'Il y avait eu des connaissances précises sur ce virus et sur des façons de faire précises, partout, dans le monde, les administrations publiques auraient appliqué les mêmes remèdes..C’est sans précédent! Je comprends les frustrations des gens après 6 mois de *misère*; pis ce n’est pas fini!!! Pis, oui,il est normal qu’on remette en question. Cependant, ,mettons-nous dans les culottes de Legault, Arruda et McCan, en mars : il fallait bouger vite, très vite, à partir des connaissances qu’Ils avaient en tenant compte des impacts.Je vais vous confier un secret : leurs nuits étaient très courtes.Je ne suis pas caqiste.

      Je prévois que, dans les mois qui viennent, il y aura des nombreuses faillitescommerciales et personnelles. Je sais, pertinemment que, actuellement, dans le Grand Montréal et dans les couronnes nord et sud, les notaires ne fournissent pas à la demande.

      Je le répète: je comprends que les gens en aient marre.J'accueille les différents points de vue, mais j'essaie de relativer et de mette cela en perspective.ET, oui, je ne suis pas un grand fan des médias sociaux.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 septembre 2020 09 h 06

      M. Gill écrit:"Le hic Monsieur Grandchamp, c'est que les médias font exactement, depuis des décennies, ce que vous reprochez aux médias sociaux.".

      En conclusion. Absolument en désaccord. Avec les médias, vous avez des gens qui signent, des gens qu'on peut identifier. Personnellement, je me méfie comme la peste des médias sociaux en raison de la vitesse dans la propension du message et du caractère impersonnel.Comme le disait, hier, le président de l'Association des microbiologistes du Québec. Deux vidéos circulent avec des faussetés actuellement sur le masque.Ces gens-là devraient avoir l'audace d'aller sur place publique, non pas caché derrière un écran ou un téléphone: c'est ce que je reproche aux médias sociaux.

      Voilà! En tout respect!

      P.S. Les Ordres professionnels sont nécessaires dans notre société pour protéger le public. Ce n'est pas vrai que n'importe qui peut se dire médecin ou CPA ou avocat ou pharmacien ou ingénieur.

    • Charles-Étienne Gill - Inscrit 4 septembre 2020 14 h 48

      La nécessaire protection du public n'implique pas que l'on puisse vous donner des amendes si vous donnez des conseils pour un domaine comme le droit. À ce que je sache, le jeune dont vous parlez n'a pas prétendu être avocat en cour, c'est par ses conseils, que l'on a pu croire qu'il était avocat et rien n'indique que ses conseils étaient mauvais. Mais c'est le barreau qui le met à l'amende, pas quelqu'un qui se plaint d'être lèsé, pour ce que j'en sais.

      C'est la même chose pour l'ingénierie : le slogan des ingénieurs c'est «trop fort casse pas». Mais on a besoin d'ingénieurs dans les gros ouvrages car une compréhension de la physique, appliquée, pour ne donner qu'un exemple, permet d'épargner sur les matériaux pour peu que l'on adotpe les bonnes pratiques. Ainsi, pour construire une ossature, en poutres et poteaus, je peux me contenter du guide de construction voire donner des conseils et faire moi-même les caluls de charge. Je parts des charges du toit, je divise me poutres en fonction des portées et je descends jusque dans les fondations, je me sers des test de sols pour comprendre la taille de mes semelles.

      En faisant tout ça moi-même et si je conseille un tiers, ça va tenir, la différence c'est qu'un ingénieur est requis pour enlever un poteau et pour dire alors quelle changement pour la poutre et quels renforts utilisés. Pour ça j'ai besoin, d'un ordre professionnel pour que la personne qui écrit «ingénieur» soit un ingénieur, surtout si je fais un complexe immobilier, que je veux un prêt, que je suis entrepreneur et que le bâtiment devra être garanti.

      Mais personne en matière de construction ne pourra me poursuivre si je donne des conseils sur YouTube pour aider les gens à faire eux-mêmes les semelles de leur chalet.

      Pourquoi le barreau devrait-il s'en mêler? Notre individu a-t-il rédigé pour d'autres des injonctions?

      Le problème c'est qu'en droit, il y a des procédure inutiles qui compliquent l'exercice de la justice

  • Claude Bariteau - Abonné 3 septembre 2020 06 h 50

    Bonnes questions, qui incitent aux débats et à des ajustements. Ceux et celles qui les posent ne sont pas « agrégables » sous le chapeau des « complotistes », ceux qui voient des complots dans les politiques de santé ou des complots chez les personnes qui s'opposent à certaines politiques.

    Le débat constructif est l'assise même de la démocratie. Le rejeter, c'est rejeter la démocratie. En posant vos questions, vous invitez au débat, qui est la façon de neutraliser les « complotistes ». Merci de vos propos.

  • Claude Dumas - Inscrit 3 septembre 2020 08 h 03

    Démission de l'approche critique

    Tout à fait d'accord Mr. Prévost, je suis très heureux de voir enfin un appel à l'argumentation et au débat intelligent. Je suis réellement sidéré par l'étouffement actuel de tout questionnement sur les politiques gouvernementales et la polarisation extrême des idées. Le règne de la Pensée unique doit prendre fin. Il faut se réapproprier le droit de questionner et d'analyser, droit qui appartient à chaque citoyen et non à un petit nombre de spécialistes. Il y a trop de mauvaises décisions qui ont été prises par le gouvernement pour qu'on reste silencieux (où est l'opposition parlementaire ?). Toujours en se basant sur les faits et les données disponibles, il faut questionner le port obligatoire du masque (spécialement pour les enfants), le taux de mortalité réelle effective de la maladie (la CDC indiquait récemment un taux de 6% des mortalités déclarées attribuables de façon certaine au virus), la prolongation éternelle de l'état d'urgence sanitaire, la censure excessive des médias (sauf Le Devoir, qui demeure un phare de liberté d'expression et de rationalisme).

  • Cyril Dionne - Abonné 3 septembre 2020 08 h 11

    Encore une fois, l’opération a été un succès, mais le patient est mort

    Nous vivons à l’époque des spécialistes ou tous sont compartimentés selon leurs champs d’expertise afin de mieux contrôler les masses. Aucune dissonance n’est permise, sinon ceux-ci seront ridiculisés et ostracisés de la société. La dissidence n’est pas permise.

    Le remède risque d’être plus fatal que la maladie en ce qui concerne notre coronavirus. Le vaccin efficace, cette légende urbaine qu’on nous fait miroiter pour nous tenir en place, n’arrivera probablement pas. Personne n’a trouvé aucun vaccin pour tous les coronavirus qui existent dans le monde. Ici, on ne parle même pas de ceux à venir. Présentement, ce virus cause plus de torts aux instances économiques, sociales, artistiques, scolaires, affectives et existentielles que pour notre santé collective.

    Depuis le début, c’est l’argent qui mène cette recherche aux vaccins et aux médicaments. Personne ne parle des causes des « orages cytokiniques » chez les patients qui deviennent très malade avec la COVID-19? Pourquoi est-ce que deux personnes identiques en tout point au niveau de la santé, une est très malade et l’autre asymptomatique? Quel gène cause la maladie? Si on exclue les causes de comorbidités et l’âge avancé, pourquoi est-ce que certains ont une réponse immunitaire exagérée face au virus? Si on saurait répondre à ces questions, on pourrait protéger les personnes à risque même sans vaccin efficace et la vie pourrait reprendre son cours normal.

    Et pourquoi ne veut-on pas répondre à ces questions? Eh bien, dans la prévention, il n’y pas d’argent à faire pour les pharmaceutiques et tous les laboratoires des universités en plus de ces soi-disant experts qui défilent à la télévision pour se contredire l’un l’autre.

    Ceci dit, je le porte mon masque non médical en public, sans faire de vague, tout en sachant qu’il est complètement inutile à protéger qui que ce soit. C’est une aberration scientifique concoctée par des gens qui ne savent plus quoi faire ou dire, notamment les politiciens.

    • Claude Bariteau - Abonné 3 septembre 2020 10 h 24

      Il y aurait plus de 18 milliards investis dans la recherche d'un vaccin, mais peu d'argents investis pour atténier la maladie. C'est en gros identique à la recherche d'un vaccin sontre le sida. On n'en a pas trouvé. Par contre, cette maladie a été endiguée par des recherches en parallèle pour minimiser cette maladie.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 septembre 2020 11 h 27

      M. Bariteau, quel est le facteur R0 (facteur de contagion) pour le sida? C'est moins que 1. Pour notre coronavirus, eh bien, c’est un facteur de contagion de 5,7 en moyenne. Donc dire qu’on peut trouver des médicaments ne résout aucun problème parce que l’immunité collective ne semble pas être au rendez-vous avec celui-ci (les spécialistes parlent de 82% pour une immunité collective en ce qui concerne SARS-CoV-2). En d’autres mots, vous pouvez l’attraper six mois après avoir été contaminé.

      C’est pour cela que la prévention, i.e., savoir ou connaître ceux qui sont plus enclins à développer la maladie de la COVID-19 après exposition au coronavirus serait très importante. Mais où est l'argent dans cela? L'argent est toujours le nerf de la guerre, même contre les virus.

    • Claude Bariteau - Abonné 3 septembre 2020 13 h 55

      M. Dionne, je parlais de recherches en parallèle. Dans ma tête, ça incluait les connaissances qui permettent de prévenir. Merci de l'avoir dit plus clairement. Il y a déjà des découvertes dans cette direction concernant les personnes âgées. Mais, effectivement, ce ne sont pas des millards.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 4 septembre 2020 11 h 55

      Les chances de mettre au point un vaccin contre ce genre de virus est toujours possible M.Dionne. Et comme c'est la seule solution technique à son éradication, ou du moins à son relatif contrôle, la très grande part des budgets y sont consacré.

      S'il n'y a pas de réussite à ce niveau (et cela va être long a déterminé s'il y a réussite) les dommages à la structure économique et sociale mondiale vont être assommant ...

      Et ils le sont déjà pas mal.

      Un aperçu ici de la forme la plus probable que pourrait prendre ce vaccin, et qui explique en même temps des variantes que peuvent avoir les vaccins.
      www.lesoleil.com/actualite/science/la-vaccination-