Musiciens pigistes dans l’incertitude

«En ces temps exceptionnels, c’est toute la chaîne de l’industrie de la musique qui est à revoir», estiment les signataires.
Photo: iStock «En ces temps exceptionnels, c’est toute la chaîne de l’industrie de la musique qui est à revoir», estiment les signataires.

Dans les dernières semaines, les gouvernements, fédéral et provincial, ont fait plusieurs sorties où des millions de dollars ont été promis pour aider le milieu de la culture. Bien que nous, musiciens pigistes, soyons très optimistes à la suite de ces déclarations, nous nous demandons si les sommes spéciales octroyées nous aideront concrètement.

Plusieurs s’entendent pour dire qu’après la crise financière de 2008, il y a eu une diminution des équipes de spectacles (directeurs de tournée, musiciens, ingénieurs du son, concepteurs visuels, metteurs en scène, éclairagistes, responsables des équipements, etc.). Ces dernières années, nous avons remarqué une légère augmentation des effectifs, mais plusieurs artisans du spectacle ont vu leur poste faire encore partie des compressions de personnel. Il serait dommage, voire inacceptable, que la reprise donne lieu, de nouveau, à des formules de spectacles solo, duo ou trio, avec équipes réduites, afin de réduire les coûts. Il faut donc mettre en place un plan d’action clair qui favorise la présence d’équipes de tournées adéquates afin d’offrir aux artistes les meilleures conditions possible à leur épanouissement.

Penser autrement

En ces temps exceptionnels, c’est toute la chaîne de l’industrie de la musique qui est à revoir. S’il faut « réinventer la culture », comme le dit la ministre de la Culture, Nathalie Roy, pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour réunir autour de la même table décideurs, producteurs, diffuseurs, artistes, musiciens, techniciens de scène, concepteurs, metteurs en scène, etc. afin de trouver une façon de penser le spectacle autrement ?

En attendant, il faut trouver un moyen de garantir une somme en dédommagement aux musiciens pigistes jusqu’à la reprise complète des spectacles devant public. Cela pourrait prendre la forme d’une enveloppe gérée par une institution comme la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec, ou encore d’un prolongement de la PCU.

De plus, un grand nombre de musiciens-accompagnateurs — d’artistes comme Robert Charlebois, Les Cowboys Fringants, Ariane Moffatt, Louis-Jean Cormier, Pierre Lapointe, Marie-Mai, Daniel Bélanger, Les Colocs, Marc Dupré, 2 Frères, Alex Nevsky, Cœur de Pirate, Yann Perreau ou Dumas — ont des projets personnels parallèlement à leur carrière de pigiste comme musiciens accompagnateurs. Il pourrait être intéressant de garder une part de l’aide spéciale pour financer ces projets, qui sont souvent très créatifs et hors norme. En ce sens, les critères d’acceptations pourraient être allégés pour les musiciens-accompagnateurs reconnus dans le milieu du spectacle et de la production musicale.

Ce dernier point fait aussi écho à un autre phénomène grandissant qui devrait faire partie des avenues à explorer dans cette nouvelle façon de faire. De plus en plus d’artistes s’auto-produisent et la répartition des subventions devrait refléter cette réalité. Présentement, le CALQ, qui offre une aide directe aux artistes, est l’organisme qui reçoit la plus petite enveloppe du ministère de la Culture. Quant à la SODEC, elle appuie principalement les entreprises culturelles tandis que les subventions des programmes Musicaction/Factor sont en très grande partie versées aux producteurs.

Puisque les artistes sont généralement tributaires de ces organismes, c’est donc dire que le système permet difficilement l’aide financière aux projets indépendants, et encourage plutôt un modèle d’intermédiaires qui prive les artistes d’un financement direct.

Ces réflexions et observations se veulent constructives et elles ont pour but d’ouvrir un vrai dialogue entre les acteurs d’un milieu appelé à redéfinir son modèle de fonctionnement, indépendamment de la situation actuelle. Nous invitons la ministre de la Culture à réfléchir à nouveau à la manière dont les sommes seront versées ; bien que nous reconnaissions l’importance d’appuyer l’industrie culturelle, il est impératif qu’une part équitable de l’argent se rende aux artistes, musiciens, et artisans du spectacle.

Signataires :
 

Justin Allard

Mario Allard

Pascal Andrus

Maxime Audet-Halde

Yanni Aumont

Martin Bachand

Jean-Sébastien Baciu

Joel Barbeau

François Barrieau

Renaud Bastien

Félix Antoine Beaudoin

Jean-Alexandre Beaudoin

Pierre-Emmanuel Beaudoin

Olivier Beaulieu

Mélanie Bélair

Luc Jr Bélisle

Maxime Bellavance

Gabriel Bertrand-Gagnon

Mathieu Bessette

Charles Blondeau

Simon Blouin

Alexandre Bonneau

Nicolas Boulay

Guillaume Bourque

Philippe Brault

Michel Bruno

Caroline Cameron

David Carbonneau

Vincent Carré

Luc Catellier

Lucie Cauchon

Lydia Champagne

Guillaume Chartrain

Marc Chartrain

Jean-Sébastien Chouinard

Benoit Clément

Jean-Étienne Colin-Marcoux

François D'amour

Jean-François De Bellefeuille

Marco Desgagné

Mathieu Désy

Sarah Dion

Guillaume Doiron

Miles Dupire-Gagnon

Jérôme Dupuis-Cloutier

Denis Faucher

Denis Ferland

Gregory Fitzgerald

Marc-Antoine Forget

Pierre Fortin

Jean-François Gagnon

Pierre-Olivier Gagnon

Vincent Gagnon

Jimmy Guay

Camille Gélinas

Vincent Gendron

Gabriel Godbout-Castonguay

Gabriel Gratton

Renaud Gratton

Guillaume Guilbault

Liu-Kong Ha

Jean-Philippe Hébert

Mark Hébert

Jean-Luc Huet

Étienne Joly

Samuel Joly

Robbie Kuster

Joannie Labelle

Daniel Lacoste

Maxime Lalanne

François Lalonde

Gabriel Lajoie

Sylvain Lamothe

Jean-François Langevin

Olivier Laroche

David Larocque

David Larouche

Mélissa Lavergne

Guillaume Lebel

Dimitri Lebel-Alexandre

Jean-François Lemieux

Pascal Lepage

Martin Lizotte

José Major

Amélie Mandeville

Demetrio Maso

Alexandre Martel

Cedric Martel

Alexis Martin

Sarah Martineau

Alex McMahon

Guillaume Méthot

Morgan Moore

Daniel Moranville

Greg Morency

Tonio Morin-Vargas

Marie Myëlle

Donald O'Brien

Christian Pamerleau

André Papanicolaou

Simon Pedneault

Joseph Perrault

Pete Petelle

Dominique Plante

François Plante

Alain Quirion

Pascal Racine-Venne

Vincent Réhel

Virginie Reid

Anick Robitaille

Joannie St-Amant

Éric Sauvé

Audrey-Michèle Simard

Karl Surprenant

Louis-Étienne Sylvestre

Jocelyn Tellier

Stéphane Tellier

Marko Tessier

Marc-Olivier Tremblay-Drapeau

Danny Trudeau

Julien Valois Dobbie

Simon Veillet

Francis G Veillette

Yan Veillette

Musiciens/nes accompagnateurs/trices pour entre autres les artistes suivants:

Robert Charlebois

Les Cowboys Fringants

Ariane Moffatt

Louis-Jean Cormier

Pierre Lapointe

Marie-Mai

Daniel Bélanger

Les Colocs

Marc Dupré

2 Frères

Alex Nevsky

Hubert Lenoir

Patrice Michaud

Coeur de Pirate

Isabelle Boulay

Yann Perreau

Dumas

Bernard Adamus

Vincent Vallières

Les Soeurs Boulay

Klô Pelgag

Philippe Brach

Les Trois Accords

Koriass

Loud

Claude Dubois

Brigitte Boisjoli

Roch Voisine

Marc Déry

Zébulon

Sylvain Cossette

Laurence Nerbonne

Les Louanges

Patrick Watson

Alfa Rococo

Matt Lang

Lisa Leblanc

Richard Séguin

Kroy

We Are Wolves

The Barr Brothers

Jorane

Émile Bilodeau

Karim Ouellet

Salomé Leclerc

Les Grands Hurleurs

Les Frères à Ch'val

Sam Tucker

Martin Léon

Catherine Major

Éli Rose

Fanny Bloom

Nikki Yanofsky

Dominique Fils-Aimé

Betty Bonifassi

Luc De Larochellière

Jérôme Charlebois

Marco Calliari

Nathalie Simard

Plume Latraverse

MIchel Pagliaro

Élage Diouf

Dany Placard

Renée Wilkin

Cédrik St-Onge

Laurence Jalbert

Québecissime

Aldo Nova

Garou

Alain Dumas

Mes aïeux

MarieJo Thério

Geneviève Jodoin

Caroline Savoie

2 commentaires
  • Paul Gagnon - Inscrit 25 mai 2020 16 h 07

    ET vite piger dans la poche du contribuable

    comme Guy Laliberté et la famille Bombardier... chacun à son échelle.

    C'est ce qu'on appelle des contributions involontaires.

    • Todd Picard - Abonné 26 mai 2020 06 h 58

      Monsieur Gagnon, si vous prenniez la peine de relire l'article, vous vous rendriez compte qu'il ne s'agit pas ici de demander plus d'argent au gouvernement (donc à vous le contribuable). En fait, il s'agit plus de remettre en question la division des part de cette enveloppe qui existe déjà. En l'occurrence, redonner une part plus grande de cette enveloppe aux créateurs plutôt qu'aux intermédiaires.