Pour une relance indissociable de la crise climatique

«Alors que de nombreux pays s’apprêtent à utiliser la relance de l’après-COVID-19 pour limiter les répercussions de la crise climatique, le Québec a l’occasion de s’appuyer sur l’innovation sociale, économique et technique», estiment les auteurs.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Alors que de nombreux pays s’apprêtent à utiliser la relance de l’après-COVID-19 pour limiter les répercussions de la crise climatique, le Québec a l’occasion de s’appuyer sur l’innovation sociale, économique et technique», estiment les auteurs.

La crise que nous vivons aura des répercussions durables. Selon la direction que prendra l’action gouvernementale, elle pourrait même redéfinir notre vision collective d’une économie performante en plus de refaçonner notre mode de vie en société.

Déjà, la crise actuelle nous donne de précieux enseignements pour les années à venir : (1) il est important de reconnaître les risques, de les anticiper et d’agir de façon proactive avant d’être frappé de plein fouet par les événements ; (2) le savoir scientifique et l’accès à des données probantes et transparentes facilitent grandement la prise de décisions et l’acceptabilité sociale lorsque vient le temps de faire des actions qui transforment nos habitudes ; (3) si le débat politique est essentiel à une démocratie, il faut éviter de politiser la crise et travailler plutôt à la résorber et à rallier la population autour d’un objectif, d’un projet de société commun.

Ajoutant notre voix à celles, nombreuses, qui invitent le gouvernement à une relance respectueuse de nos engagements climatiques, nous pensons qu’il est essentiel, pour assurer les meilleures retombées, de considérer les principes qui permettront d’orienter et d’encadrer les programmes et les investissements à venir.

Ceux-ci peuvent avoir un impact majeur sur les orientations de la société pour de nombreuses années. C’est pourquoi il faut se saisir de cette crise, d’une ampleur inégalée, pour préparer le Québec à relever les défis de demain, plutôt que de se contenter de reproduire à l’identique ce qui existait avant la crise. S’appuyant sur diverses réflexions, voici quatre principes pouvant orienter le plan de relance émergent.

Premier principe : minimiser les dommages collatéraux et mieux partager les risques. La réponse à la crise ne doit pas détériorer encore davantage la santé physique et mentale des citoyens, ni aggraver la crise climatique et les problèmes environnementaux. Ainsi, il faudra éviter les subventions qui provoqueraient l’augmentation d’activités fortement polluantes.

Par exemple, les aides aux secteurs les plus touchés devraient être accompagnées de conditions d’investissement consacré à leur décarbonisation et devraient mieux répartir les risques entre les citoyens et les divers acteurs de la société.

Deuxième principe : saisir les occasions qu’offre la réponse à la crise. La relance ciblera vraisemblablement des secteurs à forts effets de levier, tels que ceux de la construction et de la réfection des bâtiments.

C’est aussi une occasion d’innover afin d’encourager les comportements jugés porteurs de relance — privilégier les dépenses locales, les chaînes d’approvisionnement raccourcies, la restructuration du travail par le télétravail, etc. — qui peuvent aussi contribuer au mieux-être collectif sur les plans de la santé, de la sécurité et de l’environnement.

Troisième principe : prévoir ensemble les prochaines crises sanitaires et climatiques en développant notre capacité de résilience. La relance ne peut se penser en vase clos. Elle doit impliquer l’ensemble des citoyens dans un débat public. Dès à présent, le gouvernement peut co-construire, avec les acteurs et experts du milieu, des programmes efficaces visant à combler des lacunes évidentes de notre société, sur le plan, entre autres, de la gestion de l’eau et des risques d’inondation ainsi que sur le plan de la gestion des matières recyclables et résiduelles. Un soutien aux infrastructures intelligentes sobres en carbone qui aideront à accélérer la mise en œuvre de la transition énergétique et au développement d’une économie circulaire est également à prévoir.

Quatrième principe : instaurer des mécanismes efficaces de reddition de comptes et de suivi. Tous les effets collatéraux du plan de relance ne peuvent être évalués avant que celui-ci ne soit déployé.

Or, pour soutenir un développement économique durable à faible intensité de carbone, le gouvernement doit prévoir des mécanismes lui permettant, d’une part, d’identifier rapidement les correctifs à apporter aux programmes mis en place et, d’autre part, d’agir avec agilité pour corriger le tir lorsque nécessaire.

Heureusement, tout n’est pas à reconstruire : le Québec bénéficie d’un système de santé publique et d’un important filet social qui ont prouvé toute leur pertinence. Il peut également compter sur une production d’électricité abondante et décarbonisée, de même que sur une population réactive et solidaire. À cela s’ajoutent les efforts investis en amont, l’État québécois sortant tout juste d’un exercice visant à préparer sa prochaine politique climatique.

Alors que de nombreux pays s’apprêtent à utiliser la relance de l’après-COVID-19 pour limiter les répercussions de la crise climatique, le Québec a l’occasion de s’appuyer sur l’innovation sociale, économique et technique pour s’établir comme chef de file sur la scène mondiale de la transition.

* Ce texte est porté par plus de vingt chercheurs et universitaires de différents établissements. Pour voir la liste complète des signataires : http://climat-etat-nous.org


 
13 commentaires
  • Robert Bernier - Abonné 1 mai 2020 07 h 36

    Appel plus que bienvenu

    Comme on le sait, nos gouvernements s'apprêtent à déverser des milliards de NOS dollars sur les marchés afin de remettre le Québec et le Canada en marche. Ces milliards, nous aurons à les rembourser au fil des années. Il vaudrait mieux, en conséquence, que ces milliards servent à améliorer le sort de ceux qui vont payer, pas à remplir les poches des grands actionnaires des compagnies pétrolières. Si les Albertains ont eux aussi besoin de retrouver une activité économique, ces milliards devraient servir à les guider enfin sur la voie d'une diversification économique: lire, une sortie du pétrole.

    Pour le Québec, le groupe de chercheurs a pointé le secteur de la construction/rénovation: "La relance ciblera vraisemblablement des secteurs à forts effets de levier, tels que ceux de la construction et de la réfection des bâtiments." Il y a en effet un effort important à donner du côté de la performance énergétique de nos bâtiments résidentiels ou industriels.

    Il y a à l'évidence un gain net du côté de l'amélioration des transports en commun. On sait que près de 40% des GES au Québec sont émis par le secteur du transport dont une part considérable à la voiture individuelle (Normand Mousseau: Gagner la guerre du climat).

    Le groupe de chercheurs avait mis de l'avant ses priorités au moment de l'élection Québécoise d'octobre 2018. Espérons qu'il sera mieux entendu cette fois. Surtout, espérons que des "passionaria" de l'environnement ne le déjugeront pas sous prétexte qu'il serait trop raisonnable, trop savant, pas assez révolutionnaire ( http://philosophiesciences.centerblog.net/ ).

    Que nos milliards servent à bonne fin.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 1 mai 2020 10 h 17

      Je suis d'accord avec vous, les investissements pour relancer l'économie ne devraient pas servir des intérêts qui nous sont au fond préjudiciables.

      Toutefois j'ai bien peur que toute cette campagne de relations publiques au sujet de l'urgence climatique soit un détournement d'écologie. En prédisant une catastrophe, il devient possible de taxer l'énergie et de mettre ça sur le dos de la protection de l'environnement alors que dans les faits, il y a très peu de liens entre les différentes mesures pour limiter les GES et la protection réelle de l'environnement. Bien sûr, si l'on croit aux pires scénarios du GIEC, par association, ce qui les cause sera vu directement comme une pollution.

      Toutefois, si l'on prend un pas de recul pour écouter, directement, des docteurs en physique et des ingénieurs, déjà critiques des simulations et des modèles informatiques, on se rend compte que les pires scénarios sont improbables et surtout, que les marges d'erreur sont trop grandes dans les différents modèles. Les premiers rapports du GIEC étaient d'ailleurs honnêtes au sujet de cette incertitude.

      Certes, doubler les concentrations de CO2 pourrait provoquer une augmentation minime des températures, ce que personne ne nie, mais ce qui est contestable, contesté et difficile à prouver, c'est la fameuse boucle de rétroaction positive d'un climat qui s'emballe à partir de cette augmentation. Ici ça demeure de la spéculation, là-dessus, des scientifiques sérieux contestent les prétentions du GIEC, qui demeure un organisme politique destiné à mousser, c'est dans sa mission même, l'atténuation d'un effet de serre d'origine anthropique.

      Des parcs d'éoliennes ne sont rentables qu'à cause de schèmes pour forcer l'achat, à perte, d'électricité qu'elles produisent, alors que l'on n'a pas les capacités de la stocker par ailleurs, ces projets ne sont rendus acceptables à cause de la menace climatique, mais en plus de nuire, ils ne changeront rien.

    • Robert Bernier - Abonné 1 mai 2020 15 h 29

      @ Charles-Étienne Gill

      Vous écrivez: "Toutefois, si l'on prend un pas de recul pour écouter, directement, des docteurs en physique et des ingénieurs, déjà critiques des simulations et des modèles informatiques, on se rend compte que les pires scénarios sont improbables et surtout, que les marges d'erreur sont trop grandes dans les différents modèles."

      Le fait est que, d'une année à l'autre, d'un rapport au suivant, les prédictions premières du GIEC sont renforcées sans compter que, à chaque fois, ce sont les scénarios les moins optimistes qui sont rencontrés par les observations-terrain tous azimuths. Je ne crois pas qu'il reste beaucoup de place pour un aussi grand scepticisme.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 2 mai 2020 21 h 38

      D'un rapport du GIEC au suivant, les prédictions sont renforcées? Je vais vous donner un exemple simple de la manière dont la couverture médiatique et la relation publique fonctionnent pour faire taire la critique, ce qui consolide l'impressions que les observations-terrain confirment des scénarios.

      Suivant moi-même l'actualité sur le sujet, je savais que la recherche de Resplandy et Al, laquelle a fait l'objet d'un article rétracté par la revue Nature, avait été incluse dans un rapport du GIEC, mais je ne me souvenais exactement où. Quand, preuve à l'appui, avec hyperlien et citation, j'ai exposé un problème ici, au sujet du réchauffement des océans, j'ai évoqué l'existence d'un double standard: chaque nouvelle qui contribue à la thèse anthropique (qui consolide l'urgence) est couverte, souvent sans expertise un peu critique (ce qui est contraire à la déontologie journalistique), alors que si une actualité scientifique vient l'infirmer, ça ne sera pas couvert. Ainsi l'article de Resplandy et Al. sur le réchauffement des océans a été popularisée dans les médias, mais pas la nouvelle selon laquelle l'article était rétracté.

      Pourtant, Judith Curry, qui héberge un blog scientifique, avait édité une étude de l'article qui montrait des erreurs de calculs. Il était donc possible de savoir que l'article était problématique. Pourtant il a été intégré dans l'une des références de Cheng et Al, article qui se retrouve, LUI, dans le rapport spécial du GIEC sur le réchauffement des océans. C'est un exemple de source qui est contestée, mais incluse indirectement dans un rapport du GIEC.

      Or, lors de l'affaire, j'ai été ridiculisé par un commentateur ici car je n'arrivais, rapidement, à trouver ladite source pour confirmer l'inclusion de l'article dans un rapport du GIEC. Il s'en trouvait même pour ridiculiser le fait que je consultais, un blog, alors que c'était celui de Curry.

      Peu de gens ont la patience d'écouter Camille Veyres ou lire Curry...

  • Claude Bariteau - Abonné 1 mai 2020 07 h 42

    Texte bien pensé qui néglige deux points fondamentaux pour « rallier la population autour d’un objectif, d’un projet de société commun ».

    Le premier est la création d'un État indépendant par les futurs citoyens et les futures citoyennes qui se dotent des outils régaliens de tout État indépendant, qui est le moteur pour fonder un projet de société commun.

    Le second est l'élaboration d'un tel projet dans un système politique autre que provincial et monarchiste constitutionnel, le républicanisme étant le système autre dans lequel les prises de décisions reposent sur un aval de la majorité des membres de cet État indépendant.

    Avec ces deux points, les décideurs politiques ne cherchent pas à rallier la population. Ce sont les citoyens et les citoyennes qui les guident dans leurs choix.

  • Benoit Léger - Abonné 1 mai 2020 08 h 21

    Cinquième principe: perpétuer la misère

    La seule différence entre les banquiers et les écolos bien nantis, c'est que les seconds ont une vision à plus long terme d'un monde inégalitaire dont ils peuvent jouir aux dépens des plus pauvres.

  • Cyril Dionne - Abonné 1 mai 2020 08 h 38

    La surpopulation n’est pas l’éléphant dans la pièce des changements climatiques, mais le troupeau d’éléphants

    Est-ce qu’on pourrait parler en des termes plus clairs si justement on veut rejoindre la population? Il faudrait aussi donner des exemples concrets de la vie des gens ordinaires et comment cela va les affecter suite à la fin de cette crise pandémique d’ici deux ans. Le diable est toujours dans les détails.

    OK. Tous sont pour minimiser les dommages collatéraux et mieux partager les risques et contre les subventions qui provoqueraient l’augmentation d’activités fortement polluantes. Mais on sait tous que les activités vertes sont hautement subventionnées et par-dessus cela, par les activités des énergies fossiles des consommateurs qui paient des taxes à la pompe.

    La relance sera polluante a posteriori de la COVID-19. Dire le contraire, ce serait se mentir. En passant, ils n’ont jamais pu trouver un vaccin pour aucun des virus de la famille des coronaviridae, une famille de virus à ARN simple. Les gens vont consommer des produits fossiles comme on ne l’a jamais vu auparavant. La construction et la réfection des bâtiments sont des activités très polluantes avec des matériaux comme le ciment, l’isolation et j’en passe. Mais va pour privilégier les dépenses locales, les chaînes d’approvisionnement raccourcies, la restructuration du travail par le télétravail, des activités humaines moins polluantes. En d’autres mots, produire localement pour nous.

    Mais SVP, arrêter d’associer la crise épidémiologique avec les changements climatiques. Ce n’est pas la même chose. Le seul point commun, c’est la surpopulation qui est à la source de tous ces fléaux qui nous affectent. La surpopulation n’est pas l’éléphant dans la pièce des changements climatiques, mais le troupeau d’éléphants.

    En passant, les panneaux solaires sont fabriqués avec du charbon. La biomasse utilise du charbon et des pneus déchiquetés pour augmenter la température et la combustion pour produire de l’énergie. Enfin, les éoliennes sont fabriqués avec du pétrole. Fibre de verre-plastique-pétrole.

  • Charles-Étienne Gill - Abonné 1 mai 2020 10 h 00

    Quelle crise?

    Il suffit de lire le 4e principe pour comprendre que les lobbys et groupes qui militent dans à travers un agenda de dé-carbonisation facilitent en fait la vie à d'autres organisations, corporatives et bureaucratiques, qui veulent, par l'entremise de la régulation, mieux assoir leur propre influence, pour leur propre intérêt.

    À titre d'exemple, de grands groupes industriels souscrivent à «l 'urgence climatique » car ça permet de mettre des normes à niveaux pour imposer des pratiques, dans la construction et l'entretien de bâtiments, pour ce faire, ces mesures devront être financées et cela facilite les intérêts des institutions prêteuses.

    Pourquoi pensez-vous que la Banque mondiale s'intéresse au climat? Voici un extrait de son site :
    « L'action climatique aide les pays à se développer de manière durable. La lutte contre le changement climatique s’accompagne de nombreux bienfaits : un air pur et une eau salubre, des océans en bonne santé, des villes résilientes et des systèmes alimentaires et agricoles durables. »

    L'air plus pur n'a absolument rien à voir : dans les viles, c'est la combustion du diesel qui compromet, entre autres, la qualité de l'air , il y a déjà des millions de victimes (mortes ou malades) de la pollution de l'air par les particules fines, lesquelles n'ont rien à voir avec les GES comme tel. Une transition pour le transport lourd vers le gaz améliorerait significativement ce problème.

    Voici plutôt le véritable incitatif : « Investir dans des infrastructures résilientes dans les pays en développement pourrait rapporter 4 200 milliards de dollars : pour un investissement d'un dollar, le bénéfice est de quatre dollars en moyenne.»

    « L'augmentation rapide des financements est indispensable, mais les budgets publics ne suffiront pas à eux seuls. [...] la Banque mondiale répond également à la demande des pays en mobilisant l'investissement privé et en aidant à créer des marchés bas carbone là où ils n'existent pas.»

    • Jean Richard - Abonné 1 mai 2020 15 h 05

      « L'air plus pur n'a absolument rien à voir : dans les viles, c'est la combustion du diesel qui compromet, entre autres, la qualité de l'air , »
      Il n'y a pas que le diesel, même s'il tient une large part. Les particules fines causant des problèmes respiratoires viennent principalement de la circulation automobile en général, tous véhicules confondus. Parmi ces particules fines, il y a, certes, celles liées à la combustion de carburant dans les moteurs, les diesels étant en haut de la liste (tous n'ont pas de filtres à particules, ce qui pourrait aider à réduire de telles émissions), et il y a les particules liés à la friction (usure des pneus et usure de la chaussée). Au Royaume-Uni, là où le diesel est plus répandu qu'ici, on a calculé que plus de 40 % des particules fines émises par les transports routiers ne venaient pas de la combustion du carburant. Au Québec, cette proportion pourrait être beaucoup plus élevée. Il y a très peu de voitures diesel (seulement des camions), et s'ajoutent une importante quantité de poussières liées à l'entretien des chaussées en hiver, le sable et le sel. Il ne faudrait pas croire qu'étant des éléments trouvés dans la nature, les poussières de sel et de sable soient bonnes pour les bronches et les poumons.
      L'autre problème avec les particules fines associées à la circulation routière, c'est qu'elle sont cumulatives et elles restent prés du sol. Elles sont plus lourdes que l'air et c'est donc normal. Chaque voiture qui circule, et d'une importance qui augmente au carré de la vitesse, ces particules fines sont soulevées par la turbulence et leur plus forte concentration pourrait se retrouver entre 1 et 3 mètres du sol, à la hauteur des humains qui les respirent.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 2 mai 2020 21 h 56

      Merci Monsieur Richard pour vos précisions.

      Ce que je cherche à rendre évident, c'est qu'en soit, des effets futurs, d'une augmentation hypothétique, des températures, en raison des GES, anthropiques, demeurent de la spéculation. Il est possible que l'albédo soit augmenté avec la vapeur d'eau, il se peut aussi qu'un climat plus humide régule, homogénéise, plutôt que rendre plus extrêmes divers phénomènes. Il est possible qu'un climat plus chaud (car c'est malgré tout aux pôles que les effets seraient les plus intenses) soit également plus favorable. On prédit des catastrophes avec une montée des océans, mais on oublie de dire que c'est constant, qu'à la rigueur il y aurait une accélération d'un phénomène et non le surgissement d'un phénomène. Donc par exemple la relation entre la pauvreté et les problèmes du Bangladesh est beaucoup plus évidente, dans un contexte de surpopulation où les tampons du littoral sont détruits, que l'effet des changements climatiques.

      Qu'est-ce qui est le plus susceptible d'aider le Bangladesh, une taxe carbone et la mise en place des idéaux de Greta ou l'accès à de l'énergie bon marché? De toute façon, l'accord de Paris n'est pas contraignant pour la Chine et d'autres pays où les centrales poussent comme des champignons.

      Donc si l'on veut être honnête et vraiment parler de justice et d'aide aux pays en développement, il y a énormément de choses à faire et c'est la même chose pour la santé. Avant de crier à l'injustice climatique en culpabilisant les gens par la sensibilité à des enjeux de santé encore inexistants, il y a des enjeux réels, comme la pollution atmosphérique et la déforestation pour la recherche de combustible.

      Qu'on finance nos transports en commun, pour mieux vivre, je suis d'accord, que cela fasse partie d'un plan pour réduire la pollution , c'est super, mais les GES eux-mêmes ne devraient pas être un critère.