Progression du coronavirus et système d’information

«Pour mieux connaître la gravité de la maladie et ses effets sur la population et le système de santé, des informations sur le nombre de cas d’hospitalisation, de mortalité et de guérison seront nécessaires», estime l'auteur.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Pour mieux connaître la gravité de la maladie et ses effets sur la population et le système de santé, des informations sur le nombre de cas d’hospitalisation, de mortalité et de guérison seront nécessaires», estime l'auteur.

L’information de qualité est un enjeu majeur dans toute crise. Le gouvernement du Québec l’a très bien compris. La qualité de l’information et la cohérence des messages sont au rendez-vous. Nous comprenons mieux les messages et la pertinence des mesures qui sont prises. Nous acceptons plus facilement de modifier nos comportements pour des intérêts plus grands que les nôtres. Le leadership de notre premier ministre, de la ministre de la Santé, du directeur général de la santé publique, de même que la cohésion et la compétence de notre communauté scientifique et médicale font honneur à notre société et ferment la porte aux fausses nouvelles que favorise la gestion par le vide.

Les mesures urgentes pour diminuer la progression de la maladie, mettre en place un système d’évaluation et adapter les services de santé ont été prises. D’autres viendront sans doute dans les prochains jours et les prochaines semaines. Les efforts pour s’assurer de leur mise en place et de leur maintien sont gigantesques, et demeurent une priorité du gouvernement et de toute notre société.

Il faudra cependant rapidement mettre en place un système d’information et un tableau de bord permettant à la population, aux médias et au système de santé de suivre en même temps avec les mêmes informations l’évolution de la maladie et l’évolution des performances du système d’évaluation.

Évaluation

Ces informations nous seront nécessaires pour maintenir notre solidarité tout au long d’une crise qui sera longue, pour éviter la panique, pour mieux comprendre les nouvelles décisions de nos gouvernements et nous assurer de la performance de notre système d’évaluation et de notre système de santé.

Certains résultats du système d’évaluation sont disponibles. Dans les médias, c’est le nombre de cas de personnes atteintes et la progression journalière qui retiennent actuellement l’attention. À mesure que le système d’évaluation deviendra plus performant et que la maladie progressera, le nombre de cas subira une progression très rapide, ce qui risque d’augmenter la peur et l’angoisse. La comparaison de l’augmentation du nombre de cas avec l’augmentation du nombre de personnes testées demeure essentielle pour une information de qualité. Pour mieux connaître la gravité de la maladie et ses effets sur la population et le système de santé, des informations sur le nombre de cas d’hospitalisation, de mortalité et de guérison seront nécessaires.

Des informations sur les principales étapes du processus d’évaluation devraient également être rendues disponibles pour mesurer la fluidité du processus et la progression de la maladie. Par exemple, avec le nombre d’appels reçus, le nombre de personnes à tester, le nombre de personnes testées, le nombre d’analyses produites, nous pourrions prévoir la progression de la maladie, mesurer les efforts pour répondre aux besoins de la population et empêcher certains goulots d’étranglement du processus.

À mesure que la maladie progressera, des questions de plus en plus nombreuses se poseront sur l’efficacité du système d’évaluation et sa capacité à rendre compte des progressions de la maladie. Des questions se posent déjà sur les attentes au téléphone et les difficultés de rejoindre le système, les délais pour pouvoir passer les tests, les délais pour obtenir des résultats. Il ne sera possible d’apporter des réponses crédibles à ces questions que si des indicateurs précis de performance sont établis et que la collecte d’informations sur une base continue permet de mesurer et de rendre compte de l’écart avec ces critères.

L’efficacité du système d’évaluation joue un rôle essentiel pour le contrôle de la transmission de la maladie et pour mesurer l’évolution de la maladie en temps réel sur une base quotidienne

Pour les régions du Québec, des questions de plus en plus nombreuses se poseront rapidement sur la capacité des informations locales à rendre compte de la situation dans leur région. La mise en place d’un système régional d’information s’impose et devient une priorité, pour mesurer à la fois la performance de notre système d’évaluation régional et la progression de la maladie dans la région. Une attention particulière pourrait être donnée à la transmission communautaire interrégionale de la maladie.


 
3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 23 mars 2020 08 h 36

    Ce qu’il ne vous dise pas

    Oui, il faut informer les gens et être transparent, sinon la population risque de perdre confiance dans leurs institutions comme c’est déjà le cas avec le gouvernement libéral de Justin Trudeau. Toujours trois pas en arrière. Il met devant aujourd’hui ce qu’il aurait dû faire hier, frontières et aéroports fermés obligent.

    Ceci dit, beaucoup d’experts affirment que le COVID-19 diminuera à la fin du printemps ou au mois de juin. Mais le pire dans ce scénario, il y aura probablement une deuxième vague en hiver ou même une troisième vague plus tard après mutation. C’est très difficile à prédire sans scénario au préalable, mais avec la grippe espagnole des années 1918 et 19, même si ce n’est pas un virus de la même nature, la propagation de celui-ci s’apparente à ce que nous voyons maintenant. Deux grandes questions : Est-ce que ce sera saisonnier ou bien est-ce que l’infection du COVID-19 donnera une immunité durable aux personnes infectées?

    La durée de l’immunité après infection demeure la grande inconnue. Si on compare avec d’autre virus de la même souche, on peut s’attendre à ce qu’elle soit de courte durée due au phénomène de mutation. Donc, même avec un vaccin, celui-ci ne serait pas très utile pour aplatir cette célèbre courbe d’infection et pourrait être même contreproductif.

    Tout cela pour dire que le COVID-19 ne nous a pas encore révélé tous ses secrets et que c’est difficile d’établir des scénarios de contamination alors qu’il y a trop d’inconnues présentement et pas assez de données pour établir un modèle crédible. Nous faisons face à un problème de santé mondiale qui ne peut être résolu sans une approche globale. Bientôt, si ce n’est pas déjà le cas, on devra faire des choix entre la gestion de la pandémie ou l’économie qui sera inexistante à la fin de ce déluge épidémique. L’efficacité du système d’évaluation pourra jouer un rôle essentiel pour contrer cette épidémie, mais il ne faut retenir notre souffle. Et j’espère sincèrement que je me trompe.

  • Yves Corbeil - Inscrit 23 mars 2020 12 h 35

    La transparence est absente partout

    Pourquoi sinon pour continuer à faire tourner l'économie.

    On s'entends tous qu'il faut manger, fabriquer et transporter ses denrées, se faire soigner, poursuivre la recherche et fabriquer le nécessaire de protection pis se loger. Bien PAYER le prix pour que ceux là qui sont au front pour sauver la vie des gens, assurez-vous qu'ils ont tous la protection nécessaire pis le reste de vos mesurettes on s'en (...)

    Le boss de la FED l'a dit hier à (60 minutes CBS), ils tous faire pour que les entreprises ne mettent personne à pied car ça a pris dix ans pour rétablir la situation et il est impossible de revivre cela, insupportable économiquement.

    Qu'est-ce que ça veut dire entre les lignes, continuez comme si de rien était au risques de vos vies car le monde financier en dépends.

    Vous êtes tous rassurez maintenant, alors arrêtez de chialer pis retourner travailler, sinon (...)

    Et le cheuf au canada, y doit rester cacher car si y meurt on meurt tous, pu de général t'es mort, le soldat y sait pu ou aller ni quoi faire dans ces circonstances.

  • Yves Corbeil - Inscrit 23 mars 2020 14 h 13

    Hier encore on se pétait les bretelles et maintenant nous sommes les plus contaminés au canada

    Pourquoi, le «spring break» une semaine avant les autres donc à ce moment là, on savait pas qu'il fallait se mettre en quarantaine.

    Vous lisez entre les lignes (...) bien oui c'est cela tous ceux qui sont revenu et on repris leurs activités dans la société ont contaminés plusieurs citoyens qui eux ont contaminés d'autres citoyens et ces gens là, ils n'ont pas encre commencé à les testés mais ça s'en vient. Alors les chiffres sont encore SOUS estimés.

    Ça explique les mesures de confinements aujourd'hui mais ça n'explique pas les manques de rigueurs pour quelles soient appliqué. Ceux qui doivent continué à fournir les services essentiels sont-ils «safe» pour leurs entourages, leurs collègues et la population pour laquelle ils ont en service.

    Et pas un mot sur une substentielle augmentation pour les risques qu'ile prendront pour assurer la survie de ceux qui resteront chez eux, j'en suis. Et est-ce que leurs sécurités sera assuré avec les moyens de protections. À suivre.

    C'est beua messieurs, madame mais il manque de cohérence dans le chemin à suivre qui change continuellement avec l'évolution de la situation. Donnez un coup et peut-être devriez-vous déléguer un peu plus afin de vous reposez car depuis le début de cette crise vous êtes là 7 jours sur 7 et il est prouvé médicalement que l'homme à besoin de repos pour que son cerveau soit à son maximum. Les accidents et les mauvaises décisions se produisent quand on est fatigué du au manque de sommeil. DÉLÉGUÉ et revenez nous plus fort plus tard.