Pour Québec solidaire, la souveraineté est un moteur de la lutte sociale

«L’émergence de [Québec Solidaire] QS et par la suite sa croissance ont été rendues possibles par la faillite du Parti québécois (PQ)», affirme l'auteur.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «L’émergence de [Québec Solidaire] QS et par la suite sa croissance ont été rendues possibles par la faillite du Parti québécois (PQ)», affirme l'auteur.

À deux reprises M. Louis Fournier s’est livré à un réquisitoire contre Québec solidaire (QS), dans ses opinions publiées les 28 décembre et 18 novembre derniers. Dans son plus récent texte, il se revendique de la convergence des souverainistes, tout en exprimant des jugements de valeur sur QS, ses membres et sa direction qui relèvent d’une chasse aux sorcières. Son ton et les accusations qu’il porte donnent à eux seuls bien peu de crédibilité à son argumentaire prétendant viser une convergence des souverainistes.

J’ai été membre de la direction de Québec solidaire, soit au comité de coordination national et au comité exécutif, pendant six ans, de 2012 à 2018. Je fais partie de ceux et celles qui ont fondé ce parti. L’émergence de QS et par la suite sa croissance ont été rendues possibles par la faillite du Parti québécois (PQ) à répondre aux aspirations sociales de la population et par le cul-de-sac de sa stratégie souverainiste, ce à quoi QS s’est attelé. Il ne s’agissait pas d’un coup de tête, nous avons mis plus de dix ans à construire notre programme et notre structure au moyen d’un et parfois de deux congrès par année.

Cela ne nous a pas empêchés d’avoir des discussions en congrès concernant la possibilité de créer des alliances électorales à trois reprises, lors des élections de 2012, de 2014 et de 2018, et je tiens à rappeler que nous avons fusionné avec Option nationale (ON) en 2017.

Mais revenons plus précisément sur les événements qui ont précédé l’élection de 2018 auxquels M. Fournier fait allusion. Il est vrai que nous avons eu des discussions au sein des OUI Québec [Organisations unies pour l’indépendance, NDLR] concernant la convergence des souverainistes.

La feuille de route des OUI Québec d’avril 2016 proposait à l’origine une phase I, de juin 2016 à janvier 2017, qui portait sur l’élaboration d’une proposition conjointe d’accession à l’indépendance avec des propositions à faire adopter aux congrès prévus de chaque parti, soit QS en mai 2017, le PQ possiblement en juin et ON à définir. Cette étape devait être suivie d’une phase II à l’automne 2017 portant sur l’élaboration d’un consensus en vue d’assurer l’élection d’une majorité d’indépendantistes.

La démission de Pierre Karl Péladeau en mai de la même année a modifié la situation. Les OUI Québec avaient ainsi informé QS qu’ils étaient conscients des changements d’orientation que cela pouvait entraîner et avaient pris la décision de suspendre temporairement les travaux jusqu’à l’élection du nouveau chef du PQ.

En octobre 2016, les OUI Québec informaient la direction de QS que la deuxième phase des travaux visant à dégager un consensus autour de la question « comment faire élire une majorité de députés indépendantistes à l’Assemblée nationale lors de l’élection de 2018 ? » ne se posait plus avec la même urgence après l’élection de Jean-François Lisée à la tête du PQ. Par conséquent, ils proposaient de retirer cette « deuxième phase » pour se concentrer entièrement sur la recherche d’un mode d’accession commun à l’indépendance.

Ainsi, même les OUI Québec étaient forcés de constater de façon pragmatique que l’indépendance n’était plus à l’ordre du jour pour le PQ, et par conséquent ils ne pouvaient plus maintenir la perspective d’élection de députés indépendantistes pour 2018. Les discussions ne pouvaient donc porter que sur un mode d’accession à l’indépendance, dans un avenir relativement lointain si on considérait le programme de Lisée. Alors, quelle était donc l’urgence, de ce point de vue, de conclure si rapidement une discussion aussi hypothétique à laquelle Lisée ne donnait pas la priorité ?

Cette discussion sur la feuille de route à laquelle on a donné tant d’importance n’avait donc pour Lisée qu’un but stratégique. On était à des années-lumière d’une quelconque intention de lancer un débat sur l’avenir du Québec.

D’autre part, on ne peut parler d’alliance électorale sans considérer les orientations politiques respectives des partis. À cet égard, les décisions du PQ concernant l’environnement, les pétrolières, les droits sociaux et la perspective d’indépendance sont fort différentes, sinon en opposition, particulièrement en ce qui concerne l’inclusion de tous les membres de la société québécoise.

La charte des valeurs défendue par le PQ puis par le Bloc québécois a contribué à rendre légitimes et à amplifier les préjugés concernant les personnes provenant des minorités ethnoculturelles, ce qui va à l’encontre des notions de justice et d’équité. En ce qui concerne Québec solidaire, le Québec que nous voulons construire appartiendra aux hommes et aux femmes qui y vivent et ceux-ci bénéficieront de droits égaux.


 
68 commentaires
  • Pierre Grandchamp - Abonné 4 janvier 2020 06 h 58

    Le Québec est une terre d'inclusion où règne l'égalité homme-femme. Non à l'infériorisation de la femme en 2020

    M. Frappier écrit: "amplifier les préjugés concernant les personnes provenant des minorités ethnoculturelles,".

    Ce que je trouve inacceptable chez QS, c'est l'acceptation de l'infériorité de la femme avec l'accord pour le port d'un signe religieux et politique, surtout en situation d'autorité.

    • Cyril Dionne - Abonné 4 janvier 2020 10 h 22

      « Ce que je trouve inacceptable chez QS, c'est l'acceptation de l'infériorité de la femme avec l'accord pour le port d'un signe religieux et politique, surtout en situation d'autorité. »

      Là-dessus, je vous rejoins M. Grandchamp. Québec solidaire est un parti qui épouse la notion du religieux dans l’appareil étatique, ce qui présuppose que la femme n’est pas l’égal de l’homme. Tout comme dans le préambule de la « Canadian Constitution » : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit ». Misère.

      C’est un parti d’une autre époque qui prône le communautarisme dans une enveloppe fédéraliste et multiculturaliste. En fait, il n’y a aucune distinction entre eux et le PLQ à ce point de vue qui est rejeté par plus de 70% des Québécois. La notion d’égalité tout comme pour la liberté, en est une à géométrie variable. Certains sont plus égaux que d’autres en plus de profiter de plus grandes libertés. Ils se font les fiers défenseurs d’un régime patriarcal d'un autre millénaire.

    • Claude Bariteau - Abonné 4 janvier 2020 11 h 01

      M. Frappier, je ne sais pas si vous êtes sociologue, mais il ressort de votre texte que vous avez du Québec une lecture sociologique plus que politique. En témoigne, à mes yeux, que vous faites écho à « l’inclusion de tous les membres de la société québécoise ».

      D'un point de vue politique, le Québec est une province du Canada avec des habitants reconnus comme des Canadiens qui y ont des droits de vote. Si, comme vous l'écrivez, vous aspirez à réaliser la souveraineté du Québec, je ne comprends pas que vous ayez une lecture sociologique puisque la souveraineté d’une société n’existe pas en droit, pas plus d'ailleurs les droits des membres d'une telle société.

      Seule existe la souveraineté du peuple et la souveraineté totale qui correspond à l’indépendance d’un État décidé par le peuple qui le crée. Pour le créer, les habitants du Québec ne peuvent pas se concevoir en citoyens canadiens mais en futurs citoyens du Québec, surtout pas en « membres d’une société », ce qui, par définition les dépolitise par définition.

      ---

      Cela dit, j'ai apprécié votre rappel des discussions initiées par OUI Québec.

      Toutefois, j'ai de la difficulté à comprendre que les différences idéologiques entre les partis « souverainistes - indépendantistes » fassent de l'ombre à l’essentiel d’un projet d’indépendance qui consiste à créer un État indépendant pour instituer un régime politique distinct de l’actuel avec l’aval des futurs citoyens qui auront à définir le système politique dans lequel ils entendent vivre comme citoyens du Québec, ce qui est la démarche qui s’impose lorsque tout le processus s’enclenche démocratiquement.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 janvier 2020 13 h 21

      Il me semble que, en regardant,ces jours-ci, les femmes voilées en Iran, il est facile de comprendre la signification politico religieuse du voile musulman.

      Et comment ne pas rappeler, à M. Frappier, que nos propres religieux(euses) ont accepté, dans les années 70, d'enlever leurs symbolaes religieux ostentatoires.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 4 janvier 2020 15 h 49

      « comment ne pas rappeler, à M. Frappier, que nos propres religieux(euses) ont accepté, dans les années 70, d'enlever leurs symbolaes religieux ostentatoires.«  Pierre GrandChamp

      M. Frappier et ceux de notre génération, nous savons pertinemment comment - sur une periode de 15 ans sous l’influence du Concile Vatican 2 - l’Égllse catholique romaine a incité les prêtres, et les membres des communautés religieuses à rendre moins « ostentatoires » leurs signes religieux. Ce phénomène n’est donc pas spécifique au Québec.

      Ce qui est particulier au Québec, c’est que durant cette même période des années 60-70, l’administration publique est devenue laïque en assumant des fonctions de POUVOIR qui correspondent à l’État et non pas aux intérêts de la hiérarchie de la religion chrétienne dominante. La laïcité de l’administration publique au Québec, d’aucune façon serait le résultat du fait que les prêtres portent ou non le col romain et que les religieux et les religieuses portent soit un veston gris ou une chemise blanche ou rayée!

      Il faut être conséquent. Reconnaître le droit de cité aux non croyants n’enlève pas le méme droit aux croyantes et croyants de toutes confessions, indépendamment des signes qu’ils ou elles portent. Dénoncer discriminatoire la loi 21, loin de ce que vous laissez penser, ne fait la promotion d’aucune religion ni d’aucun signe religieux. Au contraire, c’est prendre la défense de la neutralité de l’État de droit où les citoyens sont socialement, par définition, des égaux.

    • Marc Pelletier - Abonné 5 janvier 2020 09 h 11

      M. Jean Jaccques Roy,

      Merci de ramener les faits, tels que vécus !

    • Christian Montmarquette - Abonné 5 janvier 2020 11 h 49

      Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il s'en dépense de la salive pour essayer de contredire le programme de Québec solidaire. Il faut croire que les propositions de Québec solidaire sont assez fortes et populaires pour se mériter autant d'attention.

      Pas facile en effet, de lutter contre des avancements sociaux soutenus par une majorité de la population. Comme par exemple, l'assurance dentaire appuyée par 76% des Québécois. Ou encore, l'augmentation des impôts des plus riches endossée par 65% des Québécois selon un autre sondage Léger diffusé sur TVA.

      " Selon un sondage Léger mené au début du mois de juin pour le réseau LCN, 76% des répondants ont dit être d'accord avec l'idée que l'État rembourse en partie ou entièrement les frais dentaires." - Radio-Canada, 20 août 2018

      LES PROMESSES LES PLUS POPULAIRES - TVA, 6 septembre 2018

      "La proposition de Québec solidaire d’augmenter les revenus du Québec de 12 milliards en adoptant un nouveau régime fiscal pour augmenter les impôts des riches a été appuyée par 65 % des personnes interrogées." - TVA

      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1119129/populaires-slogan-electoral-quebec-solidaire

    • Pierre Grandchamp - Abonné 5 janvier 2020 13 h 07

      @ M. Roy

      Je regardais, récemment, une photo lors de l'inauguration(1959) d'un hôpital: toutes les femmes portaient un chapeau.Quand Claire Kirkland Casgrain fut élue première députée à l'Assemblée législative de l'époque, en 1962, les mâles ont voulu l'obliger à porter un chapeau.

      Cette tradition était reliée à la culture et à la tradition judéo chrétiennes de l'époque.A l'église, la femme devait porter un chapeau; elle n'avait pas le droit d'être servante de messe. Peu à peu, surtout avec la DÉMOCRATISATION du système d'enseignement, les choses ont commencé à changer. Je ne suis pas de ceux qui jettent le bébé avec l'eau du bain: je ne rejette pas cet environnement très religieux qui fut le nôtre jusqu'au début des années 60. Cependant quand j'entends les Québécois francophones blasphémer à-tout-bout-de-champ, je vois cela comme un rejet de cet environnement très religieux de l'époque.

      L'immense majorité. des Québécois francophones sont pro-loi 21. Je relie cela avec notre propension au "blasphème": ils ne veulent pas revivre la même chose avec une autre religion: notamment l'infériorisation de la femme.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 5 janvier 2020 13 h 10

      Sachant ce que l'on sait maintenant, c'est bien fait que l'entente entre le PQ et QS n'ait pas eu lieu. Souhaitons par contre que l'indépendance fasse son chemin au delà des partis et que le peuple choisisse sagement son ou ses porteurs de parole.

      En Catalogne, malgré les agressions violentes et les harcèlements judiciaires de l'État espagnol fascisant, il semble que les divers partis politiques catalans aient convenu de faire passer l'intérêt supérieur de la nation avant celui des partis.

    • Claude Bernard - Abonné 5 janvier 2020 17 h 55

      M Grandchamp
      Je ne crois pas que QS accepte l'infériorité des femmes; il me parait lutter pour son contraire: accepter que toutes les femmes sont capables de penser par elles-mêmes et de choisir les ¨oripaux¨ dont elles se vêtent.
      Vous voyez les choses différemment mais semblez incapable de concevoir que d'autres ne pensent pas comme vous.
      Dommage.

  • André Savard - Abonné 4 janvier 2020 09 h 20

    La souveraineté pour bâtir le communautarisme

    C'est ce qu'on appelle la souveraineté sans l'identité et même sans laïcité. Sous prétexte d'égalité, Québec Solidaire adopte le communautarisme canadien et veut établir comme motif de convergence une culture de lutte sociale et de mobilisations identitaires minoritaristes. Or à quoi mène un tel programme sinon à la dissolution de tous dans la mosaïque culturelle? Québec Solidaire travaille pour le changement de peuple au Québec autant que les partisans des chartes canadiennes et de son gouvernement des juges.

    • Cyril Dionne - Abonné 4 janvier 2020 10 h 11

      Vous avez raison M. Savard, mais c'est plus que cela.

      C'est parce qu’ils sont en décroissance puisque les gens commencent justement à les connaître qu'ils reprennent le micro. C’était « cute » avant, mais maintenant qu’ils se prennent au sérieux, les gens démissionnent de leur saga à saveur communiste.

      Communisme parce qu’ils prônent un système régit par un état autocratique. Tout est gratuit dans leur monde et les gens n’auraient pas à faire aucun effort. Gratuité scolaire du CPE à l'université, l’annulation ou la réduction des tarifs de transport en commun, une assurance dentaire pour tout le monde, un régime de pension universel qui existe déjà, la construction de nouveaux logements sociaux et j’en passe sans préciser d’où viendrait les argents nécessaires. Ah ! Oui, j’oubliais. Ils augmenteraient le nombre de paliers d’imposition ce qui est une facon indirecte de dire que c’est la classe moyenne, encore une fois, qui paierait le tout.

      Dans leur schéma économique, vous pouvez être garanti que les taux d’intérêts augmenteraient en flèche. Idem pour l’inflation et la dévaluation de la monnaie. Les coûts d’emprunt seraient astronomiques et la cote du gouvernement serait dévaluée. Cette décroissance économique amènerait la perte d’emploi sur une échelle monstre, l’économie québécoise se contracterait et les investissements étrangers seraient un lointain souvenir. En fait, ils ne promettent rien de moins qu’un Armageddon économique à saveur vénézuélienne.

      Ils ont toujours voulu remplacer le Parti québécois, nos socialistes d’une époque longtemps révolue. Maintenant que le PQ reprend du poil de la bête et qu’ils sont en perte de vitesse, ils nous disent qu’ils ont toujours voulu faire des alliances avec les forces souverainistes. Pardieu, c’est un parti fédéraliste et multiculturaliste de la même mouture que le PLQ. En plus, ils voudraient un retour des religions dans les sphères étatiques et au diable la laïcité qu’ils combattent avec férocité.

    • Christian Montmarquette - Abonné 4 janvier 2020 13 h 48

      @Cyril Dionne,

      " Sans préciser d’où viendrait les argents (sic) nécessaires" - Cyril Dionne

      Vous jouez à l'innocent, alors que j'ai déjà répondu à toutes vos objections au moins deux fois.

      La gratuité scolaire du CPE à l'université coûterait des milliards en plus d’abaisser la qualité de l’éducation - CD

      Plus d'étudiants qui graduent, rapportent plus de taxes et d'impôts à l'État une fois qu'ils travaillent et donc s'auto-finance à moyen terme.

      L'augmentation des prestations d'aide sociale coûterait aussi des milliards. - CD

      Le maintien de la pauvreté coûte plus de 17 milliards par année au Québec - (IRIS)

      https://iris-recherche.qc.ca/blogue/le-cout-de-la-pauvrete-au-quebec-17-milliards-de

      Idem pour la réduction des tarifs de transport en commun de 50%. - CD

      Plus de gens utiliseront le transport en commun et la mesure s'auto-financera.

      Une assurance dentaire pour tout le monde - CD

      La santé ne s'arrête pas aux gencives et cette mesure de 950 millions pourrait facilement se financer juste par le retour de la taxe de 0,8% sur les profits des banques et des institutions financières retirée par Jean Charest en 2008.

      Un régime de pension universel. - CD

      Le système de retraite payé au privé sera simplement réassigné au public pour assurer la continuité du service, contrairement au système privé qui fait perdre leur retraite aux travailleurs quand les entreprises ferment leurs portes.

      La construction de 12,000 logements sociaux - CD

      Vous mêlez le budget d'opération et les dépenses d'investissements, alors que ces derniers sont rentables et s'autofinancent à moyen terme. Les locataires payent leur loyers même dans les logements sociaux et fiancent l'investissement.

      L'augementation du nombre de paliers d'imposition ne touchent que les 90,000$ et plus et de manière progressive en plus.

      - CQFD

      Cadre financier de Québec solidaire 2018 :

      https://api-wp.quebecsolidaire.net/wp-content/uploads/2018/09/qs_financements11.pdf

    • Cyril Dionne - Abonné 4 janvier 2020 16 h 45

      Encore les vœux pieux.

      La gratuité scolaire du CPE à l'université existe en France et au Mexique. Deux pays déficitaires et un qui est considéré comme un pays en voie de développement et le plus corrompu de la planète. La France est un des pays les plus endettés des pays occidentaux et la qualité de leurs institutions postsecondaires, terrible. Idem pour le Mexique.

      La pauvreté coûte plusieurs milliards par année puisque nous avons un filet social qui ne laisse personne dans le besoin. Augmenter les coûts au régime d’assistance social ne ferait qu’encourager plusieurs à demeurer sans emploi dans une période qui est supposée carburer au plein emploi. Et le coût serait des milliards additionnels.

      Le transport en commun comporte des coûts astronomiques qui sont refilés à la classe moyenne. Et non, cette mesure n’assurera en rien l’autofinancement. Un autre rêve chimérique.

      Une assurance dentaire pour tout le monde. Tous les enfants en bas de l’’âge de 9 ans reçoivent déjà les soins dentaires gratuitement. En plus, tous ceux sur l’assistance sociale après plus de 12 mois aussi. Encore une fois, on va taxer les banques et les institutions financières qui refileront les coûts aux gens ordinaires. Bravo les champions.

      Le système de retraite payé au privé sera simplement réassigné au public et donc ceux qui payent plus pour leur retraite en recevraient moins, et les autres qui en paient moins, en recevraient plus. Alors, pourquoi ces gens devraient se casser en quatre pour financer les autres?

      Bien oui, les logements sociaux s’autofinancent. C’est ce qu’on a vu avec les HLM. Les bâtiments se détériorent et on revient à la même position en plus de coûter une fortune aux contribuables.

      L'augmentation du nombre de paliers d'imposition ne touche que les 90,000$? Le revenu moyen d’une famille québécoise avec la femme et l’homme qui travaille est près de 90 000$ par année. Donc, encore une fois, c’est la classe moyenne qui subventionnerait les autres.

    • Jean-François Trottier - Abonné 5 janvier 2020 09 h 26

      M. Montmarquette,
      vos arguments tiennent la route comme une voiture dont un pneu est crevé.
      "Plus d'étudiants qui graduent, rapportent plus de taxes et d'impôts à l'État une fois qu'ils travaillent et donc s'auto-finance à moyen terme."

      Vous n'en savez strictement rien. C'est de la pensée magique. Ça dépend du marché international, de la vente de pétrole de l'Alberta qui peut faire monter le dollar et donc diminuer les chances d'exportations des produits et services Québécois et d'autres facteurs bêtes, comme par exemple si que les investisseurs décident d'investir ailleurs parce que QS aura créé la surimposition que Marois n'a pas faite, pour de maudites bonnes raisons.
      "Leur" capital c'est en partie notre capital de retraite, à vous, à moi, à l'infirmière auxiliaire qui économise depuis sa toute première paye il y a 20 ans.
      On peut espérer que l'emploi restera stable, on peut y compter à très très long terme, mais y compter à moyen terme est de la gestion d'amateur pas très brillant.
      La seule façon d'être sûr, c'est de créer un mur de 30 mètres de haut tout autour du Québec, interdire l'immigration, couper les importations...

      "Le maintien de la pauvreté coûte plus de 17 milliards par année au Québec."
      Faux, parce qu'elle rapporte aussi de la péréquation, qui est basée sur la manque à gagner depuis les impôts, et donc sur la richesses des gens. Et non, je ne dis pas que je veux la maintenir, au cas où vous sortiriez une bêtise pareille!
      En tout cas vous prenez les gens pour des cons.
      (suite)

    • Jean-François Trottier - Abonné 5 janvier 2020 09 h 39

      (suite)
      "La santé ne s'arrête pas aux gencives et cette mesure de 950 millions pourrait facilement se financer juste par le retour de la taxe de 0,8% sur les profits des banques et des institutions financières retirée par Jean Charest en 2008."
      Cette taxe ne suffira jamais. Vous vous basez sur les soins que les dentistes donnent actuellement.
      Plus de 50% pour de la population ne va chez le dentiste que pour des soins urgents! Dès l'arrivée de ladite assurance, regardez-les se garrocher!
      Le prix d'une assurance dentaire sera le triple de ce que vous prévoyez, sans le moindre doute.
      Ou bien vous ignorez tout des besoins des gens, ou bien vous mentez.

      "Le système de retraite payé au privé sera simplement réassigné au public pour assurer la continuité du service, contrairement au système privé qui fait perdre leur retraite aux travailleurs quand les entreprises ferment leurs portes."
      Si je comprends bien, vous allez interdire les régimes de retraite privés? Wow!
      Et vous croyez vraiment qu'un seul investisseur, le gouvernement, saura éviter tous les pièges de la finance? Et la diversité, alors ? Vous n'y croyez plus?
      Une telle assertion ne peut "fonctionner" que dans la tête d'une personne qui se croit meilleure que les autres en tous points, depuis la (très haute) morale jusqu'aux connaissances financières.
      Ne pas se protéger contre soi-même est ce qui a mené à toutes les dictatures, M. Montmarquette. C'est la grande "force" de QS.

      Vous ne démontrez que l'ignorance totale de QS, ainsi que la vôtre, en matière de gestion, et surtout gestion des humains. Sans parler d'économie... c'est pire!

      - CQFD

      Ne reste qu'une possibilité : démission en groupe de toutes les têtes dirigeantes de QS, pour incompétence crasse.



      Référence : Vivre au Québec et aimer les gens. sti.

    • Jean Langevin - Abonné 5 janvier 2020 09 h 51

      @Cyril Dionne,

      Je partage votre analyse. Juste sur le sujet de la "pension universel". QS croit-il vraiment que les travailleurs du secteur manufacturier qui travaillent sur les quarts de jour et de nuit en plus des fins de semaine vont accepter de se faire ramasser leurs fonds de pensions pour ensuite se faire donner une pension à rabais à leur retraite???
      C'est beau le rêve!! Pas surpris qu'en général, QS décroche un pointage faible chez les travailleurs du secteur industriel.

      Pour ce qui est de l'assurance dentaire, c'est 80% en soins de prévention (ce n'est pas ce qui coûte cher) et 60% en frais de réparationpour les adultes. Je n'ai pas les chiffres du secteur manufacturier quant aux assurances dentaires dispensées par les employeurs mais j'imagine que QS a dû en prendre connaissance de sorte que QS offre quelque chose de moyen qui ferait en sorte que les travailleurs du manufacturier demeureraient sous l'assurance de l'employeur. Je ne serais pas surpris qu'en situation d'égalité au niveau des couvertures privé vs public QS, le travailleur se verrait obligé d'adhérer à là couverture privé. Donc le travailleur débourse certains frais à son assurance privé et supporte aussi le régime privé. D'ailleurs il se pourrait aussi que l'employeur décide tout simplement d'abandonner le plan dentaire puisque c'est le gouvernement qui l'offre maintenant. Donc dans bien des cas des retenues supérieures sur le chèque de paie du travailleur pour une couverture à rabais. Enfin à bien des égards, sous un gouvernement QS, les travailleurs du secteur manufacturier sont mieux d'avoir les reins solides pour supporter les charges additionnelles de ce gouvernement...si il reste encore un secteur manufacturier fort...

    • Claude Bernard - Abonné 5 janvier 2020 18 h 04

      M Savard
      L'égalitarisme semble vous déplaire; à mon avis, voir la souveraineté dans cette optique n'a rien de multiculturel, au contraire.
      Dans un pays souverain, l'égalité peut être obtenue et favoriser l'intégration au fil des générations.
      Si tous veulent l'intégration, les moyens pour y parvenir ne font pas l'unanimité.
      Attirer dans nos combats les plus rejetées de la socitété est un devoir et un moyen plus généreux que de les condamner à se replier entre eux.

  • Claudette Bertrand - Abonnée 4 janvier 2020 09 h 43

    Les mots de la fin......

    À lire les deux derniers paragraphes tous devient clair. "d'autre part" dites-vous.....ben voyons. Grand défenseur des minorités, de l'environnement et des causes sociales, jamais au grand jamais vous ne ferez la moindre concession sur des enjeux si fondamentaux...l'indépendance du Québec attendra, votre pureté idéologique ne saurait souffrir d'être salie par des rapports malsains avec un parti, qui lui, pour avoir été au pouvoir, à dû se salir les mains et subir les attaques permanentes de l'establishment Canadien anglais et du conglémorat la Presse/Radio-Canada....Votre parti sera toujours épargné de ces attaques frontales, un parce-que vous ne prendrez jamais le pouvoir et donc ne serez jamais bien dangereux, et deux, vous servez trop bien le pouvoir que vous vilipendez, en divisant un vote , déjà fragilisé.....Continuez votre travail de sape messieurs et mesdames, vous le faites si bien, qu'en plus, vous vous croyez vraiment.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 4 janvier 2020 13 h 27

      « Votre parti sera toujours épargné de ces attaques frontales, un parce-que vous ne prendrez jamais le pouvoir et donc ne serez jamais bien dangereux, et deux, vous servez trop bien le pouvoir que vous vilipendez, en divisant un vote , déjà fragilisé »

      Chère Madame Bertrand, lisons-nous les mêmes journaux? Parmi les partis siégeant dans l’opposition à l’AN, lequel reçoit le plus d’attaques?
      Lequel de ces partis se fait « dénaturer » son programme et ses positions ? Vous arrive-t-il de percevoir le venin qui sort de la plume des chroniqueurs mercenaires de l’empire Péladeau?
      Que pensez-vous des amalgames et des médisances des scribes qui, à peine réveillés, s’imaginent voir dans les rangs des solidaires des communistes, des fédéralistes ou des multiculturalistes! Vous pouvez répérer facilement ces « scribes » parmi les commentateurs.

      « Les mots de la fin... » votre accusation de diviser « UN vote »! Étonnant ce jugement anti-démocratique! Les péquistes attardés devraient se mettre à l’heure de 2020! Le bipartisme PQ-PLQ n’existe pas. Depuis un an et trois mois, les nationalistes de la CAQ sont au gouvernement et non pas le PLQ, et moins encore le PQ ! Même plus, QS forme la 2ième opposition en raison du nombre de ses député.es DÉMOCRATIQUEMENT élu.es.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 4 janvier 2020 13 h 32

      Mme Bertrand écrit:".Continuez votre travail de sape messieurs et mesdames, vous le faites si bien, qu'en plus, vous vous croyez vraiment.".

      Actuellement, la CAQ a été capable de récupérer une bonne partie de la clientèle du PQ, avec des positions identitaires.De nombreux apparatchiks caquistes sont d'anciens souverainistes....

      Sans une fusion QS et PQ.....ou....sans un travail de collaboration QS et PQ, lors de la prochaine élection, la CAQ est enlignée pour une réélection.

      Sur la question de l'indépendance, en effet, oui "au travail de sape" de QS.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 5 janvier 2020 00 h 25

      @ P. GrandChamp.
      Vous signalez justement à Mme Bertrand que la CAQ et le PQ sont des vases communicants. À un point tel que plus le PQ a abandonné l’indépendance du Québec, plus l’option du nationalisme identitaire s’est imposée, légitimant Legault et la CAQ, Ce qui s’est clairement manifesté dans le pourcentage des votes obtenus en 2018.

      Ce qui est étonnant, Mme Bertrand, tout comme plusieurs commentateurs partisans du PQ voient dans « les autres » la cause du déclin de leur parti: les fédéralistes, les votes des « immigrés » non « intégrés, et QS qui « divise » le vote des indépendantistes. Le plus étonnant c’est de continuer d’entendre cette même ritournelle, alors que tout récemment le politikburo du PQ et son Congrès ont annoncé la refondation de ce parti, admettant avoir trop longtemps abandonné la raison d’être de ce parti: l’indépendance du Québec.

      Au cours des 20 dernières années, sous Bouchard et Landry, le PQ a explicitement abandonné les semblants de la sociale démocratie pour, au contraire, faire la promotion de l’austérité néolibérale. Ensuite, déçu d’avoir perdu à 50% un référendum pour l’indépendance, le même tandem a enterré l’option souverainiste, promettant le réalisme de la saine gouvernance néolibérale d’un Québec nationaliste. En conséquence, ce double abandon a rendu possible le retour au pouvoir du PLQ, héritant sans complexe l’enseigne du néolibéralisme... Mais aussi, l’émergence de la CAQ ouvertement nationaliste et néolibérale!

      La seule antithèse idéologique et politique au néolibéralisme (PQ-PLQ-ADQCAQ) ainsi qu’au nationalisme identiraire PQ-CAQ, est celle de l’arrivée de QS. Vint ensuite l’élection de Amir Kadir et plus tard celle Françoise David: les deux personnifiant le programme de QS, dénoncant la corruption et luttant pour les droits des nouveaux arrivants et pour un Québec ouvert et interculturel!

      Aucun parti n’a « sapé » les votes francophones au dépend du PQ. Le PQ est le seul responsable de sa déchéance.

    • Marc Pelletier - Abonné 5 janvier 2020 09 h 25

      M. Grandchamp,

      Oui pour le travail de sape, mais des deux côtés : le PQ et le QS s'en régalent à en perdre beaucoup qu'ils n'en gagnent, même à l'intérieur de chacuns de ces partis.

    • Claudette Bertrand - Abonnée 5 janvier 2020 10 h 41

      Je parlais, bien sûr, du vote indépendantiste.

    • Claude Bernard - Abonné 5 janvier 2020 18 h 11

      Mme Bertrand
      Là où vous voyez un travail de sape, d'autres, comme celui qui écrit ceci, voit une volonté de justice sociale.
      Libre à vous d'attaquer QS pour, je présume, défendre le PQ; votre défense est un coup d'épée dans l'eau: le PQ tombe par lui-même usé par le pouvoir et l'orgueuil qui le font paraître périmé; ce qu'il est peut-être.

  • Gilles Delisle - Abonné 4 janvier 2020 09 h 44

    Besoins de précisions supplémentaires

    Il aurait été apprécié que M. Frappier précise, avec plus de détails en quoi les décisions du PQ concernant l’environnement, les pétrolières, les droits sociaux et la perspective d’indépendance sont fort différentes, sinon en opposition, particulièrement en ce qui concerne l’inclusion de tous les membres de la société québécoise. Il pourrait mettre en évidence par un tableau comparatif où loge chacun des partis sur ces différents points.

    • Pierre Desautels - Abonné 4 janvier 2020 11 h 00


      Ce ne sont pas avec les tableaux comparatifs et les programmes électoraux que vous obtiendrez une réponse. Il faut plutôt revoir le virage à droite du PQ sur tous ces enjeux durant son triste mandat de 2012-2014. Comme disent les Anglais, "actions speak louder than words"...

    • Gilles Delisle - Abonné 4 janvier 2020 14 h 43

      M. Desautels,

      Je découvre avec vous, que la personne qui a écrit ce commentaire ce matin, 4 janvier à 9h44, n'est pas Gilles Delisle!!! Aurait-on volé mon identité dans ce commentaire? Je vais vérifier avec la Direction du Devoir.
      Le vrai Gilles Delisle

    • Mario Jodoin - Abonné 4 janvier 2020 21 h 15

      « en quoi les décisions du PQ concernant l’environnement, les pétrolières, les droits sociaux et la perspective d’indépendance sont fort différentes»

      Environnement : financement de l'exploitation du pétrole à Anticosti et de la cimenterie McInnis, notamment.

      Pétrolières : exploitation du pétrole à Anticosti.

      Droits sociaux : coupes à l'aide sociale et refus de cesser de déduire les pensions alimentaires dans les programmes sociaux, malgré des engagements allant dans ce sens.

      Perspective d’indépendance : mise en veilleuse de toute possibilité de tenir un référendum sur la question avant 2022.

      Inclusion de tous les membres de la société québécoise : charte des supposées valeurs québécoises, entre autres.

  • Jean-François Trottier - Abonné 4 janvier 2020 09 h 47

    Les naufrageurs

    QS n'a rien appris : deux référendums, l'un qui a donné lieu à une promesse qui s'est retournée contre les Québécois, et l'autre carrément volé, ne lui suffisent pas.

    Pour QS le fait de dire qu'il enclenchera le processus sans la moindre préparation (aucun de ses meneurs ne parle le moindrement des raisons tant économiques que sociales et écologiques qui guident le mouvement indépendantiste depuis toujours), et que ça se fera tout seul : QS a la "bonne pensée".

    Donner à chacun plus de chance de développement personnel à tout point de vue, a toujours été à la base du mouvement.

    Les médias anglophones Québécois ont profité que quelques indépendantistes aiment agiter le drapeau pour parler à en vomir de "frilosité identitaire".
    QS, qui croit les fédéralistes, a emboîté le pas. Yé!

    Côté frilosité, regardons côté Q : discours "hyper-cohérent", une belle unanimité, un seul regard vers l'ennemi de classe qui comme par hasard forme au moins 45% de la population! Bravo! Belle unanimité mais..

    On est loin des déchirements du PQ. où beaucoup de fortes têtes et libres penseurs assument leurs responsabilités ici et maintenant au lieu de s'en remettre à un idéologue mort depuis 130 ans.

    "...la souveraineté est un moteur de la lutte sociale" dit en titre M. Frappier.
    La "lutte" est l'essentiel pour ces marxistes se clamant du peuple mais prêts à sacrifier des gens pour la cause.
    La lutte, ça tue.
    Le marxisme, ça tue et ça rend idiot.

    Les meneurs de QS, issus pour la plupart de la petite-bourgeoisie, croient connaître "le peuple" parce qu'ils hurlent fort ensemble dans une frilosité identitaire comme je n'ai jamais vue auparavant au Québec.
    QS coupe le monde entre "bien" et "mal" et croit pouvoir imposer sa morale à tout dont l'économie, la finance, la vie sociale et les personnes.

    La moteur du marxisme et de QS, c'est le besoin d'avoir des ennemis.