Vers une Francophonie propulsée par sa jeunesse

La secretaire générale de la Francophonie Louise Mushikiwabo
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La secretaire générale de la Francophonie Louise Mushikiwabo

La nouvelle secrétaire générale de la Francophonie, Son Excellence madame Louise Mushikiwabo, est arrivée au Québec le 9 juin dernier. Membre de plein droit depuis 1971 de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), mais présent à Niamey lors de la fondation, le gouvernement du Québec a su s’affirmer très tôt et contribuer activement au succès de la Francophonie. Cinquième bailleur de fonds de l’OIF, il n’est pas question en 2019 qu’il soit moins audacieux face aux nombreux défis actuels de la langue française à l’échelle internationale. Et ce, surtout au moment où les priorités du nouveau gouvernement du Québec sont directement en phase avec celles de la secrétaire générale de la Francophonie.

Tous les deux fraîchement élus, la secrétaire générale Mushikiwabo et le premier ministre François Legault ont échangé lors du XVIIe Sommet de la Francophonie à Erevan sur la nécessité de moderniser ensemble l’OIF, afin qu’elle soit plus pertinente et plus efficace aux yeux des populations. Le Québec préside d’ailleurs un groupe de travail de l’OIF sur cette question. L’éducation, la formation professionnelle, la jeunesse et l’économie, notamment dans le contexte du numérique, sont également des priorités au coeur du programme mixte du gouvernement du Québec et de l’OIF.

Il faut oser et mettre plus que jamais l’expertise et la créativité québécoises au service des intérêts de la valorisation de la langue française. C’est pourquoi j’ai reçu dès le premier soir de son arrivée Mme Mushikiwabo avec mon collègue le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec pour présenter un visage renouvelé de la Francophonie québécoise.

Je n’ai pas manqué de souligner aussi que le Québec est bien conscient que l’avenir de la Francophonie passe également par le continent africain. Il y aura 500 millions de locuteurs francophones d’ici 2048 et près de 60 % de ceux-ci se trouveront en Afrique, majoritairement au sein des 32 États membres de l’OIF. C’est dans ce contexte que le Québec souhaite s’intéresser davantage à l’Afrique et développer une toute nouvelle relation avec ce continent. L’objectif est de faire évoluer l’approche de solidarité et de coopération traditionnelle vers une approche axée davantage sur la complicité et un nouveau partenariat profitable pour tous.

L’Afrique s’est transformée, il est donc impératif de s’ajuster à sa nouvelle réalité. Ce continent, devenu une voix forte, réclame un traitement d’égal à égal. Ces défis auront une portée mondiale : les jeunes, la formation, la sécurité et l’environnement. À la veille du 50e anniversaire de l’OIF en 2020, le Québec veut jouer un rôle central quant à l’avenir de la Francophonie, indissociable de celui du continent africain. Avec la venue d’une femme de vision, originaire du Rwanda, il y a là une occasion unique en faveur de la Francophonie.

Il faut faire preuve d’audace et miser davantage sur la jeunesse. C’est pourquoi j’ai réuni à l’Assemblée nationale du Québec près de 200 jeunes pour clôturer la visite de la secrétaire générale, ceci afin de souligner notre désir, comme leader, non seulement d’intervenir en faveur de la jeunesse, mais aussi de la mettre en valeur et de la mobiliser encore plus pour l’avenir.

Au Québec et en Afrique, comme dans tous les États et gouvernements membres de l’OIF, la jeunesse est l’espoir de la langue française ! Son audace, sa créativité et sa volonté de dépassement sont une occasion unique pour la Francophonie de se renouveler. Qui sait ce que l’espace francophone nous réserve en matière d’avancées économiques sous l’impulsion de cette nouvelle génération ? Rappelons-nous qu’avec la jeunesse, tout devient possible !

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5 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 12 juin 2019 08 h 36

    La ministre écrit :

    « Avec la venue d’une femme de vision, originaire du Rwanda, il y a là une occasion unique en faveur de la Francophonie. »

    Ce qu'on attend de Son Excellence madame Louise Mushikiwabo, notamment, c'est qu'elle mette fin à l'éducation en anglais dans son pays et qu'elle revienne au français, comme c'était avant. Mme Mushikiwabo a été formée aux États-Unis. Le président du Rwanda, Paul Kagame, a été formé en anglais et il ne parle pas français. En outre, il déteste la France, pour les raisons que nous savons.

    Je suis peut-être pessimiste, mais je n'attends rien de bon de ce mandat de la Rwandaise. Je pense même que Kagame en profitera pour se venger en causant du tort à l’Organisation internationale de la Francophonie.

  • Cyril Dionne - Abonné 12 juin 2019 10 h 38

    On passe

    « Son Excellence madame Louise Mushikiwabo? ». Misère, la nouvelle secrétaire générale de la Francophonie est-elle devenue une reine comme la précédente? L’OIF est tout simplement un autre organisme bidon subventionné en grande partie par les Québécois. Aussi inutile que le comité des droits des femmes aux Nations unies où siège l’Arabie saoudite.

    Ceci dit, Mme Mushikiwabo nous parvient du Rwanda, un petit pays où le français n’existe pas comme langue officielle et qui fait parti du Commonwealth britannique. En plus, lorsqu’elle était ministre du Rwanda, elle et son gouvernement violaient fréquemment les droits fondamentaux de ces citoyens selon « Human Rights Watch ».

    L’avenir francophone du Québec ne passe pas par l’Afrique. Il passe par le Québec tout simplement. Pour dire carrément, le Québec n’a pas besoin de l’Afrique. Mais celle-ci, avec une population qui va doublée d’ici 2050, regarde vers le Québec pour immigrer. Dans un continent où ses allocuteurs francophones sont des assimilés plusieurs fois et où une culture française n’existe pas, disons poliment que ce n’est pas la recette gagnante pour la vitalité de l’aménagement linguistique et culturel du Québec.

    Pour revenir à son « Excellence », est-il temps de mettre fin à ces formules de salutation? Pas mal « tanné » de cette élite succédanée en régime démocratique. L’aristocratie n’existant plus dans nos systèmes démocratiques, il faut reconnaître qu’elle sait dépenser l’argent des autres de façon très élégante jusqu’à faire des bassesses pour en avoir.

    Pour le dire dans une langue qu'ils comprennent : « Don't call us, we’ll call you ».

    • Hélène Paulette - Abonnée 12 juin 2019 12 h 48

      Et si l'Afrique avait besoin du Québec?

    • Cyril Dionne - Abonné 12 juin 2019 16 h 36

      @Paulette

      Alors, vous pouvez commencer à les subventionner en utilisant votre propre argent. La gauche semble toujours très généreuse avec l'argent des autres.

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 12 juin 2019 23 h 40

    @ Monsieur Dionne,

    Je suis d'accord avec vous.

    En lisant l'article, un petit neurone effectua un virage plein sud.

    Nous voyons régulièrement des villes du Québec qui se jumellent à des villes Française.

    Pendant ce temps nous constatons dans la nouvelle génération Franco-États-Unienes le déclin du français , surtout dans les États du Nord-Est. Ils ne ressentent pas de besoin d'apprendre la langue de leurs parents et ancêtres. Cependant, la langue n'est pas seulement un moyen de communication, mais une richesse culturelle. Jumeler des villes de ces États avec des villes du Québec dans un esprit de collaboration de promouvoir le fait français, je crois, serait plus profitable.

    C'est probablement une idée farfelue, alors je reviens à l'article et je termine ma lecture...."Qui sait ce que l’espace francophone nous réserve en matière d’avancées économiques sous l’impulsion de cette nouvelle génération?" Hum! est-ce qu'il y a causalité ici?

    Jean-Paul Carrier