Libérez Shahidul Alam

«La semaine dernière, malgré le travail acharné de ses procureurs, de sa famille et de ses amis, Alam s’est vu refuser pour la cinquième fois une mise en liberté provisoire», rappelle l'auteur. 
Photo: Punit Paranjpe Agence France-Presse «La semaine dernière, malgré le travail acharné de ses procureurs, de sa famille et de ses amis, Alam s’est vu refuser pour la cinquième fois une mise en liberté provisoire», rappelle l'auteur. 

Le 5 août dernier, le photographe militant originaire du Bangladesh Shahidul Alam a été arrêté arbitrairement à son domicile de Dhaka et fait face à une sentence de 14 années de détention. Son crime ? Avoir pris fait et cause contre la répression envers les étudiants et les citoyens qui manifestaient en donnant une entrevue au réseau Al-Jazira et en diffusant des images en Facebook Live.

Shahidul Alam est sans aucun doute un des photographes les plus respectés sur la planète et son oeuvre, pour certains, se compare à celles des plus grands, tel Cartier-Bresson. Ses photographies sont celles d’un être profondément humain, mais aussi, d’un photographe engagé. Et alors qu’il était emprisonné, Alam s’est vu décerner tout récemment le prix humanitaire des Lucie Awards 2018, le Nobel de la photographie.

Alam a aussi créé une agence nommée Drik, et a fondé une école de photographie en Asie du Sud, Pathshala, et le festival de photographie Chobi Mela.

Depuis son arrestation, il ne se passe pas une semaine sans que de grandes institutions comme PEN International, Amnistie internationale, le Comité pour la protection des journalistes, des prix Nobel, des personnalités, des médias tels The Guardian et The Washington Post ainsi que moult citoyens de son pays et d’ailleurs réclament sa libération.

La semaine dernière, malgré le travail acharné de ses procureurs, de sa famille et de ses amis, Alam s’est vu refuser pour la cinquième fois une mise en liberté provisoire.

Shahidul News

Depuis plus de dix années, Shahidul Alam est aussi mon ami.

Une connaissance commune nous a présentés l’un à l’autre alors que Shahidul cherchait à utiliser les possibilités offertes par Internet, mais qu’il redoutait la censure de son pays. C’est ainsi que nous avons lancé sur mon serveur, ici au pays, le site Shahidul News, un véritable outil d’information, de témoignages et de mobilisation destiné principalement aux citoyens et citoyennes d’Asie du Sud. Et que nous avons noué une amitié sincère, bien que nous ne nous soyons jamais rencontrés. Ironiquement, c’est en reprenant le contrôle dans son pays du site Shahidul News que peu de temps après, il fut arrêté.

Madame la Première Ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina Wazed, vous détenez dans votre prison un prisonnier de conscience, arrêté pour avoir voulu exercer sa liberté d’expression. Un homme qui aime profondément son pays et ses citoyens. Un homme bon et humain. Je vous demande donc de libérer Shahidul Alam. Et d’abroger la section 57 de l’Information and Communication Technology Act (ICT), un frein à la liberté d’expression, un véritable outil de censure.

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