Mines et tabac: deux lois, deux réalités

Malartic est la ville qui abrite la plus grosse mine à ciel ouvert au Canada.
Photo: Lawrence Côté-Collins Malartic est la ville qui abrite la plus grosse mine à ciel ouvert au Canada.

La ministre Julie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie a présenté un projet de loi qui actualise une loi qui n’avait pas été revue depuis 2005. Parmi les mesures les plus importantes, mentionnons l’interdiction de fumer dans un rayon de neuf mètres des portes extérieures de tout lieu fermé accueillant le public, l’interdiction de fumer sur les terrasses des bars et des restaurants. Toutes ces mesures visent la protection de la population en regard des dangers reliés à l’exposition de la fumée du tabac. Bravo, le Québec est à l’avant-garde dans la lutte contre le tabagisme.

Luc Blanchette, ministre délégué aux Mines et ministre responsable de la région de l’Abitibi-Témiscamingue, ne semble pas être préoccupé par la santé des citoyens d’une ville de sa région : Malartic, ville qui abrite la plus grosse mine à ciel ouvert au Canada. Le tiers de la population de la ville vit à moins de 600 mètres de la fosse et doit subir les inconvénients qu’une mine à ciel ouvert fait vivre : poussières, bruit, vibrations dues aux sautages, bris aux structures des maisons, stress, impacts sur leur santé physique et psychologique. Si l’exposition à la fumée est dangereuse pour la santé, qu’en est-il de tous les inconvénients reliés à l’exploitation d’une mine à ciel ouvert en milieu urbain ?

Le ministre Blanchette et le gouvernement Couillard semblent beaucoup plus inquiets de la santé financière de la minière que de la santé des citoyens impactés de Malartic.

Serait-il possible, Monsieur le Ministre, d’actualiser la Loi sur les mines ? Serait-il possible de ne plus autoriser une mine à ciel ouvert en milieu urbain ? Serait-il possible qu’une zone tampon existe autour d’une mine ?

Une zone de 600 mètres sans habitation est prévue autour de l’exploitation d’une gravière. Les parcs éoliens ont leur zone tampon. La mine Canadian Malartic possède sa zone tampon : elle est formée des humains qu’elle incommode.

Madame la Ministre Charlebois, la santé publique est un de vos champs d’intervention. Je vous invite à communiquer avec la Santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue pour prendre connaissance du dossier qui concerne la santé des citoyens de Malartic, et plus particulièrement de ceux qui vivent près de la fosse. L’Institut national de la santé publique du Québec a réalisé une étude sur les impacts psychosociaux que vivent quotidiennement les citoyens impactés et dont les résultats sont très révélateurs. La Santé publique a constaté qu’il existe une fracture sociale à Malartic. La Ville ne fait pas le même constat, donc, il n’y a pas de fracture sociale. L’UQAT, par l’intermédiaire de sa Chaire sur les petites collectivités, s’en inquiète aussi.

Madame la Ministre, lorsque vous aurez pris connaissance de tous ces documents, auriez-vous la gentillesse de les faire parvenir au ministre Blanchette pour le sensibiliser aux impacts qu’une mine à ciel ouvert en milieu urbain génère ? L’économie est importante, mais la santé l’est tout autant, sinon plus.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

2 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 15 juin 2016 10 h 32

    La ministre répondra surement comme son chef :

    "Ne vous en faites pas,on s en occupe".Elle ajoutera :"Vous savez les minieres ca rapporte pas beaucoup au Trésor publique.Alors......" J-P.Grise

  • Brigitte Garneau - Abonnée 15 juin 2016 15 h 06

    Belle analogie!

    Comme quoi, ce qui est bon pour l'un n'est pas nécéssairement bon pour l'autre! Avec ce gouvernement (ironiquement composé de médecins), la santé est définitivement moins importante que l'économie! On peut aussi faire un parallèle avec le pétrole et l'environnement...l'économie avant l'écologie!