Enseignant cherche employeur pour réorienter sa carrière

J’aimerais obtenir un travail pour lequel mes compétences professionnelles sauront être reconnues, valorisées et estimées.
Photo: Annik MH De Carufel Archives Le Devoir J’aimerais obtenir un travail pour lequel mes compétences professionnelles sauront être reconnues, valorisées et estimées.

Cher employeur potentiel, par la présente, je vous signifie mon désir de réorienter ma carrière.

Je suis jeune, dynamique, souriant, etc. Mon travail acharné des dernières années m’a amené à développer moult compétences, à raison de plus d’une cinquantaine d’heures par semaine (mon employeur actuel vous dirait sans doute que j’en fais 32, mais qui peut bien croire un ministre de nos jours ?). Voici un bref résumé de ces compétences.

J’ai un grand sens de l’organisation : j’arrive à mener de front une planification tant annuelle qu’hebdomadaire, en plus de maximiser chaque minute de toutes mes journées de travail. Cette planification, modulable en tout temps, se déploie dans six disciplines et fait interagir plus d’une centaine de personnes. « Logistique » est mon deuxième nom !

J’ai un bon niveau de maîtrise de notre chère langue maternelle, tant à l’oral qu’à l’écrit. Patiemment, dans une rétroaction éducative, je suis en mesure de reformuler diverses phrases comme : « Tu comptes-tu ça ? », « ch’rais bin mieux chez nous d’vant à Wii » et autres atrocités du genre. Je suis aussi apte à réviser et annoter des dizaines de copies écrites dans un français parfois plus qu’approximatif. Une vraie machine…

Je sais administrer un budget… Bien que je n’aie jamais été formé pour ça, je tiens à jour plusieurs budgets : matériel périssable, sorties éducatives, matériel pédagogique et les photocopies. Et oui, j’arrive à justifier et optimiser chaque « asti d’feuille » que j’imprime dans une année… Au fil des ans, mon employeur actuel a réussi à m’inculquer un genre de malaise lorsque je dois photocopier un truc. J’imagine que cette sensation est normale puisque, si je faisais mes copies au magasin du coin plutôt qu’au travail, ce serait moins cher. C’est la compagnie de sous-traitance en photocopies qui serait triste.

Mes qualités relationnelles sont indéniables. J’arrive à entretenir des relations harmonieuses avec un lot impressionnant de collègues surmenés, un patron débordé et régulièrement absent, plus d’une cinquantaine de parents aux attentes singulières et parfois irréalistes, deux entités patronales nébuleuses et près d’une trentaine d’enfants aux comportements, humeurs, besoins et prédispositions extrêmement variables. Et ce, avec le sourire.

J’arrive à travailler dans un milieu sale et poussiéreux sans rechigner. À titre d’exemple, on a lavé les bureaux de ma classe une fois en quatre mois. Ici, je tiens à remercier les poux et les vers ronds (oxyurose) qui se sont pointés en gang et ont obligé les sous-traitants de l’entretien ménager à faire des heures supplémentaires, sans doute payées.

Mon leadership est exemplaire (une mère Teresa du « awaye donc ») ! Quotidiennement, j’arrive à motiver près de 30 personnes à faire des trucs qu’ils n’ont pas envie de faire. J’arrive même à leur faire croire qu’ils aiment ça et que c’est important !

Ma capacité d’adaptation est phénoménale. Je travaille pour une direction qui travaille pour une commission scolaire qui, elle, est à la solde d’un ministère. Ces structures patronales girouettes ont la fâcheuse manie de changer leurs attentes et façons de faire de manière périodique. J’arrive, avec l’expérience, à avoir l’air de faire ce qu’ils attendent de moi avec succès.

Je possède un savoir-faire dans l’art du « débogage » informatique. Bien que mon employeur actuel nous dise d’un côté de la bouche qu’il veut préparer la classe de demain, il nous équipe d’un parc informatique d’avant-avant-avant-hier. J’arrive à faire fonctionner près d’une trentaine d’ordinateurs « de marde » roulant sur des systèmes d’exploitation archaïques pendant quelques heures par semaine. Je suis un vrai « wiz-geek-nerd-technophile » !

Je possède un entourage au soutien exemplaire. Autant ma blonde que mon garçon savent que je devrai parfois m’astreindre à faire des heures non comptabilisées durant les soirs et les fins de semaine. Même la gardienne (que je pourrai peut-être continuer de me permettre, avec un nouvel emploi) ne serait pas étonnée de me voir arriver en retard à cause du boulot !

Je vous demande donc de bien vouloir considérer ma candidature et vous réitère ma grande motivation à changer d’emploi dans les plus brefs délais. J’aimerais obtenir un travail pour lequel mes compétences professionnelles, développées avec l’obtention d’un baccalauréat de quatre longues années — et, dans mon cas, d’une interminable maîtrise en sciences de l’éducation — sauront être reconnues, valorisées et estimées. J’imagine qu’il ne vous viendrait pas à l’idée à vous, employeur potentiel, de m’offrir des conditions de travail allant en deçà du niveau d’inflation pour les cinq prochaines années et qu’un gel de salaire pour deux ans ne vous effleurerait même pas l’esprit… « Tsé », le gros bon sens…

Pour des références, je vous invite à communiquer avec M. Yves Bolduc, ministre de la privatisation de l’Éducation, des Loisirs et du Sport. Je doute qu’il puisse vous répondre, tout affairé qu’il est à « massacrer » la classe de demain.

36 commentaires
  • Pierre Labelle - Inscrit 29 décembre 2014 07 h 35

    Le cas Bolduc.

    L'absence probable de réponse de la part de ce Bolduc sera sans doute dû à son analphabétisme fonctionnel; il sait lire mais a beaucoup de difficultés à comprendre le sens des mots. Il doit constamment demander l'aide de son illustre collègue, Phillippe le cérébral, qui lui connaît bien la signification des mots; il en a donné un petit aperçu à son ministre Daoust en lui explicant la différence entre les mots "promesse et objectif".

    • François Dugal - Inscrit 29 décembre 2014 08 h 15

      Monsieur le ministre Bolduc ne peut pas répondre à un enseignant.

  • Cyril Dionne - Abonné 29 décembre 2014 07 h 53

    Tout est dit. Bravo et bonne chance dans votre prochain emploi. ;-)

    • Jean-Yves Marcil - Inscrit 29 décembre 2014 13 h 42

      Moi aussi je dis bravo Jean-François Mercure pour son texte. J'ai moi-même pris ma retraite de l'enseignement voilà déjà 10 ans. Même si j'ai majporitairement travailler en Ontario por une commission scolaire francophone, je doit vous dire que les administrions scolaires ne se comportaient guère mieux que celles dont vous parlez. Quand je repense à des bons souvenirs dans l'enseignement je repense à de nombreux collègues de travail et aux élèves nombreux du niveau secondaire dont j'avais la charge.
      Quand je pense à ce que j'ai tant détesté dans l'enseignement je me rappelle ces administrateurs méprisants, incompétents et adorant jouer au "boss".

    • Simone Lussier - Inscrit 29 décembre 2014 20 h 08

      Merci M. Mercure. En effet, tout est dit... Et les écoles privées (privé = payé par le contribuable à 65% +... Quel oxymore), seront-elles assujetties aux mêmes exigences à la baisse? J'en doute. Surement les écoles des petits des ministres! Comme je suis bête!!! ;-)

      Les enseignants doivent être traités avec du respect et des salaires adéquats au minimum. Ils forment la relève, la pensée critique, la culture générale, etc. Encore une fois, que dis-je? Pensée critique vient contredire docilité et stupidité, potion de contrôle néo-libérale... Ils sont 3, nous sommes plusieurs millions. Faut se le rappeler sans cesse...

  • François Beaulé - Inscrit 29 décembre 2014 08 h 08

    Oubliez toute augmentation de salaire

    Puisqu'une telle augmentation ne réglerait aucun des nombreux problèmes que vous rencontrez dans votre travail.

    J'ai aussi des doutes sur la capacité de quelque ministre de l'Éducation que ce soit de trouver des solutions rapides à ces problèmes. Vous effleurerait-il l'esprit que les parents ont aussi un rôle à jouer?

  • Jean-François Trottier - Inscrit 29 décembre 2014 08 h 27

    Tout affairé? Perdu, oui!

    Contrairement à ses collègues, je ne crois pas que M. Bolduc soit si affairé qu'il le semble. Prenons par exemple M. Barette. On voit chaque jour qu'il sait ce qu'il doit faire pour détruire le système de santé et le brader au privé. Systématique, hargneux et vindicatif, selon le besoin et le jour il sait brosser une caricature d'opinion vite faite bien faite pour bulldozer quiconque s'oppose à lui.
    Moreau, pour sa part, applique à la perfection le principe "diviser pour régner". Fort d'une union avec les deux grandes villes qui nous donne la loi 3, il tire ensuite le tapis sous les pieds des petites municipalités, se sachant protégé là où le vote et le poids comptent pour son parti. Il a bien compris le sens du mot "incontournable".
    Le Très Docte Couillard, lui, réussit à rester dans la généralité et les phrases creuses, déjà équipé depuis presque deux ans de patins bien aiguisés et, au besoin d'un beau revers pour accuser le gouvernement précédent au besoin.
    De Bolduc on ne sent ni la maîtrise de la poque, ni les dons de goune (prononcer "goooone"), ni la force de se tenir dans la slotte.
    En fin de compte, il ne possède pas ses dossiers et, pour le moment, il détruit encore plus sa crédibilité que son ministère, ce qui relève d'une fabuleuse acrobatie quand on voit comment il s'applique au second.
    Comme spécialiste, il n'a jamais vu un seul cas qui demandait plus que 10 minutes de concentration avant de lancer deux ou trois ordonnances et foutre le camp. Pour Barette et le Couillard le mal est moindre, ils connaissaient déjà leur patient.
    Bolduc ne sait pas trop et il opère au hasard, en triturant un peu partout.
    Il essaie sur les commissions ce que Barette fait avec les régions et son attaque aux professeurs est mal bâtie.
    Faut dire que sa marge est courte: les budgets ne sont pas plus serrés dans son ministère (il n'y en a nulle part) mais le capital de mécontentement populaire y est moins grand, d'où le cafouillage.

    Diagnostic: il est cliniquement mo

  • Denis Marseille - Inscrit 29 décembre 2014 08 h 32

    Un nouvel emploi...

    Prenez une sabbatique et allez tenter le marché de la restauration rapide ou allez faire un stage en tant qu'associé dans un magasin à grande surface dont je tairai le nom.

    Après, lorsque vous serez au courant de ce que vive plus de 50% de la population, vous pourrez réécrire une lettre demandant qu'on vous rende votre emploi de professeur.

    J'ai le plus grand respect pour la profession que vous faites et je suis conscient de votre professionnalisme. Là n'est pas la question.

    Combien d'employé(es) ont perdu leur emploi juste avant les fêtes ? Leur malheur à eux est qu'ils travaillent dans des usines non-syndiqué aux salaire minimum. Ils vivent leurs malheurs dans un silence médiatique masquant notre réalité à nous la majorité des québécois. On vit dans la précarité... Alors pour le fond de pension, on repassera.

    • Diane Veilleux - Inscrite 29 décembre 2014 09 h 48

      Il y a quand même une différence de responsabilité entre ''flipper'' des ''burgers'' et préparer les citoyens de l'avenir.

      Quand ont fait des comparaisons il est d'usage de comparer des comparables.

    • Claude Millaire - Abonné 29 décembre 2014 10 h 01

      Bravo bravo M. Marseille, c'est avec des idées comme la vôtre, qui permet au plq de niveler par le bas, BRAVO,BRAVO
      et encore bravo. Québécois né pour un petit pain
      Claude

    • Stéphane Savard - Inscrit 29 décembre 2014 11 h 04

      J'imagine que ces 50% d'individus qui travaillent dans ces domaines ont fait autant d'études que l'enseignant de cet article.

    • Julien-Félix Carrier - Inscrit 29 décembre 2014 12 h 48

      Mme Veilleux...

      Responsabilité différente peut-être, humanité identique malgré ce que vous pouvez en penser. La responsabilité d'un individu ne s'en tient pas qu'à son emploi...

      Ces enseignants et autres, sont après tout bien souvent les enfants de machinistes, manoeuvres ou autres travailleurs moins fortunés. La situation décriée est valable, au-delà d'un seuil minimal auquel tous devraient avoir droit (logement, nourriture, cercle social), un individu est généralement en mesure de s'épanouir et d'en faire profiter la société.

      J'ose croire que vous comprenez que la précarité amène un stress au niveau de la nourriture, des soins, du temps consacré à l'éducation, etc. Et il ne s'agit pas uniquement de l'enseignement de la grammaire et des mathématiques. Comprenez que ces lacunes en bas âge finissent par nous couter très cher. Suivant un principe identique aux fameurs REER, un $ investi auprès d'un enfant (nourriture de meilleure qualité, sorties éducatives, un livre) rapporte très gros sur le long terme, et pas uniquement pour l'enfant!

    • Michel Laroche - Inscrit 29 décembre 2014 13 h 10

      Je suis d'accord avec l'opinion de Denis Marseille. Certains employés de l'État se plaignent le ventre plein.

    • Jean Richard - Abonné 29 décembre 2014 13 h 29

      @M. Marseille – Je suis un peu perplexe face à votre commentaire. D'un côté, ça verse un peu dans le populisme, mais c'est quand même fait avec un minimum d'élégance au point d'amener un anti-populiste à réfléchir un peu.

      Je souscris à l'idée de proposer à ces enseignants si malheureux un stage d'immersion en milieu de travail varié, ce qui pourrait les aider à mieux comprendre certaines choses que de toute évidence, ils ne comprennent pas tous, pas plus que plusieurs ne semblent comprendre le pourquoi du français approximatif des ti-culs qu'ils prétendent éduquer. Une année sabatique pour se frotter un peu au quotidien des parents des ti-culs, c'est loin d'être bête comme idée.

      @M. Savard – Le capitalisme éducatif, ce n'est pas nouveau. C'est vrai toutefois qu'on ne l'appelle pas souvent ainsi, même si son existence ne date pas de la semaine dernière.

      Le capitalisme éducatif ? Ah ! Oui ! On investit dans un diplôme, deux diplômes, trois diplômes et comme dans tout investissement, ça doit rapporter des dividendes. Le travail ne doit donc pas être rémunéré comme étant la production d'un effort, mais il doit s'y ajouter à cet effort les dividendes des diplômes. Et surtout, abstenons-nous de rembourser les véritables investisseurs, les contribuables.

      Bien sûr, c'est un peu du marxisme, philosophie désuète, que de vouloir rémunérer le travail plutôt que le capital. Comme il s'agit d'une approche désuète, on se croit dès lors justifié de trouver normal qu'une heure de sueur à enseigner la grammaire aux gamins vaut autant que dix heures de sueur à tourner des boulettes.

      La forte inégalité de la valeur du travail admise, il ne reste plus qu'à admettre l'inégalité des chances des gamins à se constituer un capital éducatif qui va leur permettre de sortir du cercle vicieux de la pauvreté.

    • Denis Marseille - Inscrit 29 décembre 2014 13 h 56

      @ mme Veilleux

      Je dis que l'auteur peut bien tenter le marché de l'emploi, il s'apercevra bien assez vite que l'herbe est loin d'être verte chez le voisin. Je ne fais pas de comparaison. Quant à la responsabilité, elle vient avec la charge qui nous est demandé lorsque nous acceptons un emploi. Personne tord le bras à personne.

      @ M. Millaire

      Justement monsieur, si vous voulez que la situation générale des québécois s'améliore, commencez donc par le bas. Vous n'aurez jamais le soutien de la population si vous oubliez que ce sont eux qui paient le salaire et les augmentations (au privé, on parle même plus du coût de la vie. On se considère chanceux de garder notre emploi.)

      @ M. Savard

      Vous seriez surpris monsieur du nombre de diplômés universitaires qui doivent occuper ces emplois. D'ailleurs, j'en connais personnellement qui sont prêt à prendre la place des enseignants demain matin. Au Québec, c'est le manque d'offre pour les emplois bien rémunérés dans le secteur de l'industrie privé qui nous appauvrit, pas notre scolarisation.

    • Denis Marseille - Inscrit 29 décembre 2014 14 h 13

      @M. Richard

      J'aurais aimé l'avoir dit comme vous et je vous remercie de votre commentaire. Le populisme, parfois, n'est que le manque de mots et de manière des gens qui n'ont pas beaucoup de moyens.

    • Michel Vallée - Inscrit 29 décembre 2014 14 h 56

      @Denis Marseille

      «On vit dans la précarité»

      Cela relevait d'une forme de progrès social si nous vivions tous au même niveau, i.e. dans la même précarité, aux bénéfices des nantis qui l'on sans nul doute bien mérité.

    • simon villeneuve - Inscrit 29 décembre 2014 17 h 22

      M.marseille je doute fortement qu'une personne avec un BAC ne fait pas mieux que le salaire minimum ou meme 25 000$ par annee.
      Qui d'apres vous, represente pres de la moitie des travailleurs du Quebec.

      Ps: oubliant par ce fait que le salaire moyen est pres de 44 000$ par annee..

    • Claude Paradis - Abonné 29 décembre 2014 19 h 49

      M. Marseille, vous ne tenez pas vraiment en compte le propos de M. Mercure, qui s'allarme en fait de ce qu'on fait au système d'éducation, notamment en ne montrant aucun respect aux enseignants, mais aussi en ne fournissant pas aux élèves l'encadrement dont ils sont besoin. Je connais beaucoup de monde qui travaille dans le privé, mais je ne connais personne dont les heures de travail, le temps que ces personnes consacre à leur travail qui soit remis en question par leur employeur. Mais depuis quelques années et encore davantage avec le gouvernement actuel, le ministère de l'Éducation, du Loisir et des Sports annonce des changements et des réformes qui laissent entendre que les enseignants ne travaillent pas assez: on propose aujourd'hui d'augmenter le nombre d'élèves par classe sans augmenter le salaire, et ce, même si tous les rapports et toutes les études convergent pour témoigner de l'importance de baisser le nombre d'élèves dans les classes pour favoriser une meilleure réussite de l'ensemble des élèves. Vous remarquerez aussi, M. Marseille, que cette lettre de M. Mercure ne dénigre aucun corps de métier, ne rabaisse ni les autres professionnels ni les travailleurs ouvriers, tandis que votre commentaire témoigne de beaucoup de mépris à l'égard des doléances très pertinentes d'un enseignant actuel, laissé à lui-même puisque ne recevant aucun appui de son employeur, de la société, ni même des parents des enfants qu'on lui confie.

    • Geneviève Guévremont-Fleurant - Inscrite 30 décembre 2014 09 h 52

      M. Marseille,
      Je comprends votre point de vue, mais la question que je me pose est: êtes-vous enseignant? Si oui, j'accepte votre propos. Par contre, si vous ne l'êtes pas, je peux vous dire que nouvellement brevetée en tant qu'enseignante, je peux vous dire notre réalité, après 4 années de baccalauréat, n'est pas jojo. De septembre à décembre, je n'ai fait que 2 périodes de remplacement dans la commission scolaire dans laquelle je suis engagée, car le système éducatif ne me favorise pas. Alors, oui, je suis à la recherche d'un employeur qui pourra me payer à ma juste valeur, et non, je ne crois pas que de travailler dans une grande chaîne de magasins me permet de profiter pleinement de toutes ces années d'études.
      Ma réalité: J'ai un bacc en enseignement de l'éducation physique à la santé qui me permet de travailler autant des les écoles primaires que secondaire, je suis en train de faire une maîtrise. Mon travail:Je suis présentement éducatrice en service de garde 1 heure par jour pendant l'heure du dîner.

      La seule chose que je peux finalement vous conseiller est de prendre une année sabbatique et d'essayer la réalité des enseignants en statut précaire et là, peut-être que vous comprendrez les propos de M. Mercure.