Les justiciers du tramway

Les opposants au tramway du Québec sont des personnes tenaces et éloquentes. Sébastien Tanguay a fait le portrait de deux personnes qui se dévouent avec passion à leur cause (Le Devoir, le 8 août 2022).

Ils plaident devant les tribunaux pour un arrêt des travaux. Les juges sont prêts à leur accorder ce qu’ils demandent dans la mesure où leurs arguments sont basés sur des faits prouvant qu’il y aurait de vrais préjudices à l’intérêt public si le projet de tramway se réalise.

Prenons l’un des faits allégués : il y aura coupe d’arbres sur une avenue importante. Leur préoccupation est basée sur le fait que ces coupes font partie des plans de la Ville ; il est donc important que les autorités trouvent une solution. Si les coupes sont nécessaires pour pouvoir installer des fils d’alimentation électrique pour les tramways, il y a des solutions possibles : à Bordeaux et à Barcelone, on installe un système sécuritaire au sol où le courant est activé uniquement au passage du tramway. À Nice, on équipe les tramways de batteries pour leur permettre de passer « sans fil » à des endroits sensibles.

Pour ce qui est du bruit, la firme de génie Systra a rapporté que le bruit d’un tramway serait de 75 à 80 décibels à 10 mètres, ce qui est comparable au bruit d’une voiture, qui émet 80 décibels (Le Soleil, le 4 décembre 2020).

On voit que, dans les faits, par rapport à ces deux facteurs, ou bien le préjudice appréhendé peut être évité, ou bien il est inexistant. Il en serait possiblement de même pour d’autres facteurs. On se demande alors si toute la campagne des opposants au tramway ne serait pas motivée non pas par les faits, mais par une indifférence aux transports collectifs en général. Car ils empruntent, confient-ils, « assez rarement » le transport en commun.

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