À Lorraine Guay

Lorraine Guay est décédée le 18 juin dernier, laissant dans le deuil non seulement sa famille immédiate, mais également un cercle beaucoup plus large d’amis et de personnes qui ont eu la chance de la côtoyer dans l’un ou l’autre de ses multiples engagements à caractère social ou politique (non partisan). Elle était devenue pour moi une grande amie, et je fais partie de ces personnes qui n’oublieront jamais sa présence dans leur vie. Je joins ma voix à celle des signataires d’une lettre, parue dans Le Devoir du 28 juin, qui retrace le parcours de cette militante hors du commun et le vif esprit qui l’animait.

C’est en participant au RECI (Réseau des citoyennes pour l’indépendance), comité des OUI Québec, et plus particulièrement dans le contexte de la réalisation de l’ouvrage collectif Un Québec pays. Le Oui des femmes, que j’ai appris à connaître et à apprécier Lorraine Guay. Les membres de ce comité peuvent dire à quel point elle fut essentielle à sa vitalité et à la poursuite de ce projet visant à présenter l’indépendance sous l’angle des intérêts qui pourraient en découler pour les femmes. Nous avons profité de la générosité de Lorraine, de son immense intelligence, nourrie de mille lectures, doublée d’un vaste regard sur le monde et d’une capacité d’accueil aux autres hors du commun. Entre autres, elle savait tout à la fois exprimer son point de vue et écouter celui des autres, sans jamais trahir ses convictions profondes. Cela s’ajoutait à ses qualités de médiatrice-conciliatrice, lesquelles ont plus d’une fois contribué à faire avancer nos travaux ; et, même atteinte par la maladie, Lorraine est restée des nôtres.

Cultivée, curieuse, jamais arrogante, elle abordait les choses avec simplicité. Peu encline à accepter les gestes de reconnaissance pour son apport aux causes qu’elle défendait, c’est le partage des idées et des connaissances nourrissant l’action qui l’intéressait. L’empreinte qu’elle laisse dans les organisations qui ont eu le bonheur de travailler avec elle de même que celle qu’elle laisse dans la vie des personnes qui ont croisé sa route sont sans doute son plus riche héritage.

Micheline Boucher-Granger et Claire Aubin, membres du RECI, se joignent à moi pour souhaiter que la mémoire de la bâtisseuse que fut Lorraine Guay soit célébrée et devienne source d’inspiration pour ceux et celles qui aspirent à un monde meilleur.

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